ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

SOLANGE ET LES VIVANTS - Ina Mihalache

A PROPOS

De mémoire twittosphérique, on n’avait jamais vu ça. Non pas une célébrité de Youtube qui apparaît sur nos grands écrans de cinéma (il y a eu Norman Thavaud dans Pas très normales activités et Mon roi), mais une jeune réalisatrice qui décide d’écrire et de réaliser un film qui serait le prequel de ses activités youtubesques. Faire se rejoindre petit et grand écran,réaliser un grand écart et s’en sortir sans encombre.
Voici donc Ina Mihalache, plus connue sous le nom de son personnage web : Solange. Solange donc, qui d’habitude nous parle, décidée à affronter le monde. Car Solange n’a pas le choix : malgré l’amour inconditionnel qu’elle porte à sa solitude, elle est frappée d’un mal étrange : dès qu’elle se retrouve seule, elle s’évanouit.
Pour entourer Ina Mihalache dans cette aventure, n’interviennent que des acteurs non professionnels. Une façon de faire interagir le monde fantasmé de Solange et ces fameux « vivants » donc, ces gens qui vivent en dehors de leur appartement, qui se parlent entre eux, bref, qui ont un existence sociale plus riche qu’elle. Les plus aguerris reconnaitrons Charline Vanhoenacker, humoriste et animatrice sur France Inter ou encore le journaliste Pierre Siankowski.

Pour lutter contre sa maladie – ô combien contemporaine- Solange va devoir se frotter au monde extérieur, se confronter à l’autrui qui la terrorise tant. A raison ? Pas vraiment. Ils ne sont pas nombreux à vouloir du mal à Solange, ce serait même l’inverse. De sa voisine à son propriétaire, d’un livreur à son ex petit-ami, toute une population veut prêter main forte à la belle endormie – pardon, évanouie. En résulte un genre de scrapbook émotionnel, un film à sketches aussi contemporain qu’inattendu. La douceur du propos infuse le montage, porté par la musique de David Sztanke, qui a notamment œuvré pour de Quentin Dupieux et Mickael Hers. La durée très courte ne ment pas : le scénario tient sur 4 pages, d’après son auteur. Mais c’est plutôt un univers qu’une dramaturgie que l’on vient chercher lorsqu’on frappe à la porte de Solange .

Trop parisiano-bobo, ce film de poche en appartement ? Pas vraiment. Disons que pour apprécier ce métrage, il faut être sensible à ces artisans de l’observation du minuscule au quotidien que sont devenus les Youtubeurs. Il est vrai que le phrasé si particulier que prend Ina Mihalache pour interpréter son personnage de Solange peut attendrir tout autant qu’agacer. Le meilleur test reste encore de regarder une de ses vidéos. Solange s’attaque à notre monde avec ses armes et en tire à chaque fois une expérience unique, à la fois personnelle et universelle. C’est peut-être son ton, sa sensibilité exacerbée ou sa sincérité qui font d’elle cet être si attachant. Atta-chiant, diront certains. Ce film, qui raconte son parcours, le chemin d’une solitude pathologique à une reconnaissance de bande passante, ressemble à ses vidéos. Le ton unique de Solange, qui a fait son succès sur le net, y est distillé généreusement.
Fait suffisamment rare pour être signalé, le film bénéficie d’une sortie salle grâce à ses fans. Nul doute que Solange et les vivants, délicieux patchwork émotionnel, saura les ravir. Pour les autres, haters gonna hate.

Judith Godinot (aVoiraLire.com)

Soirée rencontre
jeudi 30 juin 2016 à 20h15

En présence de Ina Mihalache, réalisatrice et Olivier Brunet, monteur.

