ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

SCOTT PILGRIM - Plans Cultes - 2026-10-06

Plans Cultes - mardi 06 octobre à 20h00

SCOTT PILGRIM de Edgar Wright

TERRASSE COMMUNE - Ciné Doc - 2026-10-08

Ciné Doc - jeudi 08 octobre à 20h00

TERRASSE COMMUNE de Vincent Robinot

Islande – Un jour sans femmes - Ciné Débat - 2026-10-10

Ciné Débat - samedi 10 octobre à 10h00

ISLANDE – UN JOUR SANS FEMMES de Pamela Hogan

CLOUD ATLAS - Séance spéciale - 2026-10-12

Séance spéciale - lundi 12 octobre à 09h30

CLOUD ATLAS de Tom Tykwer, Lilly Wachowski, Lana Wachowski

NAZA - Soirée Rencontre - 2026-10-12

Soirée Rencontre - lundi 12 octobre à 20h30

NAZA de Yuval Abraham, Rachel Szor

MON FILS PRÉSIDENT - Avant première / Rencontre - 2026-10-13

Avant première / Rencontre - mardi 13 octobre à 20h00

MON FILS PRÉSIDENT de Mathias Mlekuz

Mariage au goût d'orange - Avant-première - 2026-10-14

Avant-première - mercredi 14 octobre à 20h30

MARIAGE AU GOÛT D'ORANGE de Christophe Honoré

L'AMOUR FLOU - Soirée rencontre - 2026-10-15

Soirée rencontre - jeudi 15 octobre à 20h00

L'AMOUR FLOU de Romane Bohringer & Philippe Rebbot

Quelques mots d'amour - Avant-première - 2026-10-16

Avant-première - vendredi 16 octobre à 20h00

QUELQUES MOTS D'AMOUR de Rudi Rosenberg

Petite Casbah - Ciné goûter - 2026-10-20

Ciné goûter - mardi 20 octobre à 14h00

PETITE CASBAH de Antoine Colomb

Parfum d’essence - Festival International du Voyage à Vélo - 2026-10-23

Festival International du Voyage à Vélo - vendredi 23 octobre à 20h00

PARFUM D’ESSENCE de Jessica Malbet, Anaïs Béné

SHAUN LE MOUTON : LA BÊÊÊTE D'HALLOWEEN - Ciné goûter - 2026-10-27

Ciné goûter - mardi 27 octobre à 14h00

SHAUN LE MOUTON : LA BÊÊÊTE D'HALLOWEEN de Steve Cox & Matthew Walker

À LA SOURCE - Ciné Doc - 2026-10-29

Ciné Doc - jeudi 29 octobre à 20h00

À LA SOURCE de Bruno Deniel-Laurent

28 JOURS PLUS TARD - Plans Cultes - 2026-10-31

Plans Cultes - samedi 31 octobre à 20h00

28 JOURS PLUS TARD de Danny Boyle

28 SEMAINES PLUS TARD de Juan Carlos Fresnadillo

De la poussière dans les yeux - Ciné Doc - 2026-11-02

Ciné Doc - lundi 02 novembre à 20h00

DE LA POUSSIÈRE DANS LES YEUX de Anne Lorrière

KILL BILL : THE WHOLE BLOODY AFFAIR - Plans Cultes - 2026-11-17

Plans Cultes - mardi 17 novembre à 19h00

KILL BILL : THE WHOLE BLOODY AFFAIR de Quentin Tarantino

L'ARMÉE DU CRIME - Ciné Rencontre - 2026-11-18

Ciné Rencontre - mercredi 18 novembre à 14h00

L'ARMÉE DU CRIME de Robert Guédiguian

Demain est à nous - Ciné Doc - 2026-11-19

Ciné Doc - jeudi 19 novembre à 20h00

DEMAIN EST À NOUS de Gilles de Maistre

LE CHÂTEAU DE CAGLIOSTRO - Ciné Manga - 2026-11-20

Ciné Manga - vendredi 20 novembre à 18h00

LE CHÂTEAU DE CAGLIOSTRO de Hayao Miyazaki

Palombella Rossa - Ciné Classique - 2026-11-22

Ciné Classique - dimanche 22 novembre à 18h00

PALOMBELLA ROSSA de Nanni Moretti

LE NOM DE LA ROSE - Séance spéciale - 2026-11-23

Séance spéciale - lundi 23 novembre à 10h00

LE NOM DE LA ROSE de Jean-Jacques Annaud

SHAOLIN SOCCER - Plans Cultes - 2026-12-15

Plans Cultes - mardi 15 décembre à 19h30

SHAOLIN SOCCER de Stephen Chow

CRAZY KUNG-FU de Stephen Chow

Dune : Troisième partie - Avant-première - 2026-12-15

Avant-première - mardi 15 décembre à 20h00

DUNE : TROISIÈME PARTIE de Denis Villeneuve

VOL AU-DESSUS D'UN NID DE COUCOU - Plans Cultes - 2027-01-12

