ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

DIS-MOI SUR QUEL PIED TU DANSES - Ciné Doc - 2026-05-11

Ciné Doc - lundi 11 mai à 20h00

DIS-MOI SUR QUEL PIED TU DANSES de Philippe Ménard

LA VÉNUS ÉLECTRIQUE - Avant Première - 2026-05-12

Avant Première - mardi 12 mai à 20h00

LA VÉNUS ÉLECTRIQUE de Pierre Salvadori

CHANTAGE - Ciné concert - 2026-05-13

Ciné concert - mercredi 13 mai à 20h00

CHANTAGE de Alfred Hitchcock

C'EST QUOI L'AMOUR ? - Ciné Cosy - 2026-05-15

Ciné Cosy - vendredi 15 mai à 14h00

C'EST QUOI L'AMOUR ? de Fabien Gorgeart

LA DAME DE SHANGHAI - Dans le rétro - 2026-05-21

Dans le rétro - jeudi 21 mai à 16h00

LA DAME DE SHANGHAI de Orson Welles

LA NUIT A DÉVORÉ LE MONDE - Ciné Rencontre - 2026-05-22

Ciné Rencontre - vendredi 22 mai à 21h30

LA NUIT A DÉVORÉ LE MONDE de Dominique Rocher

NUCLÉAIRE, COMMENT IL VA RUINER LA FRANCE - Ciné Rencontre - 2026-05-26

Ciné Rencontre - mardi 26 mai à 20h00

NUCLÉAIRE, COMMENT IL VA RUINER LA FRANCE de Laure Noualhat & Clarisse Feletin

LA SOIF DU MAL - Dans le rétro - 2026-05-28

Dans le rétro - jeudi 28 mai à 16h00

LA SOIF DU MAL de Orson Welles

NUESTRA TIERRA - Ciné Doc - 2026-05-29

Ciné Doc - vendredi 29 mai à 18h00

NUESTRA TIERRA de Lucrecia Martel

D'UN MONDE À L'AUTRE - Avant première / Rencontre - 2026-06-01

Avant première / Rencontre - lundi 01 juin à 20h00

D'UN MONDE À L'AUTRE de Jérémie Renier

BOUCHRA - Soirée rencontre - 2026-06-03

Soirée rencontre - mercredi 03 juin à 20h00

BOUCHRA de Orian Barki & Meriem Bennani

IRON MAIDEN : BURNING AMBITION - Ciné Rock - 2026-06-04

Ciné Rock - jeudi 04 juin à 20h00

IRON MAIDEN : BURNING AMBITION de Malcolm Venville

LES SENTINELLES - Ciné Doc - 2026-06-08

Ciné Doc - lundi 08 juin à 20h00

LES SENTINELLES de Pierre Pezerat

LE ROI ET L'OISEAU - Ciné Rencontre - 2026-06-11

Ciné Rencontre - jeudi 11 juin à 20h00

LE ROI ET L'OISEAU de Paul Grimault

VAMPIRE HUMANISTE CHERCHE SUICIDAIRE CONSENTANT - Carte blanche aux Ambassadeurs - 2026-06-19

