ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

CINEMA PARADISO - Cinélégende - 2022-10-03

Cinélégende - lundi 03 octobre à 20h00

CINEMA PARADISO de Giuseppe Tornatore

UNE VIE DÉMENTE - Soirée rencontre - 2022-10-06

Soirée rencontre - jeudi 06 octobre à 20h00

UNE VIE DÉMENTE de Ann Sirot & Raphaël Balboni

PAMFIR - Avant-première - 2022-10-10

Avant-première - lundi 10 octobre à 20h00

PAMFIR de Dmytro Sukholytkyy-Sobchuk

SOLEIL VERT - Plans Cultes - 2022-10-11

Plans Cultes - mardi 11 octobre à 20h00

SOLEIL VERT de Richard Fleischer

LES AMANTS SACRIFIÉS - Ciné manga - 2022-10-18

Ciné manga - mardi 18 octobre à 20h00

LES AMANTS SACRIFIÉS de Kiyoshi Kurosawa

AFRICA MIA - Saga Africaine - 2022-10-24

Saga Africaine - lundi 24 octobre à 18h00

AFRICA MIA de Richard Minier & Edouard Salier

LA VENGEANCE EST À MOI - Ciné classique - 2022-10-24

Ciné classique - lundi 24 octobre à 20h30

LA VENGEANCE EST À MOI de Shôhei Imamura

LE PHARAON, LE SAUVAGE ET LA PRINCESSE - Séance rencontre - 2022-10-25

Séance rencontre - mardi 25 octobre à 13h30

LE PHARAON, LE SAUVAGE ET LA PRINCESSE de Michel Ocelot

RING - Plans Cultes - 2022-10-31

Plans Cultes - lundi 31 octobre à 20h00

RING de Hideo Nakata

DARK WATER de Hideo Nakata

WALLACE & GROMIT LE MYSTERE DU LAPIN-GAROU - Plans Kids Halloween - 2022-10-31

Plans Kids Halloween - lundi 31 octobre à 15h30

WALLACE & GROMIT LE MYSTERE DU LAPIN-GAROU de Nick Park & Steve Box

PATIENTS - Soirée rencontre - 2022-11-14

Soirée rencontre - lundi 14 novembre à 20h00

PATIENTS de Grand Corps Malade & Mehdi Idir

VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER - Plans Cultes - 2022-11-15

