ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

LES SENTINELLES - Ciné Doc - 2026-06-08

Ciné Doc - lundi 08 juin à 20h00

LES SENTINELLES de Pierre Pezerat

LE ROI ET L'OISEAU - Ciné Rencontre - 2026-06-11

Ciné Rencontre - jeudi 11 juin à 20h00

LE ROI ET L'OISEAU de Paul Grimault

LE VERTIGE - Ciné Cosy - 2026-06-12

Ciné Cosy - vendredi 12 juin à 14h00

LE VERTIGE de Quentin Dupieux

VAMPIRE HUMANISTE CHERCHE SUICIDAIRE CONSENTANT - Carte blanche aux Ambassadeurs - 2026-06-19

Carte blanche aux Ambassadeurs - vendredi 19 juin à 22h00

VAMPIRE HUMANISTE CHERCHE SUICIDAIRE CONSENTANT de Ariane Louis-Seize

AU BORD DU MONDE - Soirée rencontre - 2026-06-23

Soirée rencontre - mardi 23 juin à 20h00

AU BORD DU MONDE de Guérin van de Vorst & Sophie Muselle

LES CAPRICES DE L'ENFANT ROI - Cap ciné - 2026-06-26

Cap ciné - vendredi 26 juin à 14h00

LES CAPRICES DE L'ENFANT ROI de Michel Leclerc

LES CAPRICES DE L'ENFANT ROI - Cap ciné - 2026-06-26

Cap ciné - vendredi 26 juin à 20h30

LES CAPRICES DE L'ENFANT ROI de Michel Leclerc

THE WORLD OF LOVE - Soirée rencontre - 2026-06-29

Soirée rencontre - lundi 29 juin à 20h00

THE WORLD OF LOVE de Ga Eun Yoon

VINCENT, FRANÇOIS, PAUL ET LES AUTRES - Dans le rétro - 2026-07-02

Dans le rétro - jeudi 02 juillet à 16h00

VINCENT, FRANÇOIS, PAUL ET LES AUTRES de Claude Sautet

UN MAUVAIS FILS - Dans le rétro - 2026-07-09

Dans le rétro - jeudi 09 juillet à 16h00

UN MAUVAIS FILS de Claude Sautet

SCANNERS - David Cronenberg

A PROPOS

Film-fétiche des inconditionnels de David Cronenberg, Scanners (1981) s’offre une ressortie en salles. Formant une sorte de trilogie avec Chromosome 3 (1979) et Vidéodrome (1983), la production annonce et développe la relation maîtresse du cinéma de Cronenberg. De l’esprit au corps, de l’intériorité à l’apparence, Scanners propose un récit qui s’articule autour d’une traque à l’homme et de pouvoirs télépathiques. Le scénario, signé par le cinéaste, récupère habilement à son compte les codes du cinéma de genre pour déployer une mise en scène située hors des sentiers battus. C’est en effet la précision chirurgicale de Cronenberg qui étonne. Loin de se complaire dans la surenchère, le réalisateur canadien parvient à éviter le côté grand-guignolesque propre au gore pour orienter ses effets vers une épure inédite. Là où dans Carrie, Brian De Palma choisissait de traiter la télékinésie par le biais d’un split screen démonstratif, Cronenberg se contente du traditionnel champ-contrechamp qui lui permet d’établir un double-rapport de confrontation et de fusion. La sobriété du cinéaste se retrouve par ailleurs dans sa composition des images. En évitant les angles de prise de vue trop accusés et en se concentrant sur l’essentiel, les personnages et leurs relations, le film approfondit son rythme selon un tempo dédoublé. Il y a d’abord la maîtrise des scènes d’action, accordant la vitesse à la violence (et à propos de laquelle il faut rappeler l’excellent travail du génial Dick Smith).
