ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

EDEN A L'OUEST - Cinélégende - 2026-02-09

Cinélégende - lundi 09 février à 20h00

EDEN A L'OUEST de Costa Gavras

IT’S NEVER OVER, JEFF BUCKLEY - Ciné Rock - 2026-02-15

Ciné Rock - dimanche 15 février à 18h00

IT’S NEVER OVER, JEFF BUCKLEY de Amy Berg

WOMEN DON'T CYCLE - Ciné Doc - 2026-02-16

Ciné Doc - lundi 16 février à 20h00

WOMEN DON'T CYCLE de Manon Brulard

LE DERNIER DES MOHICANS - Dans le rétro - 2026-02-19

Dans le rétro - jeudi 19 février à 16h00

LE DERNIER DES MOHICANS de Michael Mann

INVINCIBLE ÉTÉ - Ciné Doc - 2026-02-23

Ciné Doc - lundi 23 février à 20h00

INVINCIBLE ÉTÉ de Stéphanie Pillonca

MARY ANNING - Ciné goûter - 2026-02-24

Ciné goûter - mardi 24 février à 14h00

MARY ANNING de Marcel Barelli

EPiC : ELVIS PRESLEY IN CONCERT - Ciné Rock - 2026-03-01

Ciné Rock - dimanche 01 mars à 18h00

EPiC : ELVIS PRESLEY IN CONCERT de Baz Luhrmann

UTOPIE ZÉRO CHÔMEUR - Ciné Doc - 2026-03-02

Ciné Doc - lundi 02 mars à 20h00

UTOPIE ZÉRO CHÔMEUR de Claude Baqué

FURCY, NÉ LIBRE - Soirée Rencontre - 2026-03-05

Soirée Rencontre - jeudi 05 mars à 20h00

FURCY, NÉ LIBRE de Abd Al Malik

LE MAGNIFIQUE - Plans Cultes - 2026-03-10

Plans Cultes - mardi 10 mars à 20h00

LE MAGNIFIQUE de Philippe de Broca

LE PROFESSIONNEL de Georges Lautner

REMBRANDT - Ciné Rencontre - 2026-03-12

Ciné Rencontre - jeudi 12 mars à 20h00

REMBRANDT de Pierre Schoeller

L'ÉVANGILE DE LA RÉVOLUTION - Ciné Doc - 2026-03-17

Ciné Doc - mardi 17 mars à 20h00

L'ÉVANGILE DE LA RÉVOLUTION de François-Xavier Drouet

L'AFFAIRE SK1 - Ciné Rencontre - 2026-03-19

Ciné Rencontre - jeudi 19 mars à 20h00

L'AFFAIRE SK1 de Frédéric Tellier

SHÉHÉRAZADE - Ciné Rencontre - 2026-03-23

Ciné Rencontre - lundi 23 mars à 20h00

SHÉHÉRAZADE de Jean-Bernard Marlin

SOUNDTRACK TO A COUP D'ÉTAT - Ciné Jazz - 2026-03-26

Ciné Jazz - jeudi 26 mars à 20h00

SOUNDTRACK TO A COUP D'ÉTAT de Johan Grimonprez

CONTRE TOUTE LUMIÈRE DANSENT MES OMBRES - Ciné Rencontre / Doc - 2026-03-30

Ciné Rencontre / Doc - lundi 30 mars à 20h00

CONTRE TOUTE LUMIÈRE DANSENT MES OMBRES de Nicolas Contant & Sylvain Beaulieu

IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L'OUEST - Plans Cultes - 2026-04-07

Plans Cultes - mardi 07 avril à 20h00

IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L'OUEST de Sergio Leone

TORI ET LOKITA - Cinélégende - 2026-04-09

Cinélégende - jeudi 09 avril à 20h00

TORI ET LOKITA de Jean Pierre & Luc Dardenne

IL ÉTAIT UNE FOIS LA RÉVOLUTION - Plans Cultes - 2026-04-14

Plans Cultes - mardi 14 avril à 20h00

IL ÉTAIT UNE FOIS LA RÉVOLUTION de Sergio Leone

IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE - Plans Cultes - 2026-04-21

