ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

CAPTAIN FANTASTIC - Cinélégende - 2022-11-28

Cinélégende - lundi 28 novembre à 20h00

CAPTAIN FANTASTIC de Matt Ross

PHRASES INACHEVÉES - Ciné doc / rencontre - 2022-11-28

Ciné doc / rencontre - lundi 28 novembre à 20h00

PHRASES INACHEVÉES de Adar Bozbay

LA REVANCHE DES HUMANOÏDES - Soirée rencontre - 2022-12-02

Soirée rencontre - vendredi 02 décembre à 20h00

LA REVANCHE DES HUMANOÏDES de Albert Barillé

DETROITERS - Ciné Fac - 2022-12-05

Ciné Fac - lundi 05 décembre à 20h00

DETROITERS de Andreï Schtakleff

ÊTRE PROF - Ciné doc - 2022-12-08

Ciné doc - jeudi 08 décembre à 20h00

ÊTRE PROF de Emilie Thérond

ERNEST ET CÉLESTINE - LE VOYAGE EN CHARABIE - Avant Première - 2022-12-11

Avant Première - dimanche 11 décembre à 11h15

ERNEST ET CÉLESTINE - LE VOYAGE EN CHARABIE de Julien Chheng & Jean-Christophe Roger

L'ARMÉE DES 12 SINGES - Plans Cultes - 2022-12-13

Plans Cultes - mardi 13 décembre à 19h30

L'ARMÉE DES 12 SINGES de Terry Gilliam

LE CINQUIÈME ÉLÉMENT de Luc Besson

BOYZ'N THE HOOD - Soirée CinéConf - 2022-12-15

Soirée CinéConf - jeudi 15 décembre à 20h00

BOYZ'N THE HOOD de John Singleton

ANNIE COLÈRE - Soirée rencontre - 2022-12-19

Soirée rencontre - lundi 19 décembre à 20h00

ANNIE COLÈRE de Blandine Lenoir

OPÉRATION PÈRE NOËL - Ciné goûter - 2022-12-22

Ciné goûter - jeudi 22 décembre à 15h30

OPÉRATION PÈRE NOËL de Marc Robinet & Caroline Attia

E.T L'EXTRA TERRESTRE - Plans Kids - 2022-12-26

Plans Kids - lundi 26 décembre à 13h15

E.T L'EXTRA TERRESTRE de Steven Spielberg

DIVERTIMENTO - Avant-première - 2023-01-05

Avant-première - jeudi 05 janvier à 20h00

DIVERTIMENTO de Marie-Castille Mention-Schaar

BEETLEJUICE - Plans Cultes - 2023-01-10

Plans Cultes - mardi 10 janvier à 20h00

BEETLEJUICE de Tim Burton

MARS ATTACKS ! de Tim Burton

LES ANNÉES SUPER 8 - Ciné doc - 2023-01-19

Ciné doc - jeudi 19 janvier à 20h00

LES ANNÉES SUPER 8 de Annie Ernaux & David Ernaux-Briot

HAPPINESS THERAPY - Cinélégende - 2023-02-06

Cinélégende - lundi 06 février à 20h00

HAPPINESS THERAPY de David O. Russell

DIRTY DANCING - Plans Cultes - 2023-02-14

Plans Cultes - mardi 14 février à 20h00

DIRTY DANCING de Emile Ardolino

LA FUREUR DE VAINCRE - Plans Cultes - 2023-03-14

Plans Cultes - mardi 14 mars à 20h00

LA FUREUR DE VAINCRE de Lo Wei

LA FUREUR DU DRAGON de Bruce Lee

L'ÉCHAPPÉE BELLE - Cinélégende - 2023-04-03

Cinélégende - lundi 03 avril à 20h00

L'ÉCHAPPÉE BELLE de Paolo Virzì

L'IMPASSE - Plans Cultes - 2023-04-11

Plans Cultes - mardi 11 avril à 20h00

L'IMPASSE de Brian De Palma

MULHOLLAND DRIVE - Plans Cultes - 2023-05-09

Plans Cultes - mardi 09 mai à 20h00

MULHOLLAND DRIVE de David Lynch

LES ANNÉES SUPER 8 - Annie Ernaux & David Ernaux-Briot

A PROPOS

Les Années super 8 est un film réalisé par David Ernaux-Briot, le fils d’Annie Ernaux. Au départ il y a des images filmées avec une caméra Super 8, comme nombre de familles de la classe bourgeoise en ont accumulé : des films de Noël, de voyages, de vacances estivales, de chahuts enfantins. Ces petites séquences muettes, tournées pour la plupart par l’ex-mari d’Annie Ernaux entre 1972 et 1981, se trouvent ici montées, et commentées dans la voix de l’écrivaine. C’est donc un objet hybride, peut-être pas un grand film de cinéma - il va sortir sur grand écran à la fin de l’année, mais en effet peut-être le format télévisuel lui sied davantage - mais un document dont l'intérêt cinématographique tient à son rapport à une œuvre littéraire.
