ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

A PROPOS
Abigaëlle est née sans père. Du moins, elle est née d’un homme qui ne voulait pas d’enfant, et d’une mère, résignée, dont pourtant le géniteur savait qu’elle ne prenait pas de moyens contraceptifs. Sauf que, lorsque l’enfant est là, le désir de ce père absent devient plus fort que tout. Quelques mots d’amour est à la fois le récit d’une mère célibataire qui élève ses deux enfants, nés de pères différents, et celui d’une petite fille puis d’une adolescente en quête désespérée de ce père imaginaire. Toute sa jeunes est vouée à la recherche de cet homme et au fur et à mesure que le temps passe, la désillusion s’empare d’elle.
Hafsia Herzi est la seule actrice professionnelle du film. Tout le reste du casting est composé d’amateurs ou de débutants, et il faut reconnaître que Rudi Rosenberg a eu du flair. En effet, la magie du long-métrage naît de cette rencontre entre une comédienne reconnue, familière des festivals, et un groupe d’habitants de la banlieue parisienne qui, le temps d’un tournage, réinventent leur histoire à Sarcelle. Il y a surtout les enfants, puis les adolescents, qui portent le récit avec une une sensibilité digne de professionnels. On pense notamment aux deux actrices qui incarnent Abigaëlle enfant puis adolescente. Elles jouent à la perfection ce personnage qui s’égare dans la recherche d’un père n’ayant rien de l’idéal imaginé.
Quelques mots d’amour est une œuvre d’une grande tendresse. Le réalisateur s’aventure avec beaucoup de pudeur dans l’intimité d’une famille du début des années 90 et 2000, à une époque où la Star Academy régnait à la télévision. Il filme des enfants, des gens de peu comme dirait le sociologue, sans tomber dans le populisme, la démagogie ou le mélodrame. Chacun des personnages est doté d’une grâce qui lui apporte beaucoup de dignité. Le scénario évite de tomber dans les efflux lacrymaux, l’émotion surgissant simplement au contact de ces protagonistes qui invitent les spectateurs chez eux.
La beauté du film survient d’abord de l’écrin familial composé d’Erika et ses deux enfants. On voit une mère qui se bat pour aimer et éduquer pour le mieux sa fille et son fils. C’est un beau portrait de personnage intègre, présent, qui ne cède pas aux facilités de description d’une mère courage. On comprend combien faire grandir seul des enfants relève du sport de combat, surtout quand les institutions, notamment scolaires, ne montrent pas un grand soutien.
Quelques mots d’amour est écrit et mis en scène par un artiste qui, par son geste cinématographique, dénonce la lâcheté masculine encore trop importante aujourd’hui, laissant des mères élever seules leurs enfants dans des conditions pas toujours aisées. C’est aussi un film populaire, au sens noble du terme, qui saura ravir les spectateurs en mal de douceur et qui désespèrent sur l’état du monde. Car au bout du compte, Quelques mots d’amour est résolument pétri d’optimisme et de bonheur.
Laurent Cambon (Avoiralire.com)
Avant-première
vendredi 16 octobre à 20h00
en présence de Rudi Rosenberg, réalisateur
Sortie le 28 octobre 2026
Séance organisée en collaboration avec Cinéma Parlant
QUELQUES MOTS D'AMOUR
de Rudi Rosenberg
Hafsia Herzi, Nour Salam, Ella Bedoucha
France · 2026 · 1h37 · Cannes 2026
Sarcelles, 1995. Erika élève seule ses deux enfants. Sa fille Abigaëlle se persuade que son père, qu’elle n’a jamais connu, l’aime en silence quelque part. Lorsqu’elle se met en tête de le retrouver, Erika se sent obligée de l’aider, tout en cherchant à la protéger. En grandissant, la quête d’Abigaëlle se transforme en obsession, entraînant avec elle sa mère, sa meilleure amie, et tous ceux qui comptent.
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A PROPOS
Abigaëlle est née sans père. Du moins, elle est née d’un homme qui ne voulait pas d’enfant, et d’une mère, résignée, dont pourtant le géniteur savait qu’elle ne prenait pas de moyens contraceptifs. Sauf que, lorsque l’enfant est là, le désir de ce père absent devient plus fort que tout. Quelques mots d’amour est à la fois le récit d’une mère célibataire qui élève ses deux enfants, nés de pères différents, et celui d’une petite fille puis d’une adolescente en quête désespérée de ce père imaginaire. Toute sa jeunes est vouée à la recherche de cet homme et au fur et à mesure que le temps passe, la désillusion s’empare d’elle.
Hafsia Herzi est la seule actrice professionnelle du film. Tout le reste du casting est composé d’amateurs ou de débutants, et il faut reconnaître que Rudi Rosenberg a eu du flair. En effet, la magie du long-métrage naît de cette rencontre entre une comédienne reconnue, familière des festivals, et un groupe d’habitants de la banlieue parisienne qui, le temps d’un tournage, réinventent leur histoire à Sarcelle. Il y a surtout les enfants, puis les adolescents, qui portent le récit avec une une sensibilité digne de professionnels. On pense notamment aux deux actrices qui incarnent Abigaëlle enfant puis adolescente. Elles jouent à la perfection ce personnage qui s’égare dans la recherche d’un père n’ayant rien de l’idéal imaginé.
Quelques mots d’amour est une œuvre d’une grande tendresse. Le réalisateur s’aventure avec beaucoup de pudeur dans l’intimité d’une famille du début des années 90 et 2000, à une époque où la Star Academy régnait à la télévision. Il filme des enfants, des gens de peu comme dirait le sociologue, sans tomber dans le populisme, la démagogie ou le mélodrame. Chacun des personnages est doté d’une grâce qui lui apporte beaucoup de dignité. Le scénario évite de tomber dans les efflux lacrymaux, l’émotion surgissant simplement au contact de ces protagonistes qui invitent les spectateurs chez eux.
La beauté du film survient d’abord de l’écrin familial composé d’Erika et ses deux enfants. On voit une mère qui se bat pour aimer et éduquer pour le mieux sa fille et son fils. C’est un beau portrait de personnage intègre, présent, qui ne cède pas aux facilités de description d’une mère courage. On comprend combien faire grandir seul des enfants relève du sport de combat, surtout quand les institutions, notamment scolaires, ne montrent pas un grand soutien.
Quelques mots d’amour est écrit et mis en scène par un artiste qui, par son geste cinématographique, dénonce la lâcheté masculine encore trop importante aujourd’hui, laissant des mères élever seules leurs enfants dans des conditions pas toujours aisées. C’est aussi un film populaire, au sens noble du terme, qui saura ravir les spectateurs en mal de douceur et qui désespèrent sur l’état du monde. Car au bout du compte, Quelques mots d’amour est résolument pétri d’optimisme et de bonheur.
Laurent Cambon (Avoiralire.com)