Carte blanche aux Ambassadeurs - vendredi 19 juin à 22h00

VAMPIRE HUMANISTE CHERCHE SUICIDAIRE CONSENTANT de Ariane Louis-Seize

VITIS PROHIBITA - Stephan Balay

A PROPOS

Le vin et l'alcool ont eu des vies cinématographiques compliquées. En principe, l'excès en est le fil rouge, avec ce que cela comporte de caricature et souvent de vulgarité (Soupe aux choux). Mis à part le remarquable Un singe en hiver (d'Henri Verneuil avec Jean-Paul Belmondo et Jean Gabin) qui faillit être interdit à la demande (déjà) des ligues hygiénistes. Elles lui reprochaient une apologie des apéritifs, vérifiant ainsi la justesse du propos d'Elie Faure « La morale ne règne que sur les ruines de l'art ». Plus récemment, quelques jolies perles ont échappé au massacre comme Le Vent et le Vin de Cédric Klapisch, mais c'est davantage dans le registre du documentaire que le vin acteur connaît le plus de succès..
« Vitis Prohibita » évoque la mise à l'index des cépages hybrides, ces fameux othello, clinton, rayon d'or, isabelle, oberlin, noah qui fleurissaient au printemps dans nos campagnes quand le phylloxéra, insecte ravageur, détruisit le vieux vignoble européen à partir de 1867. Inventés d'abord aux États-Unis où les producteurs ont marié des cépages de qualité venus d'Europe à des ceps robustes de chez eux, résistants aux maladies (oïdium, mildiou et… phylloxéra), ils ont très vite conquis l'Europe.
Au XIXe siècle, cette technique de croisement (fécondation des fleurs d'une variété par le pollen d'une autre variété) fit fureur en Europe et des catalogues dignes d'un inventaire à la Prévert faisaient miroiter aux vignerons des vendanges généreuses. Mais, bientôt, une autre technique s'imposa : celle du greffage. Il s'agissait de greffer sur des pieds (des racines de cépages américains) des bois (greffons) de nos cépages traditionnels. Encore aujourd'hui, n'ayant pas trouvé de produit miracle pour éradiquer le phylloxéra, nos merlots, pinots, cabernets, syrahs et autres sont obtenus par greffage. Cela a permis de conserver les qualités organoleptiques (saveurs) peu ou prou des cépages anciens, alors que les hybrides développaient leurs propres saveurs et consistances. Ces « hybrides producteurs directs », comme on continue de les appeler, continuèrent cependant d'être exploités dans les campagnes, mais en dehors (en principe) des zones d'élaboration de grands vins.
En 1935, dans un contexte de surproduction, notamment en Algérie, le gouvernement français publia une liste de six cépages hybrides désormais interdits à la plantation. Le prétexte invoqué : la présence importante de méthanol dans les vins issus de ces cépages, ce qui est depuis fortement contesté. Cette interdiction sera renforcée dans les années 1950 avec en sus des primes à l'arrachage. Mais récemment, la législation est devenue un peu plus permissive et autorise la plantation d'hybrides pour une consommation familiale. Le réalisateur Stéphan Balay explique qu'il a voulu à la fois lutter contre une « une prohibition imposée par de vieilles lois infondées, injustes et obsolètes » et montrer que ces cépages hybrides et résistants aux maladies permettent « une agriculture respectueuse de l'environnement. »
Reste qu'il s'agit là d'un éclairage intéressant, précieux et rare sur une histoire du vignoble européen, car l'auteur a promené sa caméra en dehors de nos frontières, en Italie, Roumanie, Autriche.Le film multiplie les témoignages, des amateurs passionnés qui fabriquent leurs vins chaque année entre copains et les dégustent dans des verres de cantine jusqu'au professeur d'ampélographie (science des cépages) Pierre Galet, l'expert incontesté. C'est donc un film militant et c'est peut-être son principal défaut. On aurait aimé entendre un point de vue un peu différent, voire opposé. Car la question des hybrides est devenue très contemporaine. L'Inra commence à proposer de nouveaux hybrides pour lutter à la fois contre les maladies, sans avoir recours aux traitements phytosanitaires, et contre le réchauffement climatique. Mais cette option est fortement contestée par de nombreux producteurs qui voient dans le recours aux hybrides un abandon de ce qui fait l'originalité des cépages français et qui a conduit à notre système d'appellation d'origine contrôlée…
Reste qu'il s'agit là d'un éclairage intéressant, précieux et rare sur une histoire du vignoble européen, car l'auteur a promené sa caméra en dehors de nos frontières, en Italie, Roumanie, Autriche.
Jacques Dupont (Le Point)

Ciné doc
lundi 3 février 2020 à 20h00

en présence de Stéphan Balay, réalisateur,Bruce Toussaint, formateur BTSA Viticulture-oenologie et Étienne Goulet, directeur du pôle Val de Loire à l'IFV

Séance organisée en collaboration avec Cinéma Parlant


VITIS PROHIBITA

de Stephan Balay

Documentaire
FRANCE - 2019 - 1h31

Cela pourrait-être une légende, mais c’est l’histoire bien réelle d’une tentative d’assassinat réglementaire, la mise au ban d’une poignée de cépages déclassés, des vins interdits, accusés de tous les maux, rendus coupables d’avoir mauvais goût et incriminés de rendre fou. Leur crime ? Résister. Résister aux maladies, être naturellement adaptés aux changements climatiques et s’affranchir des pesticides et autres produits qui inondent la viticulture moderne. Bravant une législation extrêmement hostile et en dépit de la très mauvaise réputation de ces cépages, des paysans rebelles, convaincus de leurs vraies valeurs, n’ont cessé de cultiver les interdits. Les cépages résistants n’ont pas dit leur dernier mot. Le film propose un voyage œnologique en France, Italie, Autriche et Roumanie et États-Unis afin de mieux comprendre l'histoire et les enjeux des cépages résistants.
https://www.vitis-prohibita.com/presentation