D’abord on y retrouve les motifs et les sujets qu’Annie Ernaux excelle à écrire : la classe sociale d’abord, quand elle explique que la caméra super 8 était pour son mari et elle, dans les années soixante-dix, un signe de leur appartenance nouvelle à la bourgeoisie. Elle remarque d’ailleurs qu’il filmait beaucoup leur intérieur : un guéridon, une lampe, un fauteuil. On y voit sa mère à elle, personnage principal de La Place, on lit dans sa posture, sa blouse d’intérieur, la différence sociale qu’Annie Ernaux documente. On y suit surtout, comme dans Les Années, et à ce même rythme effréné de l’écriture, la fin des trente Glorieuses du point de vue de ce qu’on appelle aujourd’hui une transfuge de classe, qui a soudain accès à la culture, à la consommation de masse, aux voyages - le couple Ernaux va au Chili, en URSS dans des voyages organisés. On retrouve à l’écoute de la voix off cette immense clarté dans la description, quelque chose d’une simplicité miraculeuse dans la transmission d’un air du temps, d’une pensée commune, de caractères de classe.
Et puis il y a ce que les images font à son écriture : c’est ça qui est nouveau et intéressant dans le film. Il semble que l’image amplifie ce qu’il y a de distance à l’intérieur même du style Ernaux, qui, en même temps qu’il décrit le souvenir avec de l’empathie, parfois de la tendresse, est aussi un formidable outil critique et autocritique. Elle décrit par exemple leur voyage familial au Maroc, où ils croyaient “dépayser les enfants”, alors qu’on les voit dans un club de vacances sautant dans des piscines, entourés de touristes blonds comme eux. On peut encore citer ce qu’elle décrit de leur rapport à la nature et à l’écologie, quand ils vont en Ardèche dans la France “ancestrale”, et croient redécouvrir un rapport authentique à la campagne, depuis leur nouvelle posture bourgeoise et urbaine. À l’écran la silhouette malhabile d’Annie Ernaux montre le décalage. On y voit ce qui se joue à la fois de honte à retrouver la rudesse de ce qui a été longtemps son environnement, et la fierté d’y jouer maintenant qu’elle en est sortie. On voit beaucoup Annie Ernaux à l’écran, souvent mal à l’aise, le sourire timide. On ne peut s’empêcher, quand on a lu Les Années, ou la Femme gelée, d’y lire les signes de ce qui vient, le divorce, l’émancipation, en partie par l’écriture. L’écriture existe d’ailleurs dans le film, elle est un hors-champ permanent, évoqué dans la voix off à plusieurs reprises. Le projet par exemple, encore secret, d’un “roman violent et rouge” évoqué alors qu’à l’écran des enfants en pyjama déballent des cadeaux lors du Noël 72. Ou encore ces images d’un festival Wagner à Annecy, où Annie Ernaux en robe chic serre maladroitement les mains de notables, alors qu’un manuscrit attend “dans le tiroir”’, comme une bombe à retardement. C’est un document doux-amer, qui fait grincer les images du bonheur familial intimement, puisque c’est aussi un objet qui chronique le détachement, la séparation. Les Années super 8 est un objet singulièrement émouvant, et cette émotion se loge bel et bien dans l’espace complexe qui se creuse entre le texte et l’image, bien au-delà de la simple nostalgie d’une soirée diapo."
Lucile Commeaux (France Culture)

Ciné doc
jeudi 19 janvier à 20h00

suivi d'une rencontre

Soirée organisée en collaboration avec les Archives Départementales du Maine et Loire


LES ANNÉES SUPER 8

de Annie Ernaux & David Ernaux-Briot

Documentaire
FRANCE - 2002 - 1h01 - Cannes 2022

"En revoyant nos films super huit pris entre 1972 et 1981, il m’est apparu que ceux-ci constituaient non seulement une archive familiale mais aussi un témoignage sur les goûts, les loisirs, le style de vie et les aspirations d’une classe sociale, au cours de la décennie qui suit 1968. Ces images muettes, j’ai eu envie de les intégrer dans un récit au croisement de l’histoire, du social et aussi de l’intime, en utilisant mon journal personnel de ces années-là."
Annie Ernaux
https://www.new-story.eu/films/las8/

