ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

A PROPOS
Depuis sa chambre d’hôtel de luxe en face du Jardin des Tuileries, Maxine, une réalisatrice américaine venue tourner un court métrage pour la Fashion Week, entend sans y prêter attention les bruits joyeux de la fête foraine. Qu’est-ce qui se passe à l’ombre des manèges, de la grande roue et de ses lumières colorées ? Quelles mille et une vies secrètes se déploient dans le quartier, dans la ville, dans les coulisses d’un défilé de mode, dans les couloirs d’un hôpital ? Derrière son apparente frivolité (pourtant, la mode est « inutile mais essentielle » lance Maxine en un sourire), Coutures s’attache aux sentiments cachés de ses protagonistes, à ce qui ne se voit pas et à ce qui les lie.
D’une réalisatrice à un mannequin à une maquilleuse, Coutures change régulièrement de personnage et de point de vue. Grâce à une remarquable fluidité d’écriture, la cinéaste française Alice Winocour parvient à éviter les possibles gros sabots du film choral. Elle donne une finesse et une respiration à ses différentes héroïnes, toutes regardées avec une émouvante tendresse. La mode n’est pas nécessairement superficielle, la tendresse n’est pas synonyme de mièvrerie. Coutures évoque le monde du travail, les petites mains qui assemblent les sequins, les modèles qui ont fui l’Ukraine ou le Soudan pour changer de vie sous les spotlights. C’est la vie d’une maquilleuse, « mais presque », nuance Angèle (Ella Rumpf, très convaincante) au sujet du récit qu’elle est en train d’écrire. C’est la vie d’une réalisatrice (Angelina Jolie, au charisme magnétique et un rien camp), mais pas seulement. C’est la vie d’un mannequin (Anyier Anei, pour son premier rôle), mais pas seulement. Car le film se glisse subtilement derrière les rôles sociaux pour embrasser ses personnages et leurs problématiques.
Ainsi, Coutures se plonge dans les artifices (d’un tournage, d’un défilé) pour examiner les vérités d’Ada, de Maxine, d’Angèle. Ce ne sont pas forcément des portraits extrêmement approfondis mais l’écriture et les interprètes suggèrent suffisamment pour composer des personnages poignants. Ces sentiments qui débordent sont soulignés par la rigueur d’un monde fascinant où tout est codé, mesuré, minuté. Tout doit obéir aux règles, mais tout y échappe. C’est un bon moteur narratif : celui du drame hospitalier ou tout simplement ce suspens qui paraît dérisoire mais qui pourtant est particulièrement efficace – le mannequin parviendra t-il à marcher malgré sa cheville blessée ?
Sous les strass, Coutures tisse ses fils, les fils qui relient ces différentes femmes. Ce sont les coutures des corps sans paroles qu’Alice Winocour raconte, des coutures subtiles, maîtrisées, mais qui peuvent craquer. Le monde lisse et ordonné peut être plongé dans le chaos par une tempête intérieure… ou par une tempête tout court. Lors d’un segment au grand souffle dramatique (à la fois métaphorique et littéral), Coutures ouvre les vannes. Les émotions sont une tornade, rehaussée par la bande originale co-composée par la musicienne suédoise Anna Von Hausswolff. Après un film (et une vie ?) à se retenir, Coutures et ses protagonistes ne se retiennent plus. Une simple goutte de sang peut suggérer un heureux changement, dit-on dans le long métrage. Le film examine avec élégance les vies changées de ses belles héroïnes.