Plans Cultes - mardi 21 avril à 20h00

IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE de Sergio Leone

JE N’AVAIS QUE LE NÉANT - SHOAH PAR LANZMANN - Séance spéciale - 2026-05-04

Séance spéciale - lundi 04 mai à 20h00

JE N’AVAIS QUE LE NÉANT - SHOAH PAR LANZMANN de Guillaume Ribot

BOOGIE NIGHTS - Plans Cultes - 2026-05-05

Plans Cultes - mardi 05 mai à 20h00

BOOGIE NIGHTS de Paul Thomas Anderson

UN VRAI BONHOMME - Benjamin Parent

A PROPOS

C’est en écrivant les premiers épisodes de la série Les Grands que l’idée est venue à Benjamin Parent de se replonger dans la période du lycée et de parler d’un jeune garçon, Tom (Thomas Guy), qui doit se faire une place dans son nouvel établissement. Comme de nombreux garçons de son âge, il est timide et pas très à l’aise. Mais, et ce n’est pas forcément le cas de tous les garçons de son âge, il a la chance d’avoir un frère aîné, Léo (Benjamin Voisin) qui lui, est tout le contraire d’un boloss. Tom est aussi chétif et nul en sport que Léo est sportif et le fait d’être plutôt bon en classe, aux yeux de Léo, n’apporte rien si on veut être populaire au lycée. Léo est donc plus qu’un frère, c’est un modèle, un mentor, le gars à qui Tom veut à tout prix ressembler. D’autant que Léo a aussi posé sur lui le regard admiratif de leur père Vincent (Laurent Lucas), avec lequel il partage la passion du basket.

UN VRAI BONHOMME installe d’emblée cette belle complicité de deux frères qui se charrient mais ne peuvent se passer l’un de l’autre. Léo doit pourtant bientôt quitter le nid et Tom appréhende ce moment. Il ne s’agit pas de spoiler, puisqu’on apprend dès le premier quart d’heure du film que c’est la vie qui va quitter Léo dans un accident de voiture. Les membres de la famille désemparée, de façon inconsciente, poursuivent leur vie sans jamais oser aborder frontalement la question ensemble. En parler est encore bien trop douloureux. La chambre de Léo est même encore en l’état deux ans après, comme si changer de place ses objets était une façon de le trahir, peut-être même de l’oublier. Le réalisateur décrit parfaitement comment chacun a sa propre façon de faire son deuil, dont il est reconnu qu’il faut au minimum dix-huit mois pour y parvenir enfin.

Vincent, comme absent à lui-même, n’exprime pas sa tristesse. Il se noie dans le travail, sans s’intéresser à Tom, un peu comme si la disparition de son frère qui, il est vrai, prenait déjà beaucoup de place, l’avait rendu encore plus invisible à ses yeux. Le père et la mère Ariane (Isabelle Carré) ont décidé d’avoir un autre enfant, car il faut bien continuer à vivre, avoir des projets pour survivre à cette terrible perte. Quant à Tom, il est victime de séquelles post-traumatiques et du fameux syndrome du survivant : il a des excès de colère incontrôlables, mais surtout, il a des hallucinations. Il continue à voir Léo à ses côtés, qui lui parle et lui prodigue des conseils ou l’encourage. Complices ils étaient du vivant de Léo, complices ils restent au-delà de la mort.

La réussite d’UN VRAI BONHOMME tient à ce que le réalisateur Benjamin Parent et son co-auteur Théo Courtial parviennent à rendre parfaitement crédible à l’écran la présence de cet absent. Il n’est pas seulement visible du seul Tom, il l’est aussi du spectateur très empathique. Et c’est évidemment grâce au jeu et à la présence du bluffant Benjamin Voisin que ce parti pris fonctionne. On croit sans problème à leurs rires et à leurs engueulades, à leurs corps qui courent à l’unisson, parfaitement chorégraphiés. Tout simplement parce que tout comme Tom, on éprouve du chagrin à laisser partir Léo trop vite.

Cette relation imaginaire rassurante va peu à peu se compliquer et devenir de plus en plus difficile à vivre dès lors que les choix amicaux de Tom seront différents de ceux préconisés, voire imposés par Léo. Il devient ainsi pote avec l’atypique JB (Nils Othenin Girard, découvert dans Simon et Théodore et toujours aussi attachant) qui a une sensibilité proche de la sienne, et tombe amoureux de sa demi-sœur Clarisse (Tasnim Jamlaoui). Mais Léo se fâche, reproche à son frère de ne pas être à la hauteur comme lui, de ne pas être lui, ne pas être un vrai mec en somme.

Car le réalisateur, qui reconnait « être habité depuis longtemps par le sujet de la masculinité et la façon de se défaire de cette injonction » interroge subtilement dans UN VRAI BONHOMME sur ce qu’est être un homme aujourd’hui et comment un homme se construit. Il a la délicatesse de le faire de manière détournée, ni frontale, ni brutale, grâce à l’observation du parcours d’émancipation étonnant d’un jeune homme attachant. UN VRAI BONHOMME est donc une bouleversante dramédie sur le travail de deuil et la nécessité de prendre sa place au monde, sans plus avoir besoin de vivre dans l’ombre et le souvenir d’un être cher.