Plans Cultes - mardi 12 janvier à 20h00

VOL AU-DESSUS D'UN NID DE COUCOU de Milos Forman

COUP DE FOUDRE A NOTTING HILL - Plans Cultes - 2027-02-13

Plans Cultes - samedi 13 février à 20h00

COUP DE FOUDRE A NOTTING HILL de Roger Michell

TRAINSPOTTING - Plans Cultes - 2027-03-09

Plans Cultes - mardi 09 mars à 20h00

TRAINSPOTTING de Danny Boyle

T2 TRAINSPOTTING de Danny Boyle

MATRIX - Plans Cultes - 2027-04-06

Plans Cultes - mardi 06 avril à 20h00

MATRIX de Lana & Lilly Wachowski

MATRIX RELOADED - Plans Cultes - 2027-04-13

Plans Cultes - mardi 13 avril à 20h00

MATRIX RELOADED de Lana & Lilly Wachowski

MATRIX - Plans Cultes - 2027-04-20

Plans Cultes - mardi 20 avril à 20h00

MATRIX de Lana & Lilly Wachowski

LA CITÉ DE DIEU - Plans Cultes - 2027-05-04

Plans Cultes - mardi 04 mai à 20h00

LA CITÉ DE DIEU de Fernando Meirelles & Kátia Lund

THELMA & LOUISE - Plans Cultes - 2027-06-01

Plans Cultes - mardi 1er juin à 20h00

THELMA & LOUISE de Ridley Scott

L'ARMÉE DU CRIME de Robert Guédiguian

A PROPOS

L’Armée du crime s’ouvre sur une scène poignante, la traversée de Paris en fourgon des prisonniers du groupe Manouchian, qui vont être bientôt fusillés au Mont Valérien. Tandis que la caméra s’attarde sur les visages juvéniles, la voix-off égrène leurs noms, chacun suivis de la mention "Mort pour la France". Le contraste entre la jeunesse des personnages et leur mort prochaine, entre le tragique de la situation et le quotidien qui continue à quelques mètres de là, provoquent une émotion irrépressible…
Le film se conclura sur un carton qui signale, fait rare, les rares arrangements pris par le scénario avec les faits (par exemple la coïncidence entre les arrestations de Krasucki et de Manouchian, alors qu’elles ont eu lieu à huit mois d’intervalle), justifiant ces quelques libertés par les nécessités de la fiction.
Toute l’ambition du nouveau film de Robert Guédiguian est là : concilier le souffle romanesque et l’honnêteté intellectuelle, l’émotion inhérente à l’hommage (le groupe Manouchian comme symbole de ces étrangers qui se sont battus pour la France) et la rigueur de la reconstitution. Le pari est amplement réussi : même s’il s’enlise parfois dans l’académisme de la reconstitution, le film parvient à donner chair à ses personnages, et tension à un récit recentré autour de trois figures principales (Manouchian, Marcel Rayman, Thomas Elek).
L’Armée du crime présente un tableau à la fois juste et vivant de l’acte résistant, de ses ressorts et ses risques. Il s’attarde en particulier sur le faisceau de raisons et de convictions qui poussèrent ces jeunes gens à s’engager au péril de leur vie : l’attachement fort aux valeurs républicaines (pour ces étrangers qui constituèrent le groupe Manouchian, la France était bien la patrie des Droits de l’homme, et souvent un refuge dans une période marquée par la montée des périls), l’engagement communiste, (si le PC mène une lutte antinazie très modérée jusqu’en 1941, il en devient l’un des promoteurs ensuite) la résistance aux persécutions antisémites (beaucoup d’entre eux étaient juifs, à l’image de Marcel Rayman)… Il montre le passage d’actes de résistance d’abord spontanés et isolés (diffusion de tracts, fabrication de bombes artisanales) à la mise en place de réseaux clandestins (Manouchian dirige, à partir de 1943, une cinquantaine de FTP-MOI), le difficile passage à l’action violente (parmi lesquelles l’assassinat de Julius Ritter, un des responsables du STO en France). pour ces hommes dont certains sont guidés par le rejet de la violence, les contradictions et débats internes aussi (ils doivent aussi se plier aux exigences du Komintern, qui leur transmet armes et instructions générales, mais qui sert les intérêts de l’URSS).
