ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

De la poussière dans les yeux - Ciné Doc - 2026-11-02

Ciné Doc - lundi 02 novembre à 20h00

DE LA POUSSIÈRE DANS LES YEUX de Anne Lorrière

Si tu tends l'oreille - Ciné Manga - 2026-11-05

Ciné Manga - jeudi 05 novembre à 20h30

SI TU TENDS L'OREILLE de Yoshifumi Kondo

Le cinéma ouvre ses sens ! 5 courts métrages - 5 sens - Séance spéciale - 2026-11-07

Séance spéciale - samedi 07 novembre à 10h00

LE CINÉMA OUVRE SES SENS ! 5 COURTS MÉTRAGES - 5 SENS

MOUSSA - Les odyssées africaines - 2026-11-09

Les odyssées africaines - lundi 09 novembre à 18h00

MOUSSA de Joshua Leftwitch et Dylan Mcandrew

UNE FOIS QUE TU SAIS - Ciné Doc - 2026-11-09

Ciné Doc - lundi 09 novembre à 20h00

UNE FOIS QUE TU SAIS de Emmanuel Cappellin

Le Monde à l'endroit - Ciné Doc - 2026-11-12

Ciné Doc - jeudi 12 novembre à 20h00

LE MONDE À L'ENDROIT de Sylvie Meyer

Demain je tombe amoureux - Avant-première - 2026-11-16

Avant-première - lundi 16 novembre à 20h00

DEMAIN JE TOMBE AMOUREUX de Martin Provost

KILL BILL : THE WHOLE BLOODY AFFAIR - Plans Cultes - 2026-11-17

Plans Cultes - mardi 17 novembre à 19h00

KILL BILL : THE WHOLE BLOODY AFFAIR de Quentin Tarantino

L'ARMÉE DU CRIME - Ciné Rencontre - 2026-11-18

Ciné Rencontre - mercredi 18 novembre à 14h00

L'ARMÉE DU CRIME de Robert Guédiguian

Demain est à nous - Ciné Doc - 2026-11-19

Ciné Doc - jeudi 19 novembre à 20h00

DEMAIN EST À NOUS de Gilles de Maistre

LE CHÂTEAU DE CAGLIOSTRO - Ciné Manga - 2026-11-20

Ciné Manga - vendredi 20 novembre à 18h00

LE CHÂTEAU DE CAGLIOSTRO de Hayao Miyazaki

Palombella Rossa - Ciné Classique - 2026-11-22

Ciné Classique - dimanche 22 novembre à 18h00

PALOMBELLA ROSSA de Nanni Moretti

LA MAISON DES FEMMES - Soirée Rencontre - 2026-11-25

Soirée Rencontre - mercredi 25 novembre à 20h00

LA MAISON DES FEMMES de Mélisa Godet

Les Hommes du Président - Cinélégende - 2026-12-14

Cinélégende - lundi 14 décembre à 20h15

LES HOMMES DU PRÉSIDENT de Alan J. Pakula

SHAOLIN SOCCER - Plans Cultes - 2026-12-15

Plans Cultes - mardi 15 décembre à 19h30

SHAOLIN SOCCER de Stephen Chow

CRAZY KUNG-FU de Stephen Chow

Dune : Troisième partie - Avant-première - 2026-12-15

Avant-première - mardi 15 décembre à 20h00

DUNE : TROISIÈME PARTIE de Denis Villeneuve

VOL AU-DESSUS D'UN NID DE COUCOU - Plans Cultes - 2027-01-12

Plans Cultes - mardi 12 janvier à 20h00

VOL AU-DESSUS D'UN NID DE COUCOU de Milos Forman

COUP DE FOUDRE A NOTTING HILL - Plans Cultes - 2027-02-13

Plans Cultes - samedi 13 février à 20h00

COUP DE FOUDRE A NOTTING HILL de Roger Michell

TRAINSPOTTING - Plans Cultes - 2027-03-09

Plans Cultes - mardi 09 mars à 20h00

TRAINSPOTTING de Danny Boyle

T2 TRAINSPOTTING de Danny Boyle

MATRIX - Plans Cultes - 2027-04-06

Plans Cultes - mardi 06 avril à 20h00

MATRIX de Lana & Lilly Wachowski

MATRIX RELOADED - Plans Cultes - 2027-04-13

Plans Cultes - mardi 13 avril à 20h00

MATRIX RELOADED de Lana & Lilly Wachowski

MATRIX - Plans Cultes - 2027-04-20

Plans Cultes - mardi 20 avril à 20h00

MATRIX de Lana & Lilly Wachowski

LA CITÉ DE DIEU - Plans Cultes - 2027-05-04

Plans Cultes - mardi 04 mai à 20h00

LA CITÉ DE DIEU de Fernando Meirelles & Kátia Lund

THELMA & LOUISE - Plans Cultes - 2027-06-01

Plans Cultes - mardi 1er juin à 20h00

THELMA & LOUISE de Ridley Scott

JUSQU'A LA GARDE de Xavier Legrand

A PROPOS

Pour son premier long métrage, Xavier Legrand ausculte dans une mise en scène tout en retenue la confrontation d’un couple divorcé à travers le regard d’un enfant de 11 ans. Un judicieux mélange de docu-fiction et de thriller.
Très remarqué lors de la dernière Mostra de Venise, où il a obtenu le lion d'argent du meilleur réalisateur et le prix de la meilleure première œuvre, Jusqu'à la garde apparaît d'abord comme un film «à sujet», prenant très au sérieux le problème social qu'il traite - la violence faite aux femmes -, en commençant par lui donner un cadre documentaire. Il s'ouvre par la rencontre d'un couple divorcé et de leurs avocates avec un juge, où il sera notamment question de la garde de leur fille adolescente et de leur fils de 11 ans. C'est un petit théâtre où domine la parole intimidante des magistrats, infantilisant les clients sous l'autorité de la loi - on se croirait chez Raymond Depardon. Mais cette partie juridique n'est que la mise à plat légale d'un drame privé très complexe dont les vrais enjeux - affectifs, psychologiques - échappent totalement à la justice. Le film va rapidement se resserrer sur ce nœud intime, rendu de plus en plus invivable par la violence d'un homme cherchant à maintenir une emprise sur sa femme et ses enfants.
