ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

A PROPOS
Rémi Bassaler m’a d’abord envoyé son scénario, puis on a longuement parlé ; c’était si intéressant de discuter avec lui que j’ai eu envie de passer quelques mois de ma vie à accompagner son projet. C’est fort d’être là à la naissance d’un cinéaste, et de toute évidence, cet homme avait une histoire singulière à raconter qui fait du bien, parce qu’elle est digne et humaine. Il avait écrit le rôle pour moi, ce qui est un immense cadeau. C’est un personnage que j’ai aimé tout de suite, une héroïne des temps modernes, généreuse et rugueuse, de ces êtres qui embellissent la vie sans faire de publicité. On a travaillé avec Rémi à creuser les situations, les relations des personnages entre eux, les dialogues. Son intelligence, son exigence, sa capacité à remettre en question des pans du scénario étaient prometteurs d’un travail commun riche et doux, délivré des rapports de pouvoir qui polluent souvent les imaginaires. Et c’est resté vrai tout le tournage. On était alliés, profondément.
Judith est le genre de médecin qui travaille de 7h du matin à minuit parce que les gens ont besoin d’elle et qu’elle est réquisitionnée par le devoir. Elle a travaillé toute sa vie en banlieue, s’est brulée à la tâche, mais rien n’est abîmé en elle. J’aimais son rapport au devoir. C’est quelque chose que je comprends bien. Comme Judith, j’ai cette capacité d’être à la fois dans l’empathie et la distance. Elle fait ce qu’elle a à faire, sans baratiner et sans s’occuper de plaire. Sa morale professionnelle est une colonne vertébrale. Il n’y a pas d’abnégation, c’est plus beau que ça. Le film montre 24 heures dans la vie d’une femme de 60 ans, à un moment névralgique pour elle. On l’oblige à prendre sa retraite alors qu’elle est en pleine possession de ses moyens, elle doit quitter son univers et faire
le deuil de sa raison de vivre. Mais l’accumulation de toutes ces fins ne la jette pas dans la tristesse. Ça ne l’ampute pas de ses forces. Quand elle découvre Aïda enceinte jusqu’au cou et complètement paumée, elle ne peut tout simplement pas laisser quelqu’un d’aussi vulnérable sans soin. Alors sa journée bifurque. Elle va s’occuper d’elle jusqu’au bout, d’autant qu’elle comprend peu à peu qu’Aïda est victime de violence avec son compagnon. Judith est de ces gens qui donnent leur pleine mesure face à des problèmes coriaces; elle n’a pas peur de ce qui vient. J’aimais aussi les rapports complexes avec son fils, parce qu’elle a voué sa vie aux autres au détriment de son enfant. C’est douloureux mais c’est vrai, donc c’est bon à jouer. J’aimais aussi sa jeunesse éternelle, qui vient d’une absence de narcissisme et de la passion pour ce qu’elle fait. J’aimais qu’elle se brûle et qu’elle n’ait pas de plaie
Anouk Grinberg
Soirée rencontre
lundi 7 septembre
à 20h00
suivi d'une rencontre avec Laure Artru, rhumatologue dans la Sarthe, et présidente de l’Association de Citoyens Contre les Déserts Médicaux (ACCDM), Yannick Grellard, référent santé de Que Choisir Ensemble en Anjou et Dominique Desouches, vice-président de Que Choisir Ensemble en Anjou
Soirée organisée en collaboration avec Que Choisir Ensemble en Anjou
LA DERNIÈRE PATIENTE
de Rémi Bassaler
Avec Anouk Grinberg, Luàna Bajrami, Félix Lefebvre
France - 2026 - 1h20
La veille de son départ à la retraite, Judith, médecin de banlieue, ouvre la porte de son cabinet à Aïda, enceinte de huit mois et en rupture de soin. Confrontée à un système de santé à bout de souffle, Judith accepte d'héberger la jeune femme et s'engage alors dans une nuit où toutes ses convictions de soignante seront mises à l'épreuve.
https://tandemfilms.fr/film/la-derniere-patiente
A PROPOS
Rémi Bassaler m’a d’abord envoyé son scénario, puis on a longuement parlé ; c’était si intéressant de discuter avec lui que j’ai eu envie de passer quelques mois de ma vie à accompagner son projet. C’est fort d’être là à la naissance d’un cinéaste, et de toute évidence, cet homme avait une histoire singulière à raconter qui fait du bien, parce qu’elle est digne et humaine. Il avait écrit le rôle pour moi, ce qui est un immense cadeau. C’est un personnage que j’ai aimé tout de suite, une héroïne des temps modernes, généreuse et rugueuse, de ces êtres qui embellissent la vie sans faire de publicité. On a travaillé avec Rémi à creuser les situations, les relations des personnages entre eux, les dialogues. Son intelligence, son exigence, sa capacité à remettre en question des pans du scénario étaient prometteurs d’un travail commun riche et doux, délivré des rapports de pouvoir qui polluent souvent les imaginaires. Et c’est resté vrai tout le tournage. On était alliés, profondément.
Judith est le genre de médecin qui travaille de 7h du matin à minuit parce que les gens ont besoin d’elle et qu’elle est réquisitionnée par le devoir. Elle a travaillé toute sa vie en banlieue, s’est brulée à la tâche, mais rien n’est abîmé en elle. J’aimais son rapport au devoir. C’est quelque chose que je comprends bien. Comme Judith, j’ai cette capacité d’être à la fois dans l’empathie et la distance. Elle fait ce qu’elle a à faire, sans baratiner et sans s’occuper de plaire. Sa morale professionnelle est une colonne vertébrale. Il n’y a pas d’abnégation, c’est plus beau que ça. Le film montre 24 heures dans la vie d’une femme de 60 ans, à un moment névralgique pour elle. On l’oblige à prendre sa retraite alors qu’elle est en pleine possession de ses moyens, elle doit quitter son univers et faire
le deuil de sa raison de vivre. Mais l’accumulation de toutes ces fins ne la jette pas dans la tristesse. Ça ne l’ampute pas de ses forces. Quand elle découvre Aïda enceinte jusqu’au cou et complètement paumée, elle ne peut tout simplement pas laisser quelqu’un d’aussi vulnérable sans soin. Alors sa journée bifurque. Elle va s’occuper d’elle jusqu’au bout, d’autant qu’elle comprend peu à peu qu’Aïda est victime de violence avec son compagnon. Judith est de ces gens qui donnent leur pleine mesure face à des problèmes coriaces; elle n’a pas peur de ce qui vient. J’aimais aussi les rapports complexes avec son fils, parce qu’elle a voué sa vie aux autres au détriment de son enfant. C’est douloureux mais c’est vrai, donc c’est bon à jouer. J’aimais aussi sa jeunesse éternelle, qui vient d’une absence de narcissisme et de la passion pour ce qu’elle fait. J’aimais qu’elle se brûle et qu’elle n’ait pas de plaie
Anouk Grinberg

