LA FOLLE JOURNÉE DE FERRIS BUELLER - John Hughes

A PROPOS

Magnifiée par l'interprétation décontractée de Matthew Broderick, Ferris Bueller est ce lycéen rusé qui profite de la confiance de ses parents pour prendre la tangente en plein Chicago, entrainant dans son indécrottable procrastination sa petite amie, son meilleur pote hypocondriaque et le proviseur enragé qui met un point d'honneur à l'attraper la main dans le sac. En bon provocateur, Hughes ne met pas en accusation son personnage mais l'aide au contraire à toujours se sortir blanchi des problèmes qu'il attire, transformant son conte étudiant en provocation ludique envers toute forme d'autorité. Le traitement réservé au proviseur tient lieu de boutade suprême, entre la caricature amusée et le sadisme de dessin animé ; et l'on prend vite goût à la vacuité qui rythme le récit, puisque Ferris et ses copains ne font finalement rien d'autre que s'amuser.
Si Breakfast Club est un film profondément angoissé, flirtant génialement avec le versant dramatique de ses personnages, Ferris Bueller est davantage une sucrerie faite maison, à la fois objet pop typique de son époque et film-concept proche de son auteur. On y retrouve en effet cette même recherche du tempo qui claque et de la formule irrésistible qu'un certain Michael Jackson, entre le twist étourdissant et la sophistication d'un Beat It. L'insouciance qui anime les divers protagonistes apporte un cachet surréaliste à un récit qui n'en manque pas et l'on se laisse promener dans cet univers où tout paraît possible, même traverser des maisons sans frapper poliment à la porte.
En témoigne cette célèbre séquence musicale en plein défilé, où l'explosion de couleurs (autant vestimentaire que pigmentée) fait office de cri de joie salvateur dans une présidence « reagannienne » puant le costard cravate gainé. Une juvénilité qui n'empêche pas le désarroi d'éclore lorsque l'un des personnages déverse sa rage jusqu'alors contenue, typique de ces moments d'émotion précieux qui font regretter l'absence derrière la caméra de ce réalisateur à l'univers si singulier. Et quand l'aparté-caméra post-générique nous invite à quitter la salle sous peine d'ennui, on se dit qu'on aurait bien continué un peu à se faire entraîner par cette fougue contagieuse qu'est celle de La folle journée de Ferris Bueller. Comme quoi 37 ans après, un film peut toujours se montrer aussi rafraichissant qu'à l'époque. Immanquable.
Jérémy Ponthieux (Ecran large)

Plans Cultes
mardi 19 septembre 2023 à 20h00

En présence de Xavier Leherpeur, journaliste et critique de cinéma au Masque et la Plume à France Inter, et dans la revue 7éme Obsession.


LA FOLLE JOURNÉE DE FERRIS BUELLER

de John Hughes

avec Matthew Broderick, Alan Ruck, Mia Sara
USA - 1986 - 1h43 - VOST - Réédition - Version restaurée

Ferris Bueller, un adolescent populaire et charmeur mais aussi cancre invétéré, convainc sa petite amie et son meilleur ami hypocondriaque (dont le père a une Ferrari) de sécher les cours pour aller passer la journée à Chicago. Pendant qu'ils font les 400 coups dans la grande ville, le proviseur et la sœur de Ferris tentent, chacun de leurs côtés, de prouver aux parents que leur fils est un cancre et qu'il a séché.

A PROPOS

Magnifiée par l'interprétation décontractée de Matthew Broderick, Ferris Bueller est ce lycéen rusé qui profite de la confiance de ses parents pour prendre la tangente en plein Chicago, entrainant dans son indécrottable procrastination sa petite amie, son meilleur pote hypocondriaque et le proviseur enragé qui met un point d'honneur à l'attraper la main dans le sac. En bon provocateur, Hughes ne met pas en accusation son personnage mais l'aide au contraire à toujours se sortir blanchi des problèmes qu'il attire, transformant son conte étudiant en provocation ludique envers toute forme d'autorité. Le traitement réservé au proviseur tient lieu de boutade suprême, entre la caricature amusée et le sadisme de dessin animé ; et l'on prend vite goût à la vacuité qui rythme le récit, puisque Ferris et ses copains ne font finalement rien d'autre que s'amuser.
Si Breakfast Club est un film profondément angoissé, flirtant génialement avec le versant dramatique de ses personnages, Ferris Bueller est davantage une sucrerie faite maison, à la fois objet pop typique de son époque et film-concept proche de son auteur. On y retrouve en effet cette même recherche du tempo qui claque et de la formule irrésistible qu'un certain Michael Jackson, entre le twist étourdissant et la sophistication d'un Beat It. L'insouciance qui anime les divers protagonistes apporte un cachet surréaliste à un récit qui n'en manque pas et l'on se laisse promener dans cet univers où tout paraît possible, même traverser des maisons sans frapper poliment à la porte.
En témoigne cette célèbre séquence musicale en plein défilé, où l'explosion de couleurs (autant vestimentaire que pigmentée) fait office de cri de joie salvateur dans une présidence « reagannienne » puant le costard cravate gainé. Une juvénilité qui n'empêche pas le désarroi d'éclore lorsque l'un des personnages déverse sa rage jusqu'alors contenue, typique de ces moments d'émotion précieux qui font regretter l'absence derrière la caméra de ce réalisateur à l'univers si singulier. Et quand l'aparté-caméra post-générique nous invite à quitter la salle sous peine d'ennui, on se dit qu'on aurait bien continué un peu à se faire entraîner par cette fougue contagieuse qu'est celle de La folle journée de Ferris Bueller. Comme quoi 37 ans après, un film peut toujours se montrer aussi rafraichissant qu'à l'époque. Immanquable.
Jérémy Ponthieux (Ecran large)



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