Anxiété. Denis Ménochet interprète ici un beau spécimen de pervers narcissique, avec d'autant plus de justesse qu'il parvient parfois à provoquer en nous cette compassion, ce chantage affectif par lesquels il continue à manipuler son ex-femme (Léa Drucker) et son fils (Thomas Gioria, formidable). Si le film a l'intelligence de ne pas être manichéen, c'est donc surtout parce qu'il prend en compte la façon dont ce mari brutal joue avec l'empathie des autres, y compris celle du spectateur. Otage de la confrontation de ses parents, le fils est le premier à vouloir croire à la tristesse de son père, tout en étant terrifié par lui.
Xavier Legrand (le réalisateur, dont c’est le premier long métrage) prend en compte d’une belle manière ce point de vue du petit garçon : en quelque sorte, c’est lui qui donne sa tonalité au film, par la place qu’il occupe dans certaines scènes mais aussi en laissant le récit être peu à peu gagné par une terreur enfantine où le père s’apparente de plus en plus à un ogre.
En se référant assez subtilement à la Nuit du chasseur et plus encore à Shining, le cinéaste ne se contente donc pas d'illustrer un «sujet de société», comme le font tant d'autres films à caractère social, mais il le retranscrit en émotions cinématographiques. La première d'entre elles, celle qui finit par l'emporter sur toutes les autres, étant la peur. Le mari ouvre une brèche d'anxiété dans laquelle son entourage (y compris ses propres parents) se laisse progressivement aspirer. D'abord diffuse, l'inquiétude s'épaissit jusqu'à ce que le drame social bascule dans le thriller, puis quasiment dans l'horreur.
Le film démontre ainsi qu’un fait divers n’est souvent que le déchaînement d’une violence contenue en germes dans les rapports quotidiens - une victoire de la peur. On pourrait lui reprocher d’être sur ce point quelque peu prévisible, il l’est peut-être dans le déroulement du scénario mais il se rattrape par sa mise en scène, sobre et efficace. Notamment dans la séquence finale, qui semblerait pousser le bouchon un peu trop loin si elle n’était pas si réellement angoissante.
Pulsions. En allant ainsi de Depardon à Shining, de la rationalité juridique à la terreur domestique, Jusqu'à la garde ne fait que passer d'une forme de réalisme à une autre. Il y a même sans doute moins de vérité dans les discussions entre magistrats que dans ce qui semble le plus relever de l'imaginaire - le conte, le thriller. Le premier niveau travaillant à aplanir et éluder, là où le second met au jour des mécanismes profonds, des angoisses et des pulsions refoulées. On ne dit pas par là que Jusqu'à la garde est un chef-d'œuvre, mais tout du moins un vrai film sachant évaluer ses distances avec le réel et mettre en jeu l'imaginaire. Dans le cadre du cinéma social à la française, c'est déjà beaucoup.
Marcos Uzal (Libération)

Soirée rencontre
jeudi 25 novembre 2021 à 20h00

en présence de Maître Christine Cappato, avocate, Muriel Causy, juriste au CIDFF et Isabelle Beaufils, conseillère conjugale et familiale au Planning Familial

Soirée organisée dans le cadre de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes


JUSQU'A LA GARDE

de Xavier Legrand

avec Denis Ménochet, Léa Drucker, Mathilde Auneveux
France - 2017 - 1h33 - Prix du public Festival Premiers Plans 2018 / Lion d'Argent - Meilleur premier film et Prix de la mise en scène Venise 2017

Le couple Besson divorce. Pour protéger son fils d'un père qu'elle accuse de violences, Miriam en demande la garde exclusive. La juge en charge du dossier accorde une garde partagée au père qu'elle considère bafoué. Pris en otage entre ses parents, Julien va tout faire pour empêcher que le pire n'arrive.