Plans Cultes - mardi 15 novembre à 20h00

VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER de Michael Cimino

CAPTAIN FANTASTIC - Cinélégende - 2022-11-28

Cinélégende - lundi 28 novembre à 20h00

CAPTAIN FANTASTIC de Matt Ross

L'ARMÉE DES 12 SINGES - Plans Cultes - 2022-12-13

Plans Cultes - mardi 13 décembre à 19h30

L'ARMÉE DES 12 SINGES de Terry Gilliam

LE CINQUIÈME ÉLÉMENT de Luc Besson

BEETLEJUICE - Plans Cultes - 2023-01-10

Plans Cultes - mardi 10 janvier à 20h00

BEETLEJUICE de Tim Burton

MARS ATTACKS ! de Tim Burton

HAPPINESS THERAPY - Cinélégende - 2023-02-06

Cinélégende - lundi 06 février à 20h00

HAPPINESS THERAPY de David O. Russell

DIRTY DANCING - Plans Cultes - 2023-02-14

Plans Cultes - mardi 14 février à 20h00

DIRTY DANCING de Emile Ardolino

LA FUREUR DE VAINCRE - Plans Cultes - 2023-03-14

Plans Cultes - mardi 14 mars à 20h00

LA FUREUR DE VAINCRE de Lo Wei

LA FUREUR DU DRAGON de Bruce Lee

L'ÉCHAPPÉE BELLE - Cinélégende - 2023-04-03

Cinélégende - lundi 03 avril à 20h00

L'ÉCHAPPÉE BELLE de Paolo Virzì

L'IMPASSE - Plans Cultes - 2023-04-11

Plans Cultes - mardi 11 avril à 20h00

L'IMPASSE de Brian De Palma

MULHOLLAND DRIVE - Plans Cultes - 2023-05-09

Plans Cultes - mardi 09 mai à 20h00

MULHOLLAND DRIVE de David Lynch

DRIVE MY CAR - Ryusuke Hamaguchi

A PROPOS

D’une nouvelle de Haruki Murakami, qui ouvre le recueil Des hommes sans femmes (Belfond, 2017), le cinéaste Ryûsuke Hamaguchi  (Senses, Asako I & II) a tiré un récit de presque trois heures. Ce temps long est celui qu’il faut pour offrir à ce trésor de sensibilité son juste espace de résonance. Drive My Car débute par un prologue de trois-quarts d’heure (dont on ne dira rien ici), que vient clore un générique, comme pour souligner la couture entre ces deux temps de la narration. La suite de l’histoire propulse son personnage central, Yusuke Kafuku, acteur et metteur en scène de théâtre, dans une résidence à Hiroshima, afin d’y monter une adaptation d’Oncle Vania de Tchekhov, cette oeuvre puissante qui regarde celles et ceux qui l’interprètent droit dans les yeux et les exhorte à entamer un dialogue intime avec elle. « Tu n’as rien vu à Hiroshima », s’entendait dire le personnage d’Emmanuelle Riva dans Hiroshima, mon amour d’Alain Resnais. Les protagonistes de Drive My Car, eux, ouvriront les yeux et leur cœur les uns au contact des autres.
Car Drive My Car s’articule autour de l’idée que la rencontre véritable, la parole juste et l’écoute qu’elle engendre dans le présent de l’échange, ont le pouvoir de remettre en mouvement nos rouages intérieurs. Prendre la route et prendre la parole y vont de pair. S’y laisser conduire n’est pas un acte anodin.
Ainsi Kakufu, cet homme triste que le destin n’a pas épargné, sera-t-il invité à s’ouvrir au contact de cette autre âme en peine, pétrie de culpabilité comme lui, qu’est Misaki, sa conductrice. Dans cet habitacle propice à la confidence, l’artiste et la jeune femme entameront un dialogue pudique et sincère, qui les fera cheminer tous deux vers une libération intérieure. Autour d’eux, d’autres personnages apporteront chacun leur lumière : un jeune acteur, un interprète, une comédienne muette qui pratique la langue des signes coréenne.
Une force tranquille circule d’un bout à l’autre de Drive My Car. Sa mise en scène, sa photographie, où se mêlent des tonalités beiges, blanches et bleues, son montage très maîtrisé, tout y laisse circuler les mots, les silences et les énergies (des êtres et des lieux), et mobilise pleinement l’attention du spectateur. Plusieurs séquences de ce film sont de purs moments de grâce : un long échange entre Kakufu et le jeune Takatsuki dans la voiture, un recueillement devant le vestige d’une maison dans la neige, ou la sublime dernière scène d’Oncle Vania jouée face à un public, où se dit la nécessité de tenir debout en dépit des épreuves de l’existence. En prenant un tout autre chemin que Louis Malle dans Vanya, 42e rue (des répétitions de la pièce, plus vraies que nature, rendaient poreuse la frontière entre l’art et la vie, sans que l’on sorte du théâtre), Ryûsuke Hamaguchi aboutit au même résultat : faire triompher la force des liens et, par voie de conséquence, faire entrevoir une dimension plus vaste à nos vies. Y a-t-il plus beau sujet ?
Anne-Claire CIEUTAT (Rédactrice en chef de BANDE A PART)

