ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

UN MAUVAIS FILS - Dans le rétro - 2026-07-09

Dans le rétro - jeudi 09 juillet à 16h30

UN MAUVAIS FILS de Claude Sautet

DE LA COMÉDIE FRANÇAISE - Avant Première - 2026-07-13

Avant Première - lundi 13 juillet à 18h00

DE LA COMÉDIE FRANÇAISE de Martin Darondeau & Bertrand Usclat

DE LA COMÉDIE FRANÇAISE - Ciné Cosy - 2026-07-31

Ciné Cosy - vendredi 31 juillet à 14h00

DE LA COMÉDIE FRANÇAISE de Martin Darondeau & Bertrand Usclat

LE CHATEAU DANS LE CIEL - Ciné Manga - 2026-09-22

Ciné Manga - mardi 22 septembre à 20h00

LE CHATEAU DANS LE CIEL de Hayao Miyazaki

ADIEU MONDE CRUEL - Félix de Givry

A PROPOS

Premier long métrage de Félix de Givry, Adieu monde cruel s’avance sur un territoire particulièrement délicat. Celui de l’adolescence blessée, du harcèlement scolaire et du désir de disparaître. Pourtant, le film refuse d’emprunter les voies balisées du drame social ou du manifeste générationnel. Il préfère se déployer comme une étrange rêverie mélancolique, suspendue entre le réel et le fantasme, où la douleur du monde se transforme progressivement en possibilité de renaissance.
Otto est un adolescent que les humiliations répétées ont conduit au bord du gouffre. Lorsqu’il décide de mettre fin à ses jours, le destin en décide autrement. Survivant à sa tentative de suicide, mais donné pour mort par son entourage, il se retrouve dans une position paradoxale : celle d’un vivant devenu fantôme. À partir de ce postulat singulier, Félix de Givry construit un récit d’émancipation inattendu, où l’effacement devient l’occasion d’une réinvention.
Ce qui frappe d’emblée dans Adieu monde cruel, c’est son refus de l’explication psychologique. Le cinéaste ne cherche jamais à disséquer son personnage ni à enfermer son mal-être dans une série de causes sociologiques. Il privilégie au contraire les sensations, les silences, les regards. Cette économie narrative confère au film une dimension presque flottante, comme si Otto évoluait dans un espace intermédiaire, à mi-chemin entre la vie qu’il abandonne et celle qu’il pourrait encore conquérir.
Cette impression est renforcée par une mise en scène d’une remarquable délicatesse. Félix de Givry filme les paysages ruraux, les routes secondaires, les maisons isolées et les visages adolescents avec une douceur qui n’exclut jamais la gravité. La photographie baigne le récit dans une lumière légèrement irréelle, contribuant à créer une atmosphère de conte moderne où chaque rencontre semble pouvoir infléchir le destin.
Mais la véritable réussite du film réside sans doute dans son traitement du motif du fantôme. Otto n’est pas un revenant au sens traditionnel du terme. Il est plutôt un être devenu invisible aux yeux du monde, libéré malgré lui des assignations qui pesaient sur lui. Cette disparition symbolique ouvre un espace de liberté inédit. Pour la première fois, il peut observer les autres sans être jugé, se redécouvrir sans subir le regard destructeur de ses bourreaux.
Loin d’alimenter un discours désespéré, Adieu monde cruel trouve alors dans cette situation une source inattendue de vitalité. Le récit se transforme peu à peu en parcours sentimental et initiatique. Les rencontres qu’effectue Otto ne constituent pas de simples péripéties scénaristiques ; elles deviennent autant de possibilités de renouer avec le monde. Là où le film aurait pu sombrer dans l’obscurité, il choisit au contraire la lumière, sans jamais nier la violence qui l’a précédée.
Cette capacité à conjuguer noirceur et douceur constitue l’une des plus belles qualités du long métrage. Félix de Givry regarde son personnage avec une infinie tendresse mais sans complaisance. Le harcèlement n’est jamais minimisé, pas plus que les ravages qu’il provoque. Toutefois, le cinéaste refuse que cette souffrance définisse entièrement son héros. Son regard se porte davantage sur les chemins de traverse qui permettent de survivre, sur les hasards heureux qui réenchantent l’existence et sur les liens fragiles qui rendent à nouveau le monde habitable.
Dans un paysage cinématographique souvent dominé par le réalisme frontal, Adieu monde cruel revendique une forme de romantisme assumé. Cette orientation pourra surprendre, mais elle constitue précisément sa singularité. Le film ose croire que l’imaginaire, l’amour et la poésie possèdent encore une puissance de réparation. Cette conviction irrigue chacune de ses images et lui confère une tonalité profondément émouvante.
Avec ce premier long métrage ambitieux et sensible, Félix de Givry signe une œuvre à part, traversée par la douleur mais tendue vers l’espérance. Un film sur les disparitions qui parle avant tout de réapparition. Une élégie adolescente qui trouve dans la fragilité même de ses personnages une bouleversante promesse de vie.
Séraphin Degroote-Ferreira (avoiralire.com)

Avant-première / Estival Premiers Plans
mercredi 26 août à 20h00

Séance présentée et suivie d’une rencontre avec Félix de Givry, réalisateur

Premier long métrage de Félix de Givry, Adieu monde cruel a été présenté cette année à Cannes en clôture de la Semaine de la Critique.

