ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

A PROPOS
« L’obscurité totale n’existe pas »… Abd Al Malik combat l’esclavage dans « Furcy, né libre »
L’écrivain et rappeur signe une œuvre lumineuse autour de l’histoire vraie d’un esclave décidé à se battre pour sa liberté
Abd Al Malik s’attaque à un sujet poignant pour Furcy, né libre. L’histoire vraie de l’esclave Furcy se battant pour retrouver la liberté en 1817 a certes été romancée mais elle n’en est que plus poignante grâce à une mise en scène sobre. Makita Samba, découvert dans Les Olympiades de Jacques Audiard, est exceptionnel dans le rôle-titre aux côtés de Romain Duris, Vincent Macaigne et Ana Girardot.
Cette adaptation du livre de L’Affaire de l’esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui (disponible en poche chez Folio et prix Renaudot en 2010) aborde un thème avec lequel le cinéma français s’est toujours montré frileux. A l’exception notable de Tamango de John Berry (1958) et de Ni chaînes, ni maîtres de Simon Moutaïrou sorti en septembre 2024, l’esclavagisme n’a pas vraiment inspiré les réalisateurs français. « Pour moi, Furcy né libre est moins un film sur l’esclavagisme que sur son évolution. La vérité est que je m’adresse aux humains que nous sommes », déclare le rappeur et écrivain Abd Al Malik qui signe ici son deuxième long métrage après Qu’Allah bénisse la France (2014).
Qui était Furcy ?
Joseph Madeleine Furcy (1786-1856) a osé affronter son propriétaire pour obtenir la liberté qui lui était due. Epaulé par un juriste abolitionniste (Romain Duris impeccable), il va mettre des années à faire valoir ses droits avant l’abolition de l’esclavage en 1848. Il serait dommage d’en révéler trop sur cette histoire qui évoque douloureusement 12 Years A Slave de Steve McQueen. Il suffit de dire qu’on souffre avec Joseph Furcy tant l’injustice qu’il subit est criante.
Pour autant, Abd Al Malik n’a pas souhaité signer une œuvre trop sombre. « L’idée est de dire que l’obscurité totale n’existe pas, martèle-t-il. Et que la lumière est au bout du chemin. La complexité humaine permet des choses aussi terribles que l’esclavage mais il existe aussi des gens qui allument des bougies ». Ce message optimiste porte ses fruits. On ressort de la salle ressourcé, comme galvanisé par cette œuvre qui évoque l’histoire de France sans concession mais avec une grande humanité.
Caroline Vié (20 minutes)
Soirée Rencontre
jeudi 5 mars
à 20h00
suivi d'une rencontre avec Abd Al Malik, réalisateur
Séance organisée en collaboration avec Cinéma Parlant et Licra
FURCY, NÉ LIBRE
de Abd Al Malik
avec Makita Samba, Romain Duris, Ana Girardot
France - 2025 - 1h29
Librement adapté du livre « L'Affaire de l'esclave Furcy » de Mohammed Aïssaoui.
Île de la Réunion, 1817. À la mort de sa mère, l'esclave Furcy découvre des documents qui pourraient faire de lui un homme libre. Avec l'aide d'un procureur abolitionniste, il se lance dans une bataille judiciaire pour la reconnaissance de ses droits.
https://www.memento.eu/furcy/
A PROPOS
« L’obscurité totale n’existe pas »… Abd Al Malik combat l’esclavage dans « Furcy, né libre »
L’écrivain et rappeur signe une œuvre lumineuse autour de l’histoire vraie d’un esclave décidé à se battre pour sa liberté
Abd Al Malik s’attaque à un sujet poignant pour Furcy, né libre. L’histoire vraie de l’esclave Furcy se battant pour retrouver la liberté en 1817 a certes été romancée mais elle n’en est que plus poignante grâce à une mise en scène sobre. Makita Samba, découvert dans Les Olympiades de Jacques Audiard, est exceptionnel dans le rôle-titre aux côtés de Romain Duris, Vincent Macaigne et Ana Girardot.
Cette adaptation du livre de L’Affaire de l’esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui (disponible en poche chez Folio et prix Renaudot en 2010) aborde un thème avec lequel le cinéma français s’est toujours montré frileux. A l’exception notable de Tamango de John Berry (1958) et de Ni chaînes, ni maîtres de Simon Moutaïrou sorti en septembre 2024, l’esclavagisme n’a pas vraiment inspiré les réalisateurs français. « Pour moi, Furcy né libre est moins un film sur l’esclavagisme que sur son évolution. La vérité est que je m’adresse aux humains que nous sommes », déclare le rappeur et écrivain Abd Al Malik qui signe ici son deuxième long métrage après Qu’Allah bénisse la France (2014).
Qui était Furcy ?
Joseph Madeleine Furcy (1786-1856) a osé affronter son propriétaire pour obtenir la liberté qui lui était due. Epaulé par un juriste abolitionniste (Romain Duris impeccable), il va mettre des années à faire valoir ses droits avant l’abolition de l’esclavage en 1848. Il serait dommage d’en révéler trop sur cette histoire qui évoque douloureusement 12 Years A Slave de Steve McQueen. Il suffit de dire qu’on souffre avec Joseph Furcy tant l’injustice qu’il subit est criante.
Pour autant, Abd Al Malik n’a pas souhaité signer une œuvre trop sombre. « L’idée est de dire que l’obscurité totale n’existe pas, martèle-t-il. Et que la lumière est au bout du chemin. La complexité humaine permet des choses aussi terribles que l’esclavage mais il existe aussi des gens qui allument des bougies ». Ce message optimiste porte ses fruits. On ressort de la salle ressourcé, comme galvanisé par cette œuvre qui évoque l’histoire de France sans concession mais avec une grande humanité.
Caroline Vié (20 minutes)

