ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

A PROPOS
Joo-in (rayonnante et talentueuse Seo Su-bin, actrice non professionnelle) est à l’âge où on roule des galoches, où on ricane devant les dessins érotiques que griffonnent les copines, où on parle de ses règles et où on chahute en cours de sport. Elle ne s’entend pas trop mal avec sa mère – le père est parti – et fréquente un groupe de copines en dehors de l’école. Étrange, elles n’ont pas vraiment le même âge, ni le même profil et quand Joo-in invite son petit ami à une réunion, sans consulter les filles au préalable, celle qui a l’air d’être un peu la cheffe, Mido, s’emporte. Un jour, au lycée, un camarade fait signer une pétition car un violeur va sortir de prison et s’installer dans le quartier. Il propose à Joo-in d’y participer, la sensibilisant au sort des victimes et à leur vie brisée. La carapace de Joo-in se brise. Le film adopte sans compromis le point de vue de son héroïne : il dévoile au spectateur exactement ce que Joo-in choisit de révéler, au moment qu’elle choisit, avec sa pudeur et sa sensibilité. Le souvenir se libère un peu en famille, le passé de Joo-in se fait jour. Et se dessine devant nos yeux le portrait d’une adolescente résiliente qui a voulu aller de l’avant – peut-être un peu vite, c’est vrai – mais qui aujourd’hui veut mener sa vie au-delà des étiquettes qu’on colle aux jeunes femmes comme elle. Tout a été mis en œuvre autour d’elle pour qu’elle aille mieux : éloignement, groupe de soutien. Il lui reste encore du chemin – comme l’atteste une scène tonitruante de dispute dans une voiture, dans une station de lavage automatique – comme il reste du chemin à faire pour que le cinéma traite le sujet avec respect et réalisme. THE WORLD OF LOVE met des images sur ce que les films traitent rarement. Un peu comme SORRY BABY, d’Eva Victor, ce long-métrage de Yoon Ga-eun ne s’intéresse pas aux faits mais au traumatisme et aux voies différentes qu’emprunte chaque femme pour avancer. La mère de Joo-in travaille dans une garderie et le film observe l’attention particulière qu’elle montre aux violences, notamment sexistes et sexuelles, qui peuvent commencer en bas-âge. La réalisatrice établit comme une galerie des progrès que la société, notamment coréenne, a faits et ceux qu’il lui reste à faire. Troisième film de Yoon Ga-eun après THE WORLD OF US et THE HOUSE OF US (inédits en France), THE WORLD OF LOVE s’inscrit aussi dans un travail de fond de la réalisatrice, sur la manière dont les enfants souffrent, dès le plus jeune âge, de rapports sociaux, amicaux et familiaux violents, mais jamais n’avait-elle jusque-là mis le doigt sur un sujet aussi brûlant que le traumatisme.
Emmanuelle Spadacenta (Cinéma Teaser)
Soirée rencontre
lundi 29 juin
à 20h00
en présence de Charline Barouki, intervenante sociale et cofondatrice de Maison Olympe, Elise Houdebine, médecin généraliste et cofondatrice de Maison Olympe, Aurélie Besnier Coulon, sage Femme à Maison Olympe & Mathilde Mironi, consultante en santé sexuelle infantile
Soirée organisée en collaboration avec Maison Olympe
THE WORLD OF LOVE
de Ga Eun Yoon
Avec Su-bin Seo, Jang Hye-jin, Jeong-sik Kim
Corée du Sud - 20Corée du Sud - 1h59 - VOST - Montgolfière d'or - Festival des 3 Continents Nantes
Joo-in est une lycéenne espiègle et appréciée de tous. Un jour, un camarade de classe lance une pétition que tous les élèves signent, sauf elle. Son monde, en apparence paisible et insouciant, dissimule un passé douloureux auquel Joo-in est alors contrainte de faire face. Mais loin de se laisser enfermer, elle choisit d'avancer et de se réinventer.
https://www.thejokersfilms.com/films/world-of-love/#informations-0
A PROPOS
Joo-in (rayonnante et talentueuse Seo Su-bin, actrice non professionnelle) est à l’âge où on roule des galoches, où on ricane devant les dessins érotiques que griffonnent les copines, où on parle de ses règles et où on chahute en cours de sport. Elle ne s’entend pas trop mal avec sa mère – le père est parti – et fréquente un groupe de copines en dehors de l’école. Étrange, elles n’ont pas vraiment le même âge, ni le même profil et quand Joo-in invite son petit ami à une réunion, sans consulter les filles au préalable, celle qui a l’air d’être un peu la cheffe, Mido, s’emporte. Un jour, au lycée, un camarade fait signer une pétition car un violeur va sortir de prison et s’installer dans le quartier. Il propose à Joo-in d’y participer, la sensibilisant au sort des victimes et à leur vie brisée. La carapace de Joo-in se brise. Le film adopte sans compromis le point de vue de son héroïne : il dévoile au spectateur exactement ce que Joo-in choisit de révéler, au moment qu’elle choisit, avec sa pudeur et sa sensibilité. Le souvenir se libère un peu en famille, le passé de Joo-in se fait jour. Et se dessine devant nos yeux le portrait d’une adolescente résiliente qui a voulu aller de l’avant – peut-être un peu vite, c’est vrai – mais qui aujourd’hui veut mener sa vie au-delà des étiquettes qu’on colle aux jeunes femmes comme elle. Tout a été mis en œuvre autour d’elle pour qu’elle aille mieux : éloignement, groupe de soutien. Il lui reste encore du chemin – comme l’atteste une scène tonitruante de dispute dans une voiture, dans une station de lavage automatique – comme il reste du chemin à faire pour que le cinéma traite le sujet avec respect et réalisme. THE WORLD OF LOVE met des images sur ce que les films traitent rarement. Un peu comme SORRY BABY, d’Eva Victor, ce long-métrage de Yoon Ga-eun ne s’intéresse pas aux faits mais au traumatisme et aux voies différentes qu’emprunte chaque femme pour avancer. La mère de Joo-in travaille dans une garderie et le film observe l’attention particulière qu’elle montre aux violences, notamment sexistes et sexuelles, qui peuvent commencer en bas-âge. La réalisatrice établit comme une galerie des progrès que la société, notamment coréenne, a faits et ceux qu’il lui reste à faire. Troisième film de Yoon Ga-eun après THE WORLD OF US et THE HOUSE OF US (inédits en France), THE WORLD OF LOVE s’inscrit aussi dans un travail de fond de la réalisatrice, sur la manière dont les enfants souffrent, dès le plus jeune âge, de rapports sociaux, amicaux et familiaux violents, mais jamais n’avait-elle jusque-là mis le doigt sur un sujet aussi brûlant que le traumatisme.
Emmanuelle Spadacenta (Cinéma Teaser)