A PROPOS

Pour son premier long métrage, Xavier Legrand ausculte dans une mise en scène tout en retenue la confrontation d’un couple divorcé à travers le regard d’un enfant de 11 ans. Un judicieux mélange de docu-fiction et de thriller.
Très remarqué lors de la dernière Mostra de Venise, où il a obtenu le lion d'argent du meilleur réalisateur et le prix de la meilleure première œuvre, Jusqu'à la garde apparaît d'abord comme un film «à sujet», prenant très au sérieux le problème social qu'il traite - la violence faite aux femmes -, en commençant par lui donner un cadre documentaire. Il s'ouvre par la rencontre d'un couple divorcé et de leurs avocates avec un juge, où il sera notamment question de la garde de leur fille adolescente et de leur fils de 11 ans. C'est un petit théâtre où domine la parole intimidante des magistrats, infantilisant les clients sous l'autorité de la loi - on se croirait chez Raymond Depardon. Mais cette partie juridique n'est que la mise à plat légale d'un drame privé très complexe dont les vrais enjeux - affectifs, psychologiques - échappent totalement à la justice. Le film va rapidement se resserrer sur ce nœud intime, rendu de plus en plus invivable par la violence d'un homme cherchant à maintenir une emprise sur sa femme et ses enfants.
Anxiété. Denis Ménochet interprète ici un beau spécimen de pervers narcissique, avec d'autant plus de justesse qu'il parvient parfois à provoquer en nous cette compassion, ce chantage affectif par lesquels il continue à manipuler son ex-femme (Léa Drucker) et son fils (Thomas Gioria, formidable). Si le film a l'intelligence de ne pas être manichéen, c'est donc surtout parce qu'il prend en compte la façon dont ce mari brutal joue avec l'empathie des autres, y compris celle du spectateur. Otage de la confrontation de ses parents, le fils est le premier à vouloir croire à la tristesse de son père, tout en étant terrifié par lui.
Xavier Legrand (le réalisateur, dont c’est le premier long métrage) prend en compte d’une belle manière ce point de vue du petit garçon : en quelque sorte, c’est lui qui donne sa tonalité au film, par la place qu’il occupe dans certaines scènes mais aussi en laissant le récit être peu à peu gagné par une terreur enfantine où le père s’apparente de plus en plus à un ogre.
En se référant assez subtilement à la Nuit du chasseur et plus encore à Shining, le cinéaste ne se contente donc pas d'illustrer un «sujet de société», comme le font tant d'autres films à caractère social, mais il le retranscrit en émotions cinématographiques. La première d'entre elles, celle qui finit par l'emporter sur toutes les autres, étant la peur. Le mari ouvre une brèche d'anxiété dans laquelle son entourage (y compris ses propres parents) se laisse progressivement aspirer. D'abord diffuse, l'inquiétude s'épaissit jusqu'à ce que le drame social bascule dans le thriller, puis quasiment dans l'horreur.
Le film démontre ainsi qu’un fait divers n’est souvent que le déchaînement d’une violence contenue en germes dans les rapports quotidiens - une victoire de la peur. On pourrait lui reprocher d’être sur ce point quelque peu prévisible, il l’est peut-être dans le déroulement du scénario mais il se rattrape par sa mise en scène, sobre et efficace. Notamment dans la séquence finale, qui semblerait pousser le bouchon un peu trop loin si elle n’était pas si réellement angoissante.
Pulsions. En allant ainsi de Depardon à Shining, de la rationalité juridique à la terreur domestique, Jusqu'à la garde ne fait que passer d'une forme de réalisme à une autre. Il y a même sans doute moins de vérité dans les discussions entre magistrats que dans ce qui semble le plus relever de l'imaginaire - le conte, le thriller. Le premier niveau travaillant à aplanir et éluder, là où le second met au jour des mécanismes profonds, des angoisses et des pulsions refoulées. On ne dit pas par là que Jusqu'à la garde est un chef-d'œuvre, mais tout du moins un vrai film sachant évaluer ses distances avec le réel et mettre en jeu l'imaginaire. Dans le cadre du cinéma social à la française, c'est déjà beaucoup.
Marcos Uzal (Libération)