ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

A PROPOS
"Les Âmes bossales" sont ces esclaves originaires d’Afrique noire qui ont permis de rendre à Haïti, grâce à leur insurrection, son indépendance en 1804. François Perlier est venu constater, caméra à l’épaule, l’héritage bossal et la vie dans l’île alors que l’insécurité règne pour le peuple haïtien plus de 200 ans après. Ce documentaire a été filmé peu de temps avant l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, accusé de détournement de fonds et notamment de tout l’argent censé aider à reconstruire le pays après le terrible tremblement de terre qui a ravagé la perle des Antilles et a fait plus de 280 000 morts et 1 million de sans-abris en 2010.
François Perlier, fort de son expérience de portraitiste cinématographique, va s’intéresser aux locaux, à leur vie dans l’île, ceci en rendant compte du folklore ambiant encore très présent, marqueur de l’histoire du pays, depuis la colonisation à l’esclavage puis de l’instabilité politique à la révolte sociale. On est donc embarqué, entre portraits d’Haïtiens engagés, carnavals de rue colorés et manifestations sanglantes filmées, dans un documentaire aux témoignages forts où le réel s’entrechoque avec le spirituel.
"Les Âmes bossales" rend hommage à ce peuple qui se soulève contre l’injustice, renvoyant à tant d’autres qui protestent actuellement contre la corruption, l’inflation ou le système en place et qui sont durement réprimés comme l’a été celui du Tchad hier et comme l’est celui d’Iran aujourd’hui. Sur l’île d’Haïti, on s’attachera plus particulièrement au destin de deux femmes qui s’insurgent et qui luttent pour leur survie : Charlotte premièrement, avec son effroyable témoignage revenant sur la vie dans les camps juste après le tremblement de terre de 2010 et luttant contre les violeurs ; Michou ensuite, mère de famille et casseuse de pierres, qui ne cherche aujourd’hui qu’à survivre pour l’avenir de ses enfants.
Dans sa manière de filmer les histoires, les récits et les légendes, François Perlier pose sa caméra près des visages qu’il filme en gros plan pour leur donner une âme, une vie, une humanité. Il suit aussi les protagonistes dans la rue et laisse tout l’entour vivre sous nos yeux et jusque dans nos oreilles pour proposer une immersion totale, que ce soit lors d’un des nombreux témoignages recueillis, ou dans un cortège de danse ou bien une cérémonie folklorique, donnant au visuel autant d’importance qu’à tous les sons autour : la rue, les voitures, les animaux, les enfants… La vie imprègne ainsi les images du cinéaste dans un documentaire qui n’a jamais aussi bien porté son nom.
"Les Âmes bossales" est à conseiller à tous les passionnés de portraits de peuple du monde, de cultures d’autres horizons ainsi qu’aux curieux qui veulent en apprendre davantage sur cette perle antillaise aux mille visages qui luttent et résistent pour sauvegarder leurs racines et assurer leur avenir.
Mathieu Payan (Abus de ciné)
Ciné Doc
jeudi 23 avril
à 20h00
en présence de François Perlier, réalisateur
Séance organisée en collaboration avec Cinéma Parlant et l'Association Timoun Lekòl
LES ÂMES BOSSALES
de François Perlier
Documentaire
Haïti - France - 2024 - 1h21
Les “bossales” étaient les esclaves africains vainqueurs de la guerre d'indépendance d'Haïti. Ce terme qualifie désormais une personne rebelle, à l'image des protagonistes du film. Charlotte, défenseure des droits humains, Foukifoura, chroniqueur satirique, Édris, vidéaste de l'insurrection, Michou, ouvrière luttant pour survivre, Ramoncite, énigmatique prêtre vaudou. Dans un contexte social explosif, ils incarnent l'âme de ce pays, foyer incandescent de résistance politique et spirituelle.
https://www.corpusfilms.org/les-ames-bossales/
A PROPOS
"Les Âmes bossales" sont ces esclaves originaires d’Afrique noire qui ont permis de rendre à Haïti, grâce à leur insurrection, son indépendance en 1804. François Perlier est venu constater, caméra à l’épaule, l’héritage bossal et la vie dans l’île alors que l’insécurité règne pour le peuple haïtien plus de 200 ans après. Ce documentaire a été filmé peu de temps avant l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, accusé de détournement de fonds et notamment de tout l’argent censé aider à reconstruire le pays après le terrible tremblement de terre qui a ravagé la perle des Antilles et a fait plus de 280 000 morts et 1 million de sans-abris en 2010.
François Perlier, fort de son expérience de portraitiste cinématographique, va s’intéresser aux locaux, à leur vie dans l’île, ceci en rendant compte du folklore ambiant encore très présent, marqueur de l’histoire du pays, depuis la colonisation à l’esclavage puis de l’instabilité politique à la révolte sociale. On est donc embarqué, entre portraits d’Haïtiens engagés, carnavals de rue colorés et manifestations sanglantes filmées, dans un documentaire aux témoignages forts où le réel s’entrechoque avec le spirituel.
"Les Âmes bossales" rend hommage à ce peuple qui se soulève contre l’injustice, renvoyant à tant d’autres qui protestent actuellement contre la corruption, l’inflation ou le système en place et qui sont durement réprimés comme l’a été celui du Tchad hier et comme l’est celui d’Iran aujourd’hui. Sur l’île d’Haïti, on s’attachera plus particulièrement au destin de deux femmes qui s’insurgent et qui luttent pour leur survie : Charlotte premièrement, avec son effroyable témoignage revenant sur la vie dans les camps juste après le tremblement de terre de 2010 et luttant contre les violeurs ; Michou ensuite, mère de famille et casseuse de pierres, qui ne cherche aujourd’hui qu’à survivre pour l’avenir de ses enfants.
Dans sa manière de filmer les histoires, les récits et les légendes, François Perlier pose sa caméra près des visages qu’il filme en gros plan pour leur donner une âme, une vie, une humanité. Il suit aussi les protagonistes dans la rue et laisse tout l’entour vivre sous nos yeux et jusque dans nos oreilles pour proposer une immersion totale, que ce soit lors d’un des nombreux témoignages recueillis, ou dans un cortège de danse ou bien une cérémonie folklorique, donnant au visuel autant d’importance qu’à tous les sons autour : la rue, les voitures, les animaux, les enfants… La vie imprègne ainsi les images du cinéaste dans un documentaire qui n’a jamais aussi bien porté son nom.
"Les Âmes bossales" est à conseiller à tous les passionnés de portraits de peuple du monde, de cultures d’autres horizons ainsi qu’aux curieux qui veulent en apprendre davantage sur cette perle antillaise aux mille visages qui luttent et résistent pour sauvegarder leurs racines et assurer leur avenir.
Mathieu Payan (Abus de ciné)