Séance spéciale Festival Télérama / AFCAE
lundi 7 février 2022 à 20h45

présenté par Hugo Picault, ambassadeur du cinéma



DRIVE MY CAR

de Ryusuke Hamaguchi

avec Hidetoshi Nishijima, Toko Miura, Masaki Okada
JAPON - 2021 - 2h59 - VOST -

Alors qu'il n'arrive toujours pas à se remettre d'un drame personnel, Yusuke Kafuku, acteur et metteur en scène de théâtre, accepte de monter Oncle Vania dans un festival, à Hiroshima. Il y fait la connaissance de Misaki, une jeune femme réservée qu'on lui a assignée comme chauffeure. Au fil des trajets, la sincérité croissante de leurs échanges les oblige à faire face à leur passé.
Adaptation d'un extrait du recueil Des hommes sans femmes de Haruki Murakami
http://diaphana.fr/film/drive-my-car/

A PROPOS

D’une nouvelle de Haruki Murakami, qui ouvre le recueil Des hommes sans femmes (Belfond, 2017), le cinéaste Ryûsuke Hamaguchi  (Senses, Asako I & II) a tiré un récit de presque trois heures. Ce temps long est celui qu’il faut pour offrir à ce trésor de sensibilité son juste espace de résonance. Drive My Car débute par un prologue de trois-quarts d’heure (dont on ne dira rien ici), que vient clore un générique, comme pour souligner la couture entre ces deux temps de la narration. La suite de l’histoire propulse son personnage central, Yusuke Kafuku, acteur et metteur en scène de théâtre, dans une résidence à Hiroshima, afin d’y monter une adaptation d’Oncle Vania de Tchekhov, cette oeuvre puissante qui regarde celles et ceux qui l’interprètent droit dans les yeux et les exhorte à entamer un dialogue intime avec elle. « Tu n’as rien vu à Hiroshima », s’entendait dire le personnage d’Emmanuelle Riva dans Hiroshima, mon amour d’Alain Resnais. Les protagonistes de Drive My Car, eux, ouvriront les yeux et leur cœur les uns au contact des autres.
Car Drive My Car s’articule autour de l’idée que la rencontre véritable, la parole juste et l’écoute qu’elle engendre dans le présent de l’échange, ont le pouvoir de remettre en mouvement nos rouages intérieurs. Prendre la route et prendre la parole y vont de pair. S’y laisser conduire n’est pas un acte anodin.
Ainsi Kakufu, cet homme triste que le destin n’a pas épargné, sera-t-il invité à s’ouvrir au contact de cette autre âme en peine, pétrie de culpabilité comme lui, qu’est Misaki, sa conductrice. Dans cet habitacle propice à la confidence, l’artiste et la jeune femme entameront un dialogue pudique et sincère, qui les fera cheminer tous deux vers une libération intérieure. Autour d’eux, d’autres personnages apporteront chacun leur lumière : un jeune acteur, un interprète, une comédienne muette qui pratique la langue des signes coréenne.
Une force tranquille circule d’un bout à l’autre de Drive My Car. Sa mise en scène, sa photographie, où se mêlent des tonalités beiges, blanches et bleues, son montage très maîtrisé, tout y laisse circuler les mots, les silences et les énergies (des êtres et des lieux), et mobilise pleinement l’attention du spectateur. Plusieurs séquences de ce film sont de purs moments de grâce : un long échange entre Kakufu et le jeune Takatsuki dans la voiture, un recueillement devant le vestige d’une maison dans la neige, ou la sublime dernière scène d’Oncle Vania jouée face à un public, où se dit la nécessité de tenir debout en dépit des épreuves de l’existence. En prenant un tout autre chemin que Louis Malle dans Vanya, 42e rue (des répétitions de la pièce, plus vraies que nature, rendaient poreuse la frontière entre l’art et la vie, sans que l’on sorte du théâtre), Ryûsuke Hamaguchi aboutit au même résultat : faire triompher la force des liens et, par voie de conséquence, faire entrevoir une dimension plus vaste à nos vies. Y a-t-il plus beau sujet ?
Anne-Claire CIEUTAT (Rédactrice en chef de BANDE A PART)