Mais il y aussi ces moments de communion où les protagonistes décalent leur quête effrénée de sauvegarde vers une réflexion sur leur condition marginale. Sur ce point, les choix de casting opéré par Cronenberg se révèlent, comme à son habitude, excellents. Stephen Lack (qui réapparaîtra dans Faux-semblants) et Jennifer O’Neill (dont la carrière déclinante entamait alors sa phase descendante) accompagnent la tonalité du film en évitant les effets trop appuyés si typiques des acteurs du cinéma de genre. Les expressions abstraites du premier, la prégnance du regard de la seconde favorisent le mystère du drame en même temps qu’elles maintiennent sa tension latente.
Cet aspect est encore soutenu par la brillante composition musicale d’Howard Shore qui privilégie la nuance, instillant au sein de ses mélodies la présence de pointes électroniques qui assurent l’ambivalence de l’atmosphère générale du film. Entre un minimalisme affirmé et un monumentalisme camouflé qui fait en définitive le prix de la réalisation de Cronenberg. Entre prodige et malédiction, la télépathie prend dans Scanners la forme d’une télépathologie, maladie dont la promesse d’une cure pousse le personnage principal à trahir les siens. D’où la présence d’une réflexion sous-jacente sur les rapports communautaires et le pouvoir des institutions (scientifiques, gouvernementales, économiques…) que le cinéaste prolongera tout au long de sa filmographie.
Après la ressortie de Crash, celle de Scanners prouve que la restauration numérique sied parfaitement au cinéma de Cronenberg. A posteriori, le travail opéré sur ses images souligne en effet l’originalité ascétique de ses premiers films. L’homogénéité de ses compositions n’est pas sans rappeler la lumière crue d’un bloc opératoire. Le talent de Cronenberg se situe ainsi dans cette forme paradoxale d’une exposition non démonstrative. L’horreur est là, sous nos yeux, et c’est à nous, spectateurs, d’apprendre à la voir.

Jacques Demange (cine chronicle)

Plans Cultes
mardi 10 mai 2022 à 20h00


SCANNERS

de David Cronenberg

avec Jennifer O'Neill, Stephen Lack, Patrick McGoohan
CANADA - 1980 - 1h43 - VOST - Interdit aux moins de 12 ans

Cameron Vale est un télépathe qui vit en marge de la société. Repéré par la ConSec, société secrète qui mène des recherches sur ce type d’individus nommés “scanners”, il apprend auprès du Docteur Ruth à domestiquer son pouvoir. Cameron est alors chargé de localiser Daryl Revok, un scanner qui organise à échelle industrielle un trafic d’Ephémérol : une substance chimique dangereuse destiné aux femmes enceintes…
https://capricci.fr/wordpress/product/scanners/