Sylvie-Noëlle (Le blog du cinéma)

Avant-première
vendredi 13 décembre 2019 à 19h30

En présence du réalisateur et de Isabelle Carré, comédienne


UN VRAI BONHOMME

de Benjamin Parent

avec Thomas Guy, Benjamin Voisin, Isabelle Carré
FRANCE - 2019 - 1h28

Tom, un adolescent timide et sensible, s’apprête à faire sa rentrée dans un nouveau lycée.
Pour l’aider à s’intégrer, il peut compter sur les conseils de Léo, son grand frère et véritable mentor.
Léo va s’employer a? faire de Tom un mec, un vrai, mais son omniprésence va rapidement se transformer en une influence toxique. Tom va devoir batailler pour s’affranchir de l’emprise de Léo et trouver son propre chemin…
https://www.advitamdistribution.com/films/un-vrai-bonhomme/

A PROPOS

C’est en écrivant les premiers épisodes de la série Les Grands que l’idée est venue à Benjamin Parent de se replonger dans la période du lycée et de parler d’un jeune garçon, Tom (Thomas Guy), qui doit se faire une place dans son nouvel établissement. Comme de nombreux garçons de son âge, il est timide et pas très à l’aise. Mais, et ce n’est pas forcément le cas de tous les garçons de son âge, il a la chance d’avoir un frère aîné, Léo (Benjamin Voisin) qui lui, est tout le contraire d’un boloss. Tom est aussi chétif et nul en sport que Léo est sportif et le fait d’être plutôt bon en classe, aux yeux de Léo, n’apporte rien si on veut être populaire au lycée. Léo est donc plus qu’un frère, c’est un modèle, un mentor, le gars à qui Tom veut à tout prix ressembler. D’autant que Léo a aussi posé sur lui le regard admiratif de leur père Vincent (Laurent Lucas), avec lequel il partage la passion du basket.

UN VRAI BONHOMME installe d’emblée cette belle complicité de deux frères qui se charrient mais ne peuvent se passer l’un de l’autre. Léo doit pourtant bientôt quitter le nid et Tom appréhende ce moment. Il ne s’agit pas de spoiler, puisqu’on apprend dès le premier quart d’heure du film que c’est la vie qui va quitter Léo dans un accident de voiture. Les membres de la famille désemparée, de façon inconsciente, poursuivent leur vie sans jamais oser aborder frontalement la question ensemble. En parler est encore bien trop douloureux. La chambre de Léo est même encore en l’état deux ans après, comme si changer de place ses objets était une façon de le trahir, peut-être même de l’oublier. Le réalisateur décrit parfaitement comment chacun a sa propre façon de faire son deuil, dont il est reconnu qu’il faut au minimum dix-huit mois pour y parvenir enfin.

Vincent, comme absent à lui-même, n’exprime pas sa tristesse. Il se noie dans le travail, sans s’intéresser à Tom, un peu comme si la disparition de son frère qui, il est vrai, prenait déjà beaucoup de place, l’avait rendu encore plus invisible à ses yeux. Le père et la mère Ariane (Isabelle Carré) ont décidé d’avoir un autre enfant, car il faut bien continuer à vivre, avoir des projets pour survivre à cette terrible perte. Quant à Tom, il est victime de séquelles post-traumatiques et du fameux syndrome du survivant : il a des excès de colère incontrôlables, mais surtout, il a des hallucinations. Il continue à voir Léo à ses côtés, qui lui parle et lui prodigue des conseils ou l’encourage. Complices ils étaient du vivant de Léo, complices ils restent au-delà de la mort.

La réussite d’UN VRAI BONHOMME tient à ce que le réalisateur Benjamin Parent et son co-auteur Théo Courtial parviennent à rendre parfaitement crédible à l’écran la présence de cet absent. Il n’est pas seulement visible du seul Tom, il l’est aussi du spectateur très empathique. Et c’est évidemment grâce au jeu et à la présence du bluffant Benjamin Voisin que ce parti pris fonctionne. On croit sans problème à leurs rires et à leurs engueulades, à leurs corps qui courent à l’unisson, parfaitement chorégraphiés. Tout simplement parce que tout comme Tom, on éprouve du chagrin à laisser partir Léo trop vite.

Cette relation imaginaire rassurante va peu à peu se compliquer et devenir de plus en plus difficile à vivre dès lors que les choix amicaux de Tom seront différents de ceux préconisés, voire imposés par Léo. Il devient ainsi pote avec l’atypique JB (Nils Othenin Girard, découvert dans Simon et Théodore et toujours aussi attachant) qui a une sensibilité proche de la sienne, et tombe amoureux de sa demi-sœur Clarisse (Tasnim Jamlaoui). Mais Léo se fâche, reproche à son frère de ne pas être à la hauteur comme lui, de ne pas être lui, ne pas être un vrai mec en somme.

Car le réalisateur, qui reconnait « être habité depuis longtemps par le sujet de la masculinité et la façon de se défaire de cette injonction » interroge subtilement dans UN VRAI BONHOMME sur ce qu’est être un homme aujourd’hui et comment un homme se construit. Il a la délicatesse de le faire de manière détournée, ni frontale, ni brutale, grâce à l’observation du parcours d’émancipation étonnant d’un jeune homme attachant. UN VRAI BONHOMME est donc une bouleversante dramédie sur le travail de deuil et la nécessité de prendre sa place au monde, sans plus avoir besoin de vivre dans l’ombre et le souvenir d’un être cher.

Sylvie-Noëlle (Le blog du cinéma)