A PROPOS

Le vin et l'alcool ont eu des vies cinématographiques compliquées. En principe, l'excès en est le fil rouge, avec ce que cela comporte de caricature et souvent de vulgarité (Soupe aux choux). Mis à part le remarquable Un singe en hiver (d'Henri Verneuil avec Jean-Paul Belmondo et Jean Gabin) qui faillit être interdit à la demande (déjà) des ligues hygiénistes. Elles lui reprochaient une apologie des apéritifs, vérifiant ainsi la justesse du propos d'Elie Faure « La morale ne règne que sur les ruines de l'art ». Plus récemment, quelques jolies perles ont échappé au massacre comme Le Vent et le Vin de Cédric Klapisch, mais c'est davantage dans le registre du documentaire que le vin acteur connaît le plus de succès..
« Vitis Prohibita » évoque la mise à l'index des cépages hybrides, ces fameux othello, clinton, rayon d'or, isabelle, oberlin, noah qui fleurissaient au printemps dans nos campagnes quand le phylloxéra, insecte ravageur, détruisit le vieux vignoble européen à partir de 1867. Inventés d'abord aux États-Unis où les producteurs ont marié des cépages de qualité venus d'Europe à des ceps robustes de chez eux, résistants aux maladies (oïdium, mildiou et… phylloxéra), ils ont très vite conquis l'Europe.
Au XIXe siècle, cette technique de croisement (fécondation des fleurs d'une variété par le pollen d'une autre variété) fit fureur en Europe et des catalogues dignes d'un inventaire à la Prévert faisaient miroiter aux vignerons des vendanges généreuses. Mais, bientôt, une autre technique s'imposa : celle du greffage. Il s'agissait de greffer sur des pieds (des racines de cépages américains) des bois (greffons) de nos cépages traditionnels. Encore aujourd'hui, n'ayant pas trouvé de produit miracle pour éradiquer le phylloxéra, nos merlots, pinots, cabernets, syrahs et autres sont obtenus par greffage. Cela a permis de conserver les qualités organoleptiques (saveurs) peu ou prou des cépages anciens, alors que les hybrides développaient leurs propres saveurs et consistances. Ces « hybrides producteurs directs », comme on continue de les appeler, continuèrent cependant d'être exploités dans les campagnes, mais en dehors (en principe) des zones d'élaboration de grands vins.
En 1935, dans un contexte de surproduction, notamment en Algérie, le gouvernement français publia une liste de six cépages hybrides désormais interdits à la plantation. Le prétexte invoqué : la présence importante de méthanol dans les vins issus de ces cépages, ce qui est depuis fortement contesté. Cette interdiction sera renforcée dans les années 1950 avec en sus des primes à l'arrachage. Mais récemment, la législation est devenue un peu plus permissive et autorise la plantation d'hybrides pour une consommation familiale. Le réalisateur Stéphan Balay explique qu'il a voulu à la fois lutter contre une « une prohibition imposée par de vieilles lois infondées, injustes et obsolètes » et montrer que ces cépages hybrides et résistants aux maladies permettent « une agriculture respectueuse de l'environnement. »
Reste qu'il s'agit là d'un éclairage intéressant, précieux et rare sur une histoire du vignoble européen, car l'auteur a promené sa caméra en dehors de nos frontières, en Italie, Roumanie, Autriche.Le film multiplie les témoignages, des amateurs passionnés qui fabriquent leurs vins chaque année entre copains et les dégustent dans des verres de cantine jusqu'au professeur d'ampélographie (science des cépages) Pierre Galet, l'expert incontesté. C'est donc un film militant et c'est peut-être son principal défaut. On aurait aimé entendre un point de vue un peu différent, voire opposé. Car la question des hybrides est devenue très contemporaine. L'Inra commence à proposer de nouveaux hybrides pour lutter à la fois contre les maladies, sans avoir recours aux traitements phytosanitaires, et contre le réchauffement climatique. Mais cette option est fortement contestée par de nombreux producteurs qui voient dans le recours aux hybrides un abandon de ce qui fait l'originalité des cépages français et qui a conduit à notre système d'appellation d'origine contrôlée…
Reste qu'il s'agit là d'un éclairage intéressant, précieux et rare sur une histoire du vignoble européen, car l'auteur a promené sa caméra en dehors de nos frontières, en Italie, Roumanie, Autriche.
Jacques Dupont (Le Point)