ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

A PROPOS
À la faveur d’une interview radiophonique de la gynécologue Ghada Hatem, Mélisa Godet découvre l’existence de la Maison des femmes de Saint-Denis. Un lieu peu connu où médecins, psychologues, avocats, juristes, policiers et même parfois artistes se rassemblent pour aider les femmes victimes de violence à se reconstruire. Citoyenne engagée et réalisatrice sensible à la détresse du monde, Mélisa Godet ne doute pas de tenir là le sujet de son premier long-métrage. Il lui faudra du temps et de la persévérance pour convaincre la principale intéressée (Ghada Hatem) du bien-fondé de son projet. Il aurait effectivement été dommage que cette aventure humaine aussi chaleureuse qu’enrichissante ne soit pas portée à l’écran, afin d’être partagée par le plus grand nombre.
Alors certes, les films qui abordent le patriarcat décomplexé, la domination conjugale et les abus en tous genres sont pléthore depuis quelques années. Pourtant, celui-ci semble bien disposer d’une plus-value.
Ne se perdant jamais dans un féminisme outrancier ou un misérabilisme pleurnichard, le récit tient la violence à distance. Un geste, une attitude, un regard détourné en disent plus long que les mots ou des reconstitutions de scènes de brutalité. Ici, les femmes participent activement à leur reconstruction et ne sont pas considérées comme les victimes passives de sévices infligés par d’autres. Et puis, au-delà des témoignages des patientes se dessine en arrière-fond l’histoire des soignantes, pour mieux faire de cette maison des femmes un cocon protecteur contre toutes les formes de traumatismes. Et c’est finalement de cette proximité que naîtra la puissance à affronter des situations souvent scabreuses, que la décontraction et l’humour ont tôt fait de dédramatiser. De plus, choisir de présenter le fourmillement de ce lieu de vie à travers le regard novice d’une jeune stagiaire, étudiante en médecine, apporte une touche de fraîcheur propre à consolider définitivement cette agréable sensation d’optimisme collectif. Enfin, preuve d’une volonté de rassemblement plutôt que de division, les hommes (Pierre Deladonchamps et Jean-Charles Clichet) ne sont nullement exclus de ce groupe féminin mais non féministe, semant avec grâce bienveillance et bonne humeur pour notre plus grand plaisir. Une mise en scène discrète s’attache à restituer avec humilité les échanges avec les patientes filmées en plan-séquence ou à transmettre l’énergie communicative d’une équipe de soignantes soudée par une cohabitation placée sous le signe de l’amitié.
Au-delà de ses qualités scénaristiques et sociales, cette fresque humaine a pour atout majeur la diversité de son casting. Si Karin Viard en cheffe de troupe énergique et fédératrice fait merveille, ses partenaires ne sont pas en reste et excellent dans leurs personnages. La fragilité et les doutes de Laetitia Dosch, la force tranquille d’Eye Haïdara, la lucidité d’Oulaya Amamra, la droiture de Juliette Armanet ainsi que la capacité de persuasion des actrices qui prêtent leur voix aux patientes tissent un canevas solide et rassurant dans lequel chacun pourra puiser sa part d’espoir.
Un film choral généreux qui donne diablement envie de croire encore au pouvoir de l’entraide, de la persévérance et de l’amour sous toutes ses formes.
Claudine Levanneur (avoir-alire.com)
Soirée Rencontre
mercredi 25 novembre à 20h00
suivi d'un débat
LA MAISON DES FEMMES
de Mélisa Godet
Karin Viard, Laetitia Dosch, Eye Haïdara
France · 2026 · 1h50
À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable.
https://www.pathefilms.com/fr/films/la-maison-des-femmes/
A PROPOS
À la faveur d’une interview radiophonique de la gynécologue Ghada Hatem, Mélisa Godet découvre l’existence de la Maison des femmes de Saint-Denis. Un lieu peu connu où médecins, psychologues, avocats, juristes, policiers et même parfois artistes se rassemblent pour aider les femmes victimes de violence à se reconstruire. Citoyenne engagée et réalisatrice sensible à la détresse du monde, Mélisa Godet ne doute pas de tenir là le sujet de son premier long-métrage. Il lui faudra du temps et de la persévérance pour convaincre la principale intéressée (Ghada Hatem) du bien-fondé de son projet. Il aurait effectivement été dommage que cette aventure humaine aussi chaleureuse qu’enrichissante ne soit pas portée à l’écran, afin d’être partagée par le plus grand nombre.
Alors certes, les films qui abordent le patriarcat décomplexé, la domination conjugale et les abus en tous genres sont pléthore depuis quelques années. Pourtant, celui-ci semble bien disposer d’une plus-value.
Ne se perdant jamais dans un féminisme outrancier ou un misérabilisme pleurnichard, le récit tient la violence à distance. Un geste, une attitude, un regard détourné en disent plus long que les mots ou des reconstitutions de scènes de brutalité. Ici, les femmes participent activement à leur reconstruction et ne sont pas considérées comme les victimes passives de sévices infligés par d’autres. Et puis, au-delà des témoignages des patientes se dessine en arrière-fond l’histoire des soignantes, pour mieux faire de cette maison des femmes un cocon protecteur contre toutes les formes de traumatismes. Et c’est finalement de cette proximité que naîtra la puissance à affronter des situations souvent scabreuses, que la décontraction et l’humour ont tôt fait de dédramatiser. De plus, choisir de présenter le fourmillement de ce lieu de vie à travers le regard novice d’une jeune stagiaire, étudiante en médecine, apporte une touche de fraîcheur propre à consolider définitivement cette agréable sensation d’optimisme collectif. Enfin, preuve d’une volonté de rassemblement plutôt que de division, les hommes (Pierre Deladonchamps et Jean-Charles Clichet) ne sont nullement exclus de ce groupe féminin mais non féministe, semant avec grâce bienveillance et bonne humeur pour notre plus grand plaisir. Une mise en scène discrète s’attache à restituer avec humilité les échanges avec les patientes filmées en plan-séquence ou à transmettre l’énergie communicative d’une équipe de soignantes soudée par une cohabitation placée sous le signe de l’amitié.
Au-delà de ses qualités scénaristiques et sociales, cette fresque humaine a pour atout majeur la diversité de son casting. Si Karin Viard en cheffe de troupe énergique et fédératrice fait merveille, ses partenaires ne sont pas en reste et excellent dans leurs personnages. La fragilité et les doutes de Laetitia Dosch, la force tranquille d’Eye Haïdara, la lucidité d’Oulaya Amamra, la droiture de Juliette Armanet ainsi que la capacité de persuasion des actrices qui prêtent leur voix aux patientes tissent un canevas solide et rassurant dans lequel chacun pourra puiser sa part d’espoir.
Un film choral généreux qui donne diablement envie de croire encore au pouvoir de l’entraide, de la persévérance et de l’amour sous toutes ses formes.
Claudine Levanneur (avoir-alire.com)

