LA STRADA - Federico Fellini

A PROPOS

La vie des pêcheurs est dure, sur cette plage d'hiver. Pour quelques lires, Gelsomina est vendue par sa mère à Zampano, un lutteur de foire. L'adolescente lunaire suit le colosse sur la strada (« la route »), et l'assiste dans ses spectacles. Incapable de s'avouer son amour pour elle, Zampano la maltraite. Gelsomina rencontre alors le Fou, un acrobate qui mange des spaghettis sur un fil tendu entre deux immeubles...

De ce film mythique, le critique André Bazin disait : « C'est l'histoire d'un homme qui apprend à pleurer... » Ces larmes refoulées - pas par le spectateur - sont le fruit d'une rencontre improbable entre deux vagabonds en quête d'identité. Zampano, l'hercule renfrogné, gagne sa triste vie avec un numéro de cirque très métaphorique : le coeur convulsé sous les chaînes encerclant sa poitrine, il retient son souffle pour tout faire éclater. Gelsomina, sylphe fragile, survit grâce à son mimétisme : incapable d'imposer au monde sa personnalité, elle singe la démarche des bonnes soeurs, ou plie ses bras pour ressembler à un petit arbre.

Dépourvu de scénario écrasant, entièrement tourné en extérieur dans des conditions infernales, ce film itinérant vogue au gré de la composition époustouflante des acteurs. Brusque et hâbleur, Anthony Quinn rend caressante sa violence incontrôlée. Avec sa cape de deuil et sa « face d'artichaut », Giulietta Masina oscille entre Charlie Chaplin et Stan Laurel. Roulements de tambour et trépignements : voilà un chef-d'oeuvre.

Marine Landrot (Télérama)

Ciné Classique
dimanche 12 mars 2023 à 17h45

présenté par Jean-Pierre Bleys, spécialisé en histoire du cinéma

Séance organisée en collaboration avec Cinéma Parlant dans le cadre de la semaine de cinéma de langue italienne


LA STRADA

de Federico Fellini

avec Anthony Quinn, Giulietta Masina, Richard Basehart
Italie - 1954 - 1h34 - version originale sous titrée

Gelsomina a été vendue par sa mère a Zampano, qui la brutalise et ne cesse de la tromper. Ils partent ensemble sur les routes, vivant misérablement du numéro de saltimbanque de Zampano. Surgit Il Matto (le fou), violoniste et poète, qui seul sait parler à Gelsomina.

A PROPOS

La vie des pêcheurs est dure, sur cette plage d'hiver. Pour quelques lires, Gelsomina est vendue par sa mère à Zampano, un lutteur de foire. L'adolescente lunaire suit le colosse sur la strada (« la route »), et l'assiste dans ses spectacles. Incapable de s'avouer son amour pour elle, Zampano la maltraite. Gelsomina rencontre alors le Fou, un acrobate qui mange des spaghettis sur un fil tendu entre deux immeubles...

De ce film mythique, le critique André Bazin disait : « C'est l'histoire d'un homme qui apprend à pleurer... » Ces larmes refoulées - pas par le spectateur - sont le fruit d'une rencontre improbable entre deux vagabonds en quête d'identité. Zampano, l'hercule renfrogné, gagne sa triste vie avec un numéro de cirque très métaphorique : le coeur convulsé sous les chaînes encerclant sa poitrine, il retient son souffle pour tout faire éclater. Gelsomina, sylphe fragile, survit grâce à son mimétisme : incapable d'imposer au monde sa personnalité, elle singe la démarche des bonnes soeurs, ou plie ses bras pour ressembler à un petit arbre.

Dépourvu de scénario écrasant, entièrement tourné en extérieur dans des conditions infernales, ce film itinérant vogue au gré de la composition époustouflante des acteurs. Brusque et hâbleur, Anthony Quinn rend caressante sa violence incontrôlée. Avec sa cape de deuil et sa « face d'artichaut », Giulietta Masina oscille entre Charlie Chaplin et Stan Laurel. Roulements de tambour et trépignements : voilà un chef-d'oeuvre.

Marine Landrot (Télérama)