Mais le film de Robert Guédiguian présente aussi un tableau particulièrement frappant de l’occupation allemande en France, en particulier à Paris. On est saisi, dès les débuts de L’Armée du crime, par la prise de possession de Paris par les Allemands : l’occupant n’y est pas seulement une force militaire, mais apparaît sans cesse dans le quotidien de la capitale (ici un orchestre militaire qui joue dans un square, là des jeunes soldats à la terrasse d’un café, ou jouant au football dans un parc), jusqu’à cette banderole apposée sur la Tour Eiffel, qui rappelle à perte de vue la main-mise de l’occupant. Le film de Robert Guédiguian montre également, jusqu’à l’écoeurement, la compromission zélée de la France de Vichy dans la collaboration, symbolisée le personnage de l’inspecteur Pujol (Jean-Pierre Darroussin). Affiches de propagande pro-allemandes (pour la Relève ou le STO…), mesures antisémites (désignation des magasins juifs, port obligatoire de l’étoile…), institutions dédiées à la collaboration (le Commissariat aux questions juives, la préfecture de police et les Brigades spéciales… mais aussi Radio Paris, dont les archives sonores font revivre la voix antisémite de Philippe Henriot) y manifestent l’ampleur de la soumission à l’occupant, sans parler de l’existence, sur le territoire français, de camps d’internement (dans lesquels le régime de Vichy regroupe des étrangers et des individus « dangereux pour la défense nationale et la sécurité publique ») ou d’initiatives comme la rafle du Vel'd'Hiv' (dont les archives ne conservent aujourd'hui qu’une seule photographie donnant à voir le rôle de la police française)…
Pour toutes ces raisons, L’Armée du crime se révèle hautement recommandable.
Guillemette Lohéac (zerodeconduite.net)

Ciné Rencontre
mercredi 18 novembre à 14h00

en présence de Zoé Grumberg, historienne

Séance organisée en collaboration avec l'AFMD (Amis de la fondation pour la mémoire de la déportation) - délégation du Maine-et-Loire


L'ARMÉE DU CRIME

de Robert Guédiguian

Simon Abkarian, Virginie Ledoyen, Robinson Stévenin
FRANCE · 2009 · 2h19 · Cannes 2009

Dans Paris occupé par les allemands, l'ouvrier poète Missak Manouchian prend la tête d'un groupe de très jeunes juifs, Hongrois, Polonais, Roumains, Espagnols, Italiens, Arméniens, déterminés à combattre pour libérer la France qu'ils aiment, celle des Droits de l'Homme. Dans la clandestinité, au péril de leur vie, ils deviennent des héros. Les attentats de ces partisans étrangers vont harceler les nazis et les collaborateurs. Alors, la police française va se déchaîner, multiplier ses effectifs, utiliser filatures, dénonciations, chantages, tortures... Vingt-deux hommes et une femme seront condamnés à mort en février 1944. Dans une ultime opération de propagande, ils seront présentés comme une Armée du crime, leurs visages en médaillon sur un fond rouge placardés sur les murs de toutes les villes du pays. Ces immigrés, morts pour la France, entrent dans la légende.

