ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

A PROPOS
En 2013, Kechiche donnait naissance sur les écrans à une immense actrice, Adèle Exarchopoulos, qui n’a cessé depuis de multiplier les rôles dans des registres très différents. 2026 signe son retour sur le tapis rouge de Cannes, cette fois dans le film de la réalisatrice de Pupille, où, il faut le dire, elle a gravi un palier supplémentaire dans l’interprétation. Elle joue une comédienne de théâtre qui cumule les petits rôles, et surtout souffre d’une addiction à l’alcool depuis l’âge de ses treize ans. Elle reconnaît aisément qu’elle est alcoolique, mais pas suffisamment pour entamer une désintoxication massive. Et irrémédiablement, cela la conduit à effondrer sa vie et détériorer sérieusement son capital santé.
De nouveau, Jeanne Herry s’attaque pour son troisième long-métrage, à un sujet sociétal. Avant Garance, elle s’était intéressée aux stages de réparation dans le passionnant Je verrai toujours vos visages. Ici, elle aborde le thème périlleux de l’alcool en général et chez une femme jeune en particulier. Thème glissant qui, après les hésitations du début, est traité avec une justesse totalement impressionnante. Certes, l’interprétation d’Adèle Exarchopoulos aide beaucoup à la réussite du film, mais on perçoit que la cinéaste s’est fortement documentée pour rendre sa mise en scène aussi précise et réaliste par rapport au sujet. Elle ne cède pas aux facilités du mélodrame, même si le cancer s’invite aussi à son tour dans ce récit de sauvetage.
La beauté du film s’explique en effet par la présence magnétique d’Adèle mais aussi tous les interprètes qui gravitent autour d’elle, à commencer par Sara Giraudeau. Elle incarne la compagne de l’héroïne, sans qui le sauvetage de Garance serait impossible. Tout le monde rêve d’un(e) amant(e) avec une telle capacité à l’ouverture d’esprit et à la générosité. Mais c’est dire aussi des ravages que provoque l’alcool sur l’entourage proche des malades. On louera aussi le personnage de la médecin qui accompagne Garance, entre dirigisme et empathie.
Bref, Garance ne souffre d’aucune faute de goût ou d’erreur dans l’appréciation du phénomène de l’alcoolisme. La sélection du film en compétition officielle cannoise est un hommage aux différents centres qui prennent en charge les addictions, mais surtout à toutes les femmes qui souffrent de ce mal silencieux et n’auraient pas encore l’idée ou l’envie de se soigner.
Laurent Cambon (avoiralire.com)
Ciné Cosy
vendredi 25 septembre
à 14h00
Séance adaptée aux parents avec leur bébé, avec son adouci, mise à disposition d'une table à langer, d'un chauffe biberon…
GARANCE
de Jeanne Herry
Avec Adèle Exarchopoulos, Sara Giraudeau, Sarajeanne Drillaud
France - 2026 - 1h45 - Cannes 2026
Garance est une jeune actrice alcoolique. Huit ans d'un parcours fait de déménagements, de travail, de rencontres, de fêtes et d'angoisses, de joies et de coups durs… Mais aussi une révolution intime, amicale et sexuelle, un chaos aux allures de « grande récré » où se mêlent autant d'amour que de destruction.
https://www.studiocanal.fr/title/garance-2026/
A PROPOS
En 2013, Kechiche donnait naissance sur les écrans à une immense actrice, Adèle Exarchopoulos, qui n’a cessé depuis de multiplier les rôles dans des registres très différents. 2026 signe son retour sur le tapis rouge de Cannes, cette fois dans le film de la réalisatrice de Pupille, où, il faut le dire, elle a gravi un palier supplémentaire dans l’interprétation. Elle joue une comédienne de théâtre qui cumule les petits rôles, et surtout souffre d’une addiction à l’alcool depuis l’âge de ses treize ans. Elle reconnaît aisément qu’elle est alcoolique, mais pas suffisamment pour entamer une désintoxication massive. Et irrémédiablement, cela la conduit à effondrer sa vie et détériorer sérieusement son capital santé.
De nouveau, Jeanne Herry s’attaque pour son troisième long-métrage, à un sujet sociétal. Avant Garance, elle s’était intéressée aux stages de réparation dans le passionnant Je verrai toujours vos visages. Ici, elle aborde le thème périlleux de l’alcool en général et chez une femme jeune en particulier. Thème glissant qui, après les hésitations du début, est traité avec une justesse totalement impressionnante. Certes, l’interprétation d’Adèle Exarchopoulos aide beaucoup à la réussite du film, mais on perçoit que la cinéaste s’est fortement documentée pour rendre sa mise en scène aussi précise et réaliste par rapport au sujet. Elle ne cède pas aux facilités du mélodrame, même si le cancer s’invite aussi à son tour dans ce récit de sauvetage.
La beauté du film s’explique en effet par la présence magnétique d’Adèle mais aussi tous les interprètes qui gravitent autour d’elle, à commencer par Sara Giraudeau. Elle incarne la compagne de l’héroïne, sans qui le sauvetage de Garance serait impossible. Tout le monde rêve d’un(e) amant(e) avec une telle capacité à l’ouverture d’esprit et à la générosité. Mais c’est dire aussi des ravages que provoque l’alcool sur l’entourage proche des malades. On louera aussi le personnage de la médecin qui accompagne Garance, entre dirigisme et empathie.
Bref, Garance ne souffre d’aucune faute de goût ou d’erreur dans l’appréciation du phénomène de l’alcoolisme. La sélection du film en compétition officielle cannoise est un hommage aux différents centres qui prennent en charge les addictions, mais surtout à toutes les femmes qui souffrent de ce mal silencieux et n’auraient pas encore l’idée ou l’envie de se soigner.
Laurent Cambon (avoiralire.com)

