ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

A PROPOS
Invisible en salle depuis bien longtemps, Riz amer est un grand classique du cinéma italien d’après guerre. Un classique longtemps plébiscité par le public plus que par la critique, qui reprocha au film – à l’époque véritable blockbuster du genre – de ne pas être à la hauteur de l’exigence du néo-réalisme alors triomphant, de mélanger les genres, de sacrifier aux facilités du mélodrame. C’est bien évidemment ce côté « impur » qui séduisit les foules et qui fait tout l’intérêt du film aujourd’hui : Giuseppe De Santis et ses (nombreux, comme c’était courant dans le cinéma italien de l’époque) co-scénaristes agrémentent leur étude sociale sans concession d’une intrigue vaguement policière et de rebondissements passionnels tragiques. Sans oublier bien sûr l’érotisme violent et enragé qui irradie de nombreuses séquences. Historiquement, Riz amer propulsa au rang de stars deux acteurs et une actrice débutants : Vittorio Gassman, alors principalement connu comme comédien de théâtre dans la troupe de Luchino Visconti et qui deviendra l’un des grands noms de la comédie à l’italienne ; Raf Vallone, qui n’était pas encore acteur mais journaliste à L’Unità et qui aida De Santis et ses scénaristes à mener l’enquête préparatoire sur le milieu des mondines, les travailleuses du riz ; enfin et surtout Silvana Mangano, incarnation incandescente de l’érotisme dont on parlait plus haut – son érotisation a d’ailleurs déplu à la critique de gauche, contribuant au mauvais accueil du film dans les colonnes des journaux. Initialement, son rôle n’était pas aussi développé, mais l’irruption de celle qui deviendra rapidement LA Mangano va changer la donne. Pull moulant, short serré, bas filés roulés sur ses jambes : une image, presque une icône, qui deviendra l’affiche du film et un motif de scandale dans l’Italie très catholique de la fin des années 1940. À tout juste dix-neuf ans, Silvana Mangano va devenir, avec Riz amer, le premier sex-symbol italien, la « Rita Hayworth du néoréalisme », sans que cela ait été un projet du cinéaste. L’aura de la Mangano a dépassé son personnage pour devenir, comme l’écrit Carlo Lizzani « un fait narratif en soi ».
Signalons par ailleurs que Riz amer présente la particularité tout à fait exceptionnelle dans le cinéma italien de rassembler – comme ce sera le cas dans un autre film de De Santis, Onze heures sonnaient (1952) – un casting à 90 % féminin, où les personnages secondaires ne sont pas seulement des faire-valoir mais de réelles protagonistes.
Et ajoutons que la copie restaurée restitue le film dans la version voulue par le réalisateur, avec son noir et blanc âpre et expressif, son esthétique brute et volontairement dénuée de tout raffinement.
Ciné Classique
lundi 7 septembre
2026 à 00h00
RIZ AMER
de Giuseppe de Santis
Avec Silvana Mangano, Raf Vallone, Vittorio Gassman
Italie - 1949 - 1h50 - VOST - Réédition - Version restaurée 4K
Après avoir volé un collier, un jeune voyou, Walter, et sa complice, Francesca, se mêlent à un convoi de travailleuses qui part vers les rizières. Reconnu par la police, Walter est contraint de se cacher tandis que Francesca réussit à passer pour une des femmes qui partent travailler. Mais Silvana, une travailleuse, va, pour son malheur et celui de Walter, s'intéresser à leur histoire.
https://www.acaciasfilms.com/film/riz-amer/
A PROPOS
Invisible en salle depuis bien longtemps, Riz amer est un grand classique du cinéma italien d’après guerre. Un classique longtemps plébiscité par le public plus que par la critique, qui reprocha au film – à l’époque véritable blockbuster du genre – de ne pas être à la hauteur de l’exigence du néo-réalisme alors triomphant, de mélanger les genres, de sacrifier aux facilités du mélodrame. C’est bien évidemment ce côté « impur » qui séduisit les foules et qui fait tout l’intérêt du film aujourd’hui : Giuseppe De Santis et ses (nombreux, comme c’était courant dans le cinéma italien de l’époque) co-scénaristes agrémentent leur étude sociale sans concession d’une intrigue vaguement policière et de rebondissements passionnels tragiques. Sans oublier bien sûr l’érotisme violent et enragé qui irradie de nombreuses séquences. Historiquement, Riz amer propulsa au rang de stars deux acteurs et une actrice débutants : Vittorio Gassman, alors principalement connu comme comédien de théâtre dans la troupe de Luchino Visconti et qui deviendra l’un des grands noms de la comédie à l’italienne ; Raf Vallone, qui n’était pas encore acteur mais journaliste à L’Unità et qui aida De Santis et ses scénaristes à mener l’enquête préparatoire sur le milieu des mondines, les travailleuses du riz ; enfin et surtout Silvana Mangano, incarnation incandescente de l’érotisme dont on parlait plus haut – son érotisation a d’ailleurs déplu à la critique de gauche, contribuant au mauvais accueil du film dans les colonnes des journaux. Initialement, son rôle n’était pas aussi développé, mais l’irruption de celle qui deviendra rapidement LA Mangano va changer la donne. Pull moulant, short serré, bas filés roulés sur ses jambes : une image, presque une icône, qui deviendra l’affiche du film et un motif de scandale dans l’Italie très catholique de la fin des années 1940. À tout juste dix-neuf ans, Silvana Mangano va devenir, avec Riz amer, le premier sex-symbol italien, la « Rita Hayworth du néoréalisme », sans que cela ait été un projet du cinéaste. L’aura de la Mangano a dépassé son personnage pour devenir, comme l’écrit Carlo Lizzani « un fait narratif en soi ».
Signalons par ailleurs que Riz amer présente la particularité tout à fait exceptionnelle dans le cinéma italien de rassembler – comme ce sera le cas dans un autre film de De Santis, Onze heures sonnaient (1952) – un casting à 90 % féminin, où les personnages secondaires ne sont pas seulement des faire-valoir mais de réelles protagonistes.
Et ajoutons que la copie restaurée restitue le film dans la version voulue par le réalisateur, avec son noir et blanc âpre et expressif, son esthétique brute et volontairement dénuée de tout raffinement.