A PROPOS

L’Armée du crime s’ouvre sur une scène poignante, la traversée de Paris en fourgon des prisonniers du groupe Manouchian, qui vont être bientôt fusillés au Mont Valérien. Tandis que la caméra s’attarde sur les visages juvéniles, la voix-off égrène leurs noms, chacun suivis de la mention "Mort pour la France". Le contraste entre la jeunesse des personnages et leur mort prochaine, entre le tragique de la situation et le quotidien qui continue à quelques mètres de là, provoquent une émotion irrépressible…
Le film se conclura sur un carton qui signale, fait rare, les rares arrangements pris par le scénario avec les faits (par exemple la coïncidence entre les arrestations de Krasucki et de Manouchian, alors qu’elles ont eu lieu à huit mois d’intervalle), justifiant ces quelques libertés par les nécessités de la fiction.
Toute l’ambition du nouveau film de Robert Guédiguian est là : concilier le souffle romanesque et l’honnêteté intellectuelle, l’émotion inhérente à l’hommage (le groupe Manouchian comme symbole de ces étrangers qui se sont battus pour la France) et la rigueur de la reconstitution. Le pari est amplement réussi : même s’il s’enlise parfois dans l’académisme de la reconstitution, le film parvient à donner chair à ses personnages, et tension à un récit recentré autour de trois figures principales (Manouchian, Marcel Rayman, Thomas Elek).
L’Armée du crime présente un tableau à la fois juste et vivant de l’acte résistant, de ses ressorts et ses risques. Il s’attarde en particulier sur le faisceau de raisons et de convictions qui poussèrent ces jeunes gens à s’engager au péril de leur vie : l’attachement fort aux valeurs républicaines (pour ces étrangers qui constituèrent le groupe Manouchian, la France était bien la patrie des Droits de l’homme, et souvent un refuge dans une période marquée par la montée des périls), l’engagement communiste, (si le PC mène une lutte antinazie très modérée jusqu’en 1941, il en devient l’un des promoteurs ensuite) la résistance aux persécutions antisémites (beaucoup d’entre eux étaient juifs, à l’image de Marcel Rayman)… Il montre le passage d’actes de résistance d’abord spontanés et isolés (diffusion de tracts, fabrication de bombes artisanales) à la mise en place de réseaux clandestins (Manouchian dirige, à partir de 1943, une cinquantaine de FTP-MOI), le difficile passage à l’action violente (parmi lesquelles l’assassinat de Julius Ritter, un des responsables du STO en France). pour ces hommes dont certains sont guidés par le rejet de la violence, les contradictions et débats internes aussi (ils doivent aussi se plier aux exigences du Komintern, qui leur transmet armes et instructions générales, mais qui sert les intérêts de l’URSS).
Mais le film de Robert Guédiguian présente aussi un tableau particulièrement frappant de l’occupation allemande en France, en particulier à Paris. On est saisi, dès les débuts de L’Armée du crime, par la prise de possession de Paris par les Allemands : l’occupant n’y est pas seulement une force militaire, mais apparaît sans cesse dans le quotidien de la capitale (ici un orchestre militaire qui joue dans un square, là des jeunes soldats à la terrasse d’un café, ou jouant au football dans un parc), jusqu’à cette banderole apposée sur la Tour Eiffel, qui rappelle à perte de vue la main-mise de l’occupant. Le film de Robert Guédiguian montre également, jusqu’à l’écoeurement, la compromission zélée de la France de Vichy dans la collaboration, symbolisée le personnage de l’inspecteur Pujol (Jean-Pierre Darroussin). Affiches de propagande pro-allemandes (pour la Relève ou le STO…), mesures antisémites (désignation des magasins juifs, port obligatoire de l’étoile…), institutions dédiées à la collaboration (le Commissariat aux questions juives, la préfecture de police et les Brigades spéciales… mais aussi Radio Paris, dont les archives sonores font revivre la voix antisémite de Philippe Henriot) y manifestent l’ampleur de la soumission à l’occupant, sans parler de l’existence, sur le territoire français, de camps d’internement (dans lesquels le régime de Vichy regroupe des étrangers et des individus « dangereux pour la défense nationale et la sécurité publique ») ou d’initiatives comme la rafle du Vel'd'Hiv' (dont les archives ne conservent aujourd'hui qu’une seule photographie donnant à voir le rôle de la police française)…
Pour toutes ces raisons, L’Armée du crime se révèle hautement recommandable.
Guillemette Lohéac (zerodeconduite.net)