A PROPOS

Les Années super 8 est un film réalisé par David Ernaux-Briot, le fils d’Annie Ernaux. Au départ il y a des images filmées avec une caméra Super 8, comme nombre de familles de la classe bourgeoise en ont accumulé : des films de Noël, de voyages, de vacances estivales, de chahuts enfantins. Ces petites séquences muettes, tournées pour la plupart par l’ex-mari d’Annie Ernaux entre 1972 et 1981, se trouvent ici montées, et commentées dans la voix de l’écrivaine. C’est donc un objet hybride, peut-être pas un grand film de cinéma - il va sortir sur grand écran à la fin de l’année, mais en effet peut-être le format télévisuel lui sied davantage - mais un document dont l'intérêt cinématographique tient à son rapport à une œuvre littéraire.
D’abord on y retrouve les motifs et les sujets qu’Annie Ernaux excelle à écrire : la classe sociale d’abord, quand elle explique que la caméra super 8 était pour son mari et elle, dans les années soixante-dix, un signe de leur appartenance nouvelle à la bourgeoisie. Elle remarque d’ailleurs qu’il filmait beaucoup leur intérieur : un guéridon, une lampe, un fauteuil. On y voit sa mère à elle, personnage principal de La Place, on lit dans sa posture, sa blouse d’intérieur, la différence sociale qu’Annie Ernaux documente. On y suit surtout, comme dans Les Années, et à ce même rythme effréné de l’écriture, la fin des trente Glorieuses du point de vue de ce qu’on appelle aujourd’hui une transfuge de classe, qui a soudain accès à la culture, à la consommation de masse, aux voyages - le couple Ernaux va au Chili, en URSS dans des voyages organisés. On retrouve à l’écoute de la voix off cette immense clarté dans la description, quelque chose d’une simplicité miraculeuse dans la transmission d’un air du temps, d’une pensée commune, de caractères de classe.
Et puis il y a ce que les images font à son écriture : c’est ça qui est nouveau et intéressant dans le film. Il semble que l’image amplifie ce qu’il y a de distance à l’intérieur même du style Ernaux, qui, en même temps qu’il décrit le souvenir avec de l’empathie, parfois de la tendresse, est aussi un formidable outil critique et autocritique. Elle décrit par exemple leur voyage familial au Maroc, où ils croyaient “dépayser les enfants”, alors qu’on les voit dans un club de vacances sautant dans des piscines, entourés de touristes blonds comme eux. On peut encore citer ce qu’elle décrit de leur rapport à la nature et à l’écologie, quand ils vont en Ardèche dans la France “ancestrale”, et croient redécouvrir un rapport authentique à la campagne, depuis leur nouvelle posture bourgeoise et urbaine. À l’écran la silhouette malhabile d’Annie Ernaux montre le décalage. On y voit ce qui se joue à la fois de honte à retrouver la rudesse de ce qui a été longtemps son environnement, et la fierté d’y jouer maintenant qu’elle en est sortie. On voit beaucoup Annie Ernaux à l’écran, souvent mal à l’aise, le sourire timide. On ne peut s’empêcher, quand on a lu Les Années, ou la Femme gelée, d’y lire les signes de ce qui vient, le divorce, l’émancipation, en partie par l’écriture. L’écriture existe d’ailleurs dans le film, elle est un hors-champ permanent, évoqué dans la voix off à plusieurs reprises. Le projet par exemple, encore secret, d’un “roman violent et rouge” évoqué alors qu’à l’écran des enfants en pyjama déballent des cadeaux lors du Noël 72. Ou encore ces images d’un festival Wagner à Annecy, où Annie Ernaux en robe chic serre maladroitement les mains de notables, alors qu’un manuscrit attend “dans le tiroir”’, comme une bombe à retardement. C’est un document doux-amer, qui fait grincer les images du bonheur familial intimement, puisque c’est aussi un objet qui chronique le détachement, la séparation. Les Années super 8 est un objet singulièrement émouvant, et cette émotion se loge bel et bien dans l’espace complexe qui se creuse entre le texte et l’image, bien au-delà de la simple nostalgie d’une soirée diapo."
Lucile Commeaux (France Culture)