Nicolas Bardot (Le Polyester)
Ciné Cosy
vendredi 20 février
à 14h00
Séance adaptée aux parents avec leur bébé, avec son adouci, mise à disposition d'une table à langer, d'un chauffe biberon…
Séance organisée en collaboration avec Cinéma Parlant
COUTURES
de Alice Winocour
Avec Angelina Jolie, Ella Rumpf, Louis Garrel
France - 2026 - 1h47
A Paris, dans le tumulte de la Fashion Week, Maxine, une réalisatrice américaine apprend une nouvelle qui va bouleverser sa vie. Elle croise alors le chemin d'Ada, une jeune mannequin sud-soudanaise ayant quitté son pays, et Angèle, une maquilleuse française aspirant à une autre vie. Entre ces trois femmes aux horizons pourtant si différents se tisse une solidarité insoupçonnée. Sous le vernis glamour se révèle une forme de révolte silencieuse : celle de femmes qui recousent, chacune à leur manière, les fils de leur propre histoire.
https://www.pathefilms.com/fr/films/coutures/
A PROPOS
Depuis sa chambre d’hôtel de luxe en face du Jardin des Tuileries, Maxine, une réalisatrice américaine venue tourner un court métrage pour la Fashion Week, entend sans y prêter attention les bruits joyeux de la fête foraine. Qu’est-ce qui se passe à l’ombre des manèges, de la grande roue et de ses lumières colorées ? Quelles mille et une vies secrètes se déploient dans le quartier, dans la ville, dans les coulisses d’un défilé de mode, dans les couloirs d’un hôpital ? Derrière son apparente frivolité (pourtant, la mode est « inutile mais essentielle » lance Maxine en un sourire), Coutures s’attache aux sentiments cachés de ses protagonistes, à ce qui ne se voit pas et à ce qui les lie.
D’une réalisatrice à un mannequin à une maquilleuse, Coutures change régulièrement de personnage et de point de vue. Grâce à une remarquable fluidité d’écriture, la cinéaste française Alice Winocour parvient à éviter les possibles gros sabots du film choral. Elle donne une finesse et une respiration à ses différentes héroïnes, toutes regardées avec une émouvante tendresse. La mode n’est pas nécessairement superficielle, la tendresse n’est pas synonyme de mièvrerie. Coutures évoque le monde du travail, les petites mains qui assemblent les sequins, les modèles qui ont fui l’Ukraine ou le Soudan pour changer de vie sous les spotlights. C’est la vie d’une maquilleuse, « mais presque », nuance Angèle (Ella Rumpf, très convaincante) au sujet du récit qu’elle est en train d’écrire. C’est la vie d’une réalisatrice (Angelina Jolie, au charisme magnétique et un rien camp), mais pas seulement. C’est la vie d’un mannequin (Anyier Anei, pour son premier rôle), mais pas seulement. Car le film se glisse subtilement derrière les rôles sociaux pour embrasser ses personnages et leurs problématiques.
Ainsi, Coutures se plonge dans les artifices (d’un tournage, d’un défilé) pour examiner les vérités d’Ada, de Maxine, d’Angèle. Ce ne sont pas forcément des portraits extrêmement approfondis mais l’écriture et les interprètes suggèrent suffisamment pour composer des personnages poignants. Ces sentiments qui débordent sont soulignés par la rigueur d’un monde fascinant où tout est codé, mesuré, minuté. Tout doit obéir aux règles, mais tout y échappe. C’est un bon moteur narratif : celui du drame hospitalier ou tout simplement ce suspens qui paraît dérisoire mais qui pourtant est particulièrement efficace – le mannequin parviendra t-il à marcher malgré sa cheville blessée ?
Sous les strass, Coutures tisse ses fils, les fils qui relient ces différentes femmes. Ce sont les coutures des corps sans paroles qu’Alice Winocour raconte, des coutures subtiles, maîtrisées, mais qui peuvent craquer. Le monde lisse et ordonné peut être plongé dans le chaos par une tempête intérieure… ou par une tempête tout court. Lors d’un segment au grand souffle dramatique (à la fois métaphorique et littéral), Coutures ouvre les vannes. Les émotions sont une tornade, rehaussée par la bande originale co-composée par la musicienne suédoise Anna Von Hausswolff. Après un film (et une vie ?) à se retenir, Coutures et ses protagonistes ne se retiennent plus. Une simple goutte de sang peut suggérer un heureux changement, dit-on dans le long métrage. Le film examine avec élégance les vies changées de ses belles héroïnes.
Nicolas Bardot (Le Polyester)