Séance organisée en collaboration avec Cinéma Parlant


SOLANGE ET LES VIVANTS

de Ina Mihalache

avec Ina Mihalache, Pierre Siankowski, Francis Van Litsenborgh
France - 2015 - 1h07

Un jour que Solange est à étudier les moutons de poussières de son appartement, on sonne. Un livreur prétend détenir un colis à son attention. Pourtant Solange est formelle : c’est impossible. Le malentendu s’intensifiant, Solange s’écroule. Lorsqu’un médecin suggère que quelqu'un veille sur elle pour la nuit, son propriétaire se dévoue. Mais rappelé à ses activités, il décide de recruter un nouveau veilleur... Une véritable chaîne humaine va alors se mettre en place pour ne plus laisser Solange à son isolement, car il semble bien que cette thérapie relationnelle lui soit bénéfique…

https://fr.ulule.com/solangelefilm/

A PROPOS

De mémoire twittosphérique, on n’avait jamais vu ça. Non pas une célébrité de Youtube qui apparaît sur nos grands écrans de cinéma (il y a eu Norman Thavaud dans Pas très normales activités et Mon roi), mais une jeune réalisatrice qui décide d’écrire et de réaliser un film qui serait le prequel de ses activités youtubesques. Faire se rejoindre petit et grand écran,réaliser un grand écart et s’en sortir sans encombre.
Voici donc Ina Mihalache, plus connue sous le nom de son personnage web : Solange. Solange donc, qui d’habitude nous parle, décidée à affronter le monde. Car Solange n’a pas le choix : malgré l’amour inconditionnel qu’elle porte à sa solitude, elle est frappée d’un mal étrange : dès qu’elle se retrouve seule, elle s’évanouit.
Pour entourer Ina Mihalache dans cette aventure, n’interviennent que des acteurs non professionnels. Une façon de faire interagir le monde fantasmé de Solange et ces fameux « vivants » donc, ces gens qui vivent en dehors de leur appartement, qui se parlent entre eux, bref, qui ont un existence sociale plus riche qu’elle. Les plus aguerris reconnaitrons Charline Vanhoenacker, humoriste et animatrice sur France Inter ou encore le journaliste Pierre Siankowski.

Pour lutter contre sa maladie – ô combien contemporaine- Solange va devoir se frotter au monde extérieur, se confronter à l’autrui qui la terrorise tant. A raison ? Pas vraiment. Ils ne sont pas nombreux à vouloir du mal à Solange, ce serait même l’inverse. De sa voisine à son propriétaire, d’un livreur à son ex petit-ami, toute une population veut prêter main forte à la belle endormie – pardon, évanouie. En résulte un genre de scrapbook émotionnel, un film à sketches aussi contemporain qu’inattendu. La douceur du propos infuse le montage, porté par la musique de David Sztanke, qui a notamment œuvré pour de Quentin Dupieux et Mickael Hers. La durée très courte ne ment pas : le scénario tient sur 4 pages, d’après son auteur. Mais c’est plutôt un univers qu’une dramaturgie que l’on vient chercher lorsqu’on frappe à la porte de Solange .

Trop parisiano-bobo, ce film de poche en appartement ? Pas vraiment. Disons que pour apprécier ce métrage, il faut être sensible à ces artisans de l’observation du minuscule au quotidien que sont devenus les Youtubeurs. Il est vrai que le phrasé si particulier que prend Ina Mihalache pour interpréter son personnage de Solange peut attendrir tout autant qu’agacer. Le meilleur test reste encore de regarder une de ses vidéos. Solange s’attaque à notre monde avec ses armes et en tire à chaque fois une expérience unique, à la fois personnelle et universelle. C’est peut-être son ton, sa sensibilité exacerbée ou sa sincérité qui font d’elle cet être si attachant. Atta-chiant, diront certains. Ce film, qui raconte son parcours, le chemin d’une solitude pathologique à une reconnaissance de bande passante, ressemble à ses vidéos. Le ton unique de Solange, qui a fait son succès sur le net, y est distillé généreusement.
Fait suffisamment rare pour être signalé, le film bénéficie d’une sortie salle grâce à ses fans. Nul doute que Solange et les vivants, délicieux patchwork émotionnel, saura les ravir. Pour les autres, haters gonna hate.

Judith Godinot (aVoiraLire.com)