Sortie du film le 9 septembre 2025

Séance organisée en partenariat avec le Festival Premiers Plans


ADIEU MONDE CRUEL

de Félix de Givry

Avec Milo Machado-Graner, Jane Beever, Emmanuelle Destremau
France - 2026 - 1h33 - Cannes 2026

Otto Vidal, 14 ans, a disparu après avoir adressé une lettre d'adieu aux élèves de sa classe. Alors que tout le monde le croit mort, Léna, une fille de son lycée, le reconnaît une nuit en train d'errer dans les rues de la ville.
https://diaphana.fr/film/adieu-monde-cruel/

A PROPOS

Premier long métrage de Félix de Givry, Adieu monde cruel s’avance sur un territoire particulièrement délicat. Celui de l’adolescence blessée, du harcèlement scolaire et du désir de disparaître. Pourtant, le film refuse d’emprunter les voies balisées du drame social ou du manifeste générationnel. Il préfère se déployer comme une étrange rêverie mélancolique, suspendue entre le réel et le fantasme, où la douleur du monde se transforme progressivement en possibilité de renaissance.
Otto est un adolescent que les humiliations répétées ont conduit au bord du gouffre. Lorsqu’il décide de mettre fin à ses jours, le destin en décide autrement. Survivant à sa tentative de suicide, mais donné pour mort par son entourage, il se retrouve dans une position paradoxale : celle d’un vivant devenu fantôme. À partir de ce postulat singulier, Félix de Givry construit un récit d’émancipation inattendu, où l’effacement devient l’occasion d’une réinvention.
Ce qui frappe d’emblée dans Adieu monde cruel, c’est son refus de l’explication psychologique. Le cinéaste ne cherche jamais à disséquer son personnage ni à enfermer son mal-être dans une série de causes sociologiques. Il privilégie au contraire les sensations, les silences, les regards. Cette économie narrative confère au film une dimension presque flottante, comme si Otto évoluait dans un espace intermédiaire, à mi-chemin entre la vie qu’il abandonne et celle qu’il pourrait encore conquérir.
Cette impression est renforcée par une mise en scène d’une remarquable délicatesse. Félix de Givry filme les paysages ruraux, les routes secondaires, les maisons isolées et les visages adolescents avec une douceur qui n’exclut jamais la gravité. La photographie baigne le récit dans une lumière légèrement irréelle, contribuant à créer une atmosphère de conte moderne où chaque rencontre semble pouvoir infléchir le destin.
Mais la véritable réussite du film réside sans doute dans son traitement du motif du fantôme. Otto n’est pas un revenant au sens traditionnel du terme. Il est plutôt un être devenu invisible aux yeux du monde, libéré malgré lui des assignations qui pesaient sur lui. Cette disparition symbolique ouvre un espace de liberté inédit. Pour la première fois, il peut observer les autres sans être jugé, se redécouvrir sans subir le regard destructeur de ses bourreaux.
Loin d’alimenter un discours désespéré, Adieu monde cruel trouve alors dans cette situation une source inattendue de vitalité. Le récit se transforme peu à peu en parcours sentimental et initiatique. Les rencontres qu’effectue Otto ne constituent pas de simples péripéties scénaristiques ; elles deviennent autant de possibilités de renouer avec le monde. Là où le film aurait pu sombrer dans l’obscurité, il choisit au contraire la lumière, sans jamais nier la violence qui l’a précédée.
Cette capacité à conjuguer noirceur et douceur constitue l’une des plus belles qualités du long métrage. Félix de Givry regarde son personnage avec une infinie tendresse mais sans complaisance. Le harcèlement n’est jamais minimisé, pas plus que les ravages qu’il provoque. Toutefois, le cinéaste refuse que cette souffrance définisse entièrement son héros. Son regard se porte davantage sur les chemins de traverse qui permettent de survivre, sur les hasards heureux qui réenchantent l’existence et sur les liens fragiles qui rendent à nouveau le monde habitable.
Dans un paysage cinématographique souvent dominé par le réalisme frontal, Adieu monde cruel revendique une forme de romantisme assumé. Cette orientation pourra surprendre, mais elle constitue précisément sa singularité. Le film ose croire que l’imaginaire, l’amour et la poésie possèdent encore une puissance de réparation. Cette conviction irrigue chacune de ses images et lui confère une tonalité profondément émouvante.
Avec ce premier long métrage ambitieux et sensible, Félix de Givry signe une œuvre à part, traversée par la douleur mais tendue vers l’espérance. Un film sur les disparitions qui parle avant tout de réapparition. Une élégie adolescente qui trouve dans la fragilité même de ses personnages une bouleversante promesse de vie.
Séraphin Degroote-Ferreira (avoiralire.com)