ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

A PROPOS
«Je n’aurais pas pu aborder un autre sujet pour mon premier film comme réalisatrice », déclare Isabelle Carré pour présenter Les Rêveurs. Ce thème qui lui tient si fort à cœur, c’est la santé mentale des jeunes. Isabelle Carré sait de quoi elle parle : elle a été elle-même internée à l’hôpital Necker quand elle avait 14 ans.
« J’ai commencé par écrire un livre paru chez Grasset en 2018, précise Isabelle Carré, puis le producteur Philippe Godeau m’a convaincue de le porter à l’écran. Il m’a persuadé du fait que mon histoire était cinématographique ». Philippe Godeau a du nez, ce n’est plus à démontrer car c’est également lui qui a produit Un P’tit truc en plus d’Artus. Il a su percevoir le potentiel d’émotions contenu dans l’histoire d’une comédienne qui revient dans l’hôpital où elle fut enfermée pour aider les jeunes patients avec des ateliers d’écriture.
Le confinement a joué un rôle dans le passage à la réalisation d’Isabelle Carré. « Il y a eu beaucoup d’alertes de journalistes disant qu’il y avait une augmentation du mal-être des jeunes, se souvient-elle. Et je me suis dit que mettre en parallèle ce que j’ai traversé moi, à 14 ans, cette fragilité psychologique qui était la mienne à ce moment de ma vie pouvait être utile pour parler de ce sujet grave alors que le confinement était un élément déclencheur de dépression ».
Isabelle Carré se retrouve dans Les Rêveurs que ce soit dans l’actrice cherchant à faire sortir les patients de leur coquille ou dans la gamine suicidaire aux parents dépassés. « Ce film n’est pas un ego trip. Je l’ai surtout conçu pour les jeunes, pour leur dire qu’il existe des solutions pour se faire aider. Je mets mon expérience à profit pour le démontrer par l’exemple ». La quinquagénaire rayonnante a conservé le cahier d’écolière qui était son journal intime à l’époque. « Il me rappelle où je suis allée et comment je m’en suis sortie », dit-elle.
Les choses ont évolué depuis l’internement d’Isabelle Carré mais il reste encore beaucoup à faire. « A mon époque, le seul traitement envisagé était d’être isolé et médicamenté, précise-t-elle. Maintenant, on sait faire autrement. On sait que la thérapie par l’art donne de bons résultats mais on n’a plus de moyens pour la pratiquer ». Les Rêveurs est une façon de tirer la sonnette d’alarme sur le manque criant d’argent dévolu à la santé mentale. « Il n’y a que cinq cents pédopsychiatres en France et certaines régions en sont dépourvues, explique Isabelle Carré. La moitié de ces praticiens va partir à la retraite dans les prochaines années. Rien n’est fait pour combler leurs départs. J’ai voulu dénoncer cela ».
Non contente d’écrire et de réaliser, Isabelle Carré anime aussi - gratuitement - de nombreux ateliers d’écriture pour prendre le pouls de la jeunesse et aider des patients à se reconstruire. « Une journaliste m’a autrefois demandé ce que je dirais aujourd’hui à l’adolescente que j’ai été, raconte Isabelle Carré. La réponse est simple : je lui dirais de ne pas s’inquiéter, que ça va passer ». Les Rêveurs, film important et sensible, va rester. Il est de toute beauté.
Caroline Vié (20minutes.fr)
Soirée rencontre
lundi 5 octobre
à 20h00
suivie d'un débat
LES RÊVEURS
de Isabelle Carré
avec Isabelle Carré, Judith Chemla, Tessa Dumont Janod
France - 2025 - 1h46
Élisabeth, comédienne, anime des ateliers d'écriture à l'hôpital Necker avec des adolescents en grande détresse psychologique. À leur contact, elle replonge dans sa propre histoire : son internement à 14 ans. Peu à peu, les souvenirs refont surface. Et avec eux, la découverte du théâtre, qui un jour l'a sauvée.
https://pan-europeenne.com/film/les-reveurs/
A PROPOS
«Je n’aurais pas pu aborder un autre sujet pour mon premier film comme réalisatrice », déclare Isabelle Carré pour présenter Les Rêveurs. Ce thème qui lui tient si fort à cœur, c’est la santé mentale des jeunes. Isabelle Carré sait de quoi elle parle : elle a été elle-même internée à l’hôpital Necker quand elle avait 14 ans.
« J’ai commencé par écrire un livre paru chez Grasset en 2018, précise Isabelle Carré, puis le producteur Philippe Godeau m’a convaincue de le porter à l’écran. Il m’a persuadé du fait que mon histoire était cinématographique ». Philippe Godeau a du nez, ce n’est plus à démontrer car c’est également lui qui a produit Un P’tit truc en plus d’Artus. Il a su percevoir le potentiel d’émotions contenu dans l’histoire d’une comédienne qui revient dans l’hôpital où elle fut enfermée pour aider les jeunes patients avec des ateliers d’écriture.
Le confinement a joué un rôle dans le passage à la réalisation d’Isabelle Carré. « Il y a eu beaucoup d’alertes de journalistes disant qu’il y avait une augmentation du mal-être des jeunes, se souvient-elle. Et je me suis dit que mettre en parallèle ce que j’ai traversé moi, à 14 ans, cette fragilité psychologique qui était la mienne à ce moment de ma vie pouvait être utile pour parler de ce sujet grave alors que le confinement était un élément déclencheur de dépression ».
Isabelle Carré se retrouve dans Les Rêveurs que ce soit dans l’actrice cherchant à faire sortir les patients de leur coquille ou dans la gamine suicidaire aux parents dépassés. « Ce film n’est pas un ego trip. Je l’ai surtout conçu pour les jeunes, pour leur dire qu’il existe des solutions pour se faire aider. Je mets mon expérience à profit pour le démontrer par l’exemple ». La quinquagénaire rayonnante a conservé le cahier d’écolière qui était son journal intime à l’époque. « Il me rappelle où je suis allée et comment je m’en suis sortie », dit-elle.
Les choses ont évolué depuis l’internement d’Isabelle Carré mais il reste encore beaucoup à faire. « A mon époque, le seul traitement envisagé était d’être isolé et médicamenté, précise-t-elle. Maintenant, on sait faire autrement. On sait que la thérapie par l’art donne de bons résultats mais on n’a plus de moyens pour la pratiquer ». Les Rêveurs est une façon de tirer la sonnette d’alarme sur le manque criant d’argent dévolu à la santé mentale. « Il n’y a que cinq cents pédopsychiatres en France et certaines régions en sont dépourvues, explique Isabelle Carré. La moitié de ces praticiens va partir à la retraite dans les prochaines années. Rien n’est fait pour combler leurs départs. J’ai voulu dénoncer cela ».
Non contente d’écrire et de réaliser, Isabelle Carré anime aussi - gratuitement - de nombreux ateliers d’écriture pour prendre le pouls de la jeunesse et aider des patients à se reconstruire. « Une journaliste m’a autrefois demandé ce que je dirais aujourd’hui à l’adolescente que j’ai été, raconte Isabelle Carré. La réponse est simple : je lui dirais de ne pas s’inquiéter, que ça va passer ». Les Rêveurs, film important et sensible, va rester. Il est de toute beauté.
Caroline Vié (20minutes.fr)

