ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

A PROPOS
Présenté en ouverture d’Un Certain Regard au Festival de Cannes, Teenage Sex and Death at Camp Miasma confirme que Jane Schoenbrun est aujourd’hui l’une des voix les plus singulières du cinéma de genre américain. Après We’re All Going to the World’s Fair et le remarqué I Saw the TV Glow, la cinéaste poursuit son exploration des identités queer, de la culture pop et des imaginaires adolescents à travers un hommage décomplexé au slasher des années 1980. Mais chez Schoenbrun, le pastiche nostalgique n’est jamais une fin en soi, il devient un terrain de réappropriation politique, émotionnelle et sensuelle.
Le point de départ est délicieusement méta : une jeune réalisatrice queer entreprend de relancer la franchise fictive Camp Miasma, série de slashers oubliés dont l’ancienne “final girl”, désormais recluse, accepte difficilement de replonger dans cet univers hanté. Très vite, le reboot se transforme en dérive psychosexuelle où le désir, les corps et la fiction contaminent le réel, tandis que le tueur mythique “Little Death” semble ressurgir du fond du lac.
Ce qui rend le film si réjouissant, c’est sa capacité à embrasser les codes les plus kitsch du slasher — faux sang, VHS granuleuses, meurtres absurdes, esthétique camp assumée — tout en les détournant avec une liberté queer jubilatoire. Là où le genre a longtemps utilisé les personnages queer ou trans comme figures monstrueuses ou menaçantes, Schoenbrun inverse totalement le regard et transforme ce territoire horrifique en espace d’émancipation intime et sexuel.
Au centre de ce chaos pop et sanglant, Hannah Einbinder impressionne. Encore trop méconnue en France malgré son travail remarquable dans Hacks, elle trouve ici un rôle à la hauteur de son magnétisme étrange et de son humour nerveux. Entre vulnérabilité, autodérision et désir de réinvention, elle porte le film avec une présence immédiatement attachante. Face à elle, Gillian Anderson apporte une mélancolie presque spectrale qui nourrit admirablement la dimension méta du récit.
Parfois excessif, parfois volontairement foutraque, Teenage Sex and Death at Camp Miasma avance comme un rêve queer fiévreux, grotesque et sincère à la fois. Un slasher amoureux du genre qu’il démonte, réinvente et célèbre dans un même mouvement.
Cannes 2026 – Un Certain Regard
(Le bleu du miroir)
TEENAGE SEX AND DEATH AT CAMP MIASMA
de Jane Schoenbrun
avec Hannah Einbinder, Gillian Anderson, Amanda Fix
USA - 2026 - 1h52 - VOST - Queer Palm Cannes 2026
Après plusieurs suites bâclées et malgré une fanbase en déclin, une jeune réalisatrice enthousiaste reprend les rennes de la franchise de slasher Camp Miasma, avec pour mission de la ressusciter. Mais alors qu’elle rend visite à la star du premier film, une actrice mystérieuse et recluse, les deux femmes s’entraînent dans un univers sanglant entremêlant désir, peur et hallucinations
A PROPOS
Présenté en ouverture d’Un Certain Regard au Festival de Cannes, Teenage Sex and Death at Camp Miasma confirme que Jane Schoenbrun est aujourd’hui l’une des voix les plus singulières du cinéma de genre américain. Après We’re All Going to the World’s Fair et le remarqué I Saw the TV Glow, la cinéaste poursuit son exploration des identités queer, de la culture pop et des imaginaires adolescents à travers un hommage décomplexé au slasher des années 1980. Mais chez Schoenbrun, le pastiche nostalgique n’est jamais une fin en soi, il devient un terrain de réappropriation politique, émotionnelle et sensuelle.
Le point de départ est délicieusement méta : une jeune réalisatrice queer entreprend de relancer la franchise fictive Camp Miasma, série de slashers oubliés dont l’ancienne “final girl”, désormais recluse, accepte difficilement de replonger dans cet univers hanté. Très vite, le reboot se transforme en dérive psychosexuelle où le désir, les corps et la fiction contaminent le réel, tandis que le tueur mythique “Little Death” semble ressurgir du fond du lac.
Ce qui rend le film si réjouissant, c’est sa capacité à embrasser les codes les plus kitsch du slasher — faux sang, VHS granuleuses, meurtres absurdes, esthétique camp assumée — tout en les détournant avec une liberté queer jubilatoire. Là où le genre a longtemps utilisé les personnages queer ou trans comme figures monstrueuses ou menaçantes, Schoenbrun inverse totalement le regard et transforme ce territoire horrifique en espace d’émancipation intime et sexuel.
Au centre de ce chaos pop et sanglant, Hannah Einbinder impressionne. Encore trop méconnue en France malgré son travail remarquable dans Hacks, elle trouve ici un rôle à la hauteur de son magnétisme étrange et de son humour nerveux. Entre vulnérabilité, autodérision et désir de réinvention, elle porte le film avec une présence immédiatement attachante. Face à elle, Gillian Anderson apporte une mélancolie presque spectrale qui nourrit admirablement la dimension méta du récit.
Parfois excessif, parfois volontairement foutraque, Teenage Sex and Death at Camp Miasma avance comme un rêve queer fiévreux, grotesque et sincère à la fois. Un slasher amoureux du genre qu’il démonte, réinvente et célèbre dans un même mouvement.
Cannes 2026 – Un Certain Regard
(Le bleu du miroir)

