EVENEMENTS ET SEANCES SPECIALES

THÉRÈSE - Alain Cavalier
A PROPOS
« La nouvelle aventure dans laquelle Cavalier s’est lancé apparaît dans le droit fil de son cheminement : six années de rencontres, de recherches, guidées par l’admiration pour une morte, Thérèse, qu’il voit bien vivante : « Est-ce que je serai à la hauteur de ce qu’a été Thérèse ? Je conçois le cinéma comme m’aidant à vivre et je voudrais que le spectateur fasse la même démarche que moi. Je l’espère, mais je n’en suis absolument pas sûr ».
Paul-Bernard Chevillard, 15/05/1986 (La Croix)

« Une œuvre bouleversante, simple, sans concession. Mais objective, terriblement (…). Cavalier recrée avec génie une atmosphère (…). Il ne cherche ni à expliquer ni à comprendre (…). Cavalier se cantonne dans cette objectivité distanciée car tel était son propos. Comment le lui reprocher alors qu’il évite les pièges de la religion et de l’imagerie saint-sulpicienne, de la complaisance ? Son film est admirable parce que totalement maîtrisé cinématographiquement : pas une image qui ne soit nécessaire, qui ne soit significative, qui ne soit belle. Et pas hermétique. Un montage d’une rare virtuosité. Pas de musique si ce n’est celle des mots, des chants des religieuses, du silence ».
Jean-Luc Macia, 17/05/1986 (La Croix)

« Alain Cavalier a réalisé là une œuvre éblouissante, inspirée (…). Thérèse ne prétend pas être une biographie exacte de la jeune femme ni une reconstitution historique de sa vie au carmel. Le film n’entend pas non plus éclaircir les mystères qui entourent encore la vie et la personnalité de la jeune carmélite et qui ont jadis suscité quelques polémiques. Thérèse est avant tout une œuvre d’art, cinématographiquement unique et sublime, qui évoque à travers la personnalité de son réalisateur et de l’extraordinaire actrice qui l’incarne, la figure radieuse d’une sainte ».
[S.N.], 24/09/1986 (La Croix)

« On peut, certes, reprocher à Alain Cavalier d’avoir trop survolé la vie religieuse proprement dite d’un carmel (…). C’est une certaine gravité sur ce thème qui, peut-être, fait défaut à un film pourtant si juste dès que le visage de Thérèse apparaît sur l’écran. Est-il besoin de souligner encore l’extrême qualité de la réalisation, la beauté émouvante des images et la sincérité qui émane de ce film hors du commun consacré à un personnage hors du commun ? »
Jean-Luc Macia, 24/09/1986 (La Croix)

« - On vous a reproché d’avoir négligé la vie proprement religieuse du carmel.
- J’ai volontairement supprimé les chants religieux que je trouve très soporifiques sur le plan cinématographique. Il était impossible de reconstituer le carmel tel qu’il était. Reconstruire le passé est de toute façon un trucage. Thérèse est pour moi une tentative de portrait de la future sainte, de Catherine Mouchet et de moi-même. Le film est la superposition de ces trois émotions devant la vie, de trois chemins différents ».
Alain Cavalier, propos recueillis par Jean-Luc Macia, 24/09/1986 (La Croix)
Ciné classique
dimanche 16 janvier 2022 à 17h45
présenté par Violaine Bougère, Cinéma Parlant


THÉRÈSE
de Alain Cavalier
Avec Catherine Mouchet, Aurore Prieto, Sylvie Habault
France - 1986 - 1h30 - Prix du jury Cannes 1986 - 6 César 1987 - Réédition - Version restaurée 4K
Lisieux, 1888. Thérèse Martin, âgée de 15 ans, veut entrer au Carmel. Elle se heurte aux réticences de la mère supérieure qui la juge trop jeune ainsi qu’au refus du clergé local, curé et évêque. Obstinée, Thérèse se rend à Rome et obtient une dérogation du Pape. Au couvent, durant neuf ans, elle met toute son énergie à vivre un amour du Christ qui contribuerait au Salut des autres. Mais elle fait aussi l’apprentissage de la solitude et de la domination de soi. Ajoutée au froid, aux privations et au manque de soins, la tuberculose provoque sa mort en 1897.