A PROPOS

Film-fétiche des inconditionnels de David Cronenberg, Scanners (1981) s’offre une ressortie en salles. Formant une sorte de trilogie avec Chromosome 3 (1979) et Vidéodrome (1983), la production annonce et développe la relation maîtresse du cinéma de Cronenberg. De l’esprit au corps, de l’intériorité à l’apparence, Scanners propose un récit qui s’articule autour d’une traque à l’homme et de pouvoirs télépathiques. Le scénario, signé par le cinéaste, récupère habilement à son compte les codes du cinéma de genre pour déployer une mise en scène située hors des sentiers battus. C’est en effet la précision chirurgicale de Cronenberg qui étonne. Loin de se complaire dans la surenchère, le réalisateur canadien parvient à éviter le côté grand-guignolesque propre au gore pour orienter ses effets vers une épure inédite. Là où dans Carrie, Brian De Palma choisissait de traiter la télékinésie par le biais d’un split screen démonstratif, Cronenberg se contente du traditionnel champ-contrechamp qui lui permet d’établir un double-rapport de confrontation et de fusion. La sobriété du cinéaste se retrouve par ailleurs dans sa composition des images. En évitant les angles de prise de vue trop accusés et en se concentrant sur l’essentiel, les personnages et leurs relations, le film approfondit son rythme selon un tempo dédoublé. Il y a d’abord la maîtrise des scènes d’action, accordant la vitesse à la violence (et à propos de laquelle il faut rappeler l’excellent travail du génial Dick Smith).
Mais il y aussi ces moments de communion où les protagonistes décalent leur quête effrénée de sauvegarde vers une réflexion sur leur condition marginale. Sur ce point, les choix de casting opéré par Cronenberg se révèlent, comme à son habitude, excellents. Stephen Lack (qui réapparaîtra dans Faux-semblants) et Jennifer O’Neill (dont la carrière déclinante entamait alors sa phase descendante) accompagnent la tonalité du film en évitant les effets trop appuyés si typiques des acteurs du cinéma de genre. Les expressions abstraites du premier, la prégnance du regard de la seconde favorisent le mystère du drame en même temps qu’elles maintiennent sa tension latente.
Cet aspect est encore soutenu par la brillante composition musicale d’Howard Shore qui privilégie la nuance, instillant au sein de ses mélodies la présence de pointes électroniques qui assurent l’ambivalence de l’atmosphère générale du film. Entre un minimalisme affirmé et un monumentalisme camouflé qui fait en définitive le prix de la réalisation de Cronenberg. Entre prodige et malédiction, la télépathie prend dans Scanners la forme d’une télépathologie, maladie dont la promesse d’une cure pousse le personnage principal à trahir les siens. D’où la présence d’une réflexion sous-jacente sur les rapports communautaires et le pouvoir des institutions (scientifiques, gouvernementales, économiques…) que le cinéaste prolongera tout au long de sa filmographie.
Après la ressortie de Crash, celle de Scanners prouve que la restauration numérique sied parfaitement au cinéma de Cronenberg. A posteriori, le travail opéré sur ses images souligne en effet l’originalité ascétique de ses premiers films. L’homogénéité de ses compositions n’est pas sans rappeler la lumière crue d’un bloc opératoire. Le talent de Cronenberg se situe ainsi dans cette forme paradoxale d’une exposition non démonstrative. L’horreur est là, sous nos yeux, et c’est à nous, spectateurs, d’apprendre à la voir.

Jacques Demange (cine chronicle)



Plans Cultes - SAISON 2025-2026
mardi 16 septembre à 20h00
LA PLANÈTE DES SINGES de Franklin J. Schaffner
mardi 7 octobre à 20h00
REQUIEM FOR A DREAM de Darren Aronofsky
vendredi 31 octobre à 20h00
PARANORMAL ACTIVITY de Oren Peli
REC de Jaume Balaguero & Paco Plaza
mardi 18 novembre à 20h00
RENCONTRES DU TROISIÈME TYPE de Steven Spielberg
mardi 16 décembre à 20h00
THE TRUMAN SHOW de Peter Weir
THE MASK de Chuck Russell
mardi 13 janvier à 20h00
ORANGE MÉCANIQUE de Stanley Kubrick
lundi 26 janvier à 20h00
ORANGE MÉCANIQUE de Stanley Kubrick
samedi 14 février à 20h00
BODYGUARD de Mick Jackson
mardi 10 mars à 20h00
LE MAGNIFIQUE de Philippe de Broca
LE PROFESSIONNEL de Georges Lautner
mardi 7 avril à 20h00
mardi 14 avril à 20h00
mardi 21 avril à 20h00
mardi 5 mai à 20h00
BOOGIE NIGHTS de Paul Thomas Anderson
samedi 30 mai à 20h00
L’ÉCHELLE DE JACOB de Adrian Lyne
samedi 30 mai à 20h00
THELMA ET LOUISE de Ridley Scott
samedi 30 mai à 20h00
samedi 30 mai à 20h00
SHAOLIN SOCCER de Stephen Chow
CRAZY KUNG-FU de Stephen Chow