ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

VAMPIRE HUMANISTE CHERCHE SUICIDAIRE CONSENTANT - Carte blanche aux Ambassadeurs - 2026-06-19

Carte blanche aux Ambassadeurs - vendredi 19 juin à 22h00

VAMPIRE HUMANISTE CHERCHE SUICIDAIRE CONSENTANT de Ariane Louis-Seize

AU BORD DU MONDE - Soirée rencontre - 2026-06-23

Soirée rencontre - mardi 23 juin à 20h00

AU BORD DU MONDE de Guérin van de Vorst & Sophie Muselle

LES CAPRICES DE L'ENFANT ROI - Cap ciné - 2026-06-26

Cap ciné - vendredi 26 juin à 14h00

LES CAPRICES DE L'ENFANT ROI de Michel Leclerc

LES CAPRICES DE L'ENFANT ROI - Cap ciné - 2026-06-26

Cap ciné - vendredi 26 juin à 20h30

LES CAPRICES DE L'ENFANT ROI de Michel Leclerc

THE WORLD OF LOVE - Soirée rencontre - 2026-06-29

Soirée rencontre - lundi 29 juin à 20h00

THE WORLD OF LOVE de Ga Eun Yoon

VINCENT, FRANÇOIS, PAUL ET LES AUTRES - Dans le rétro - 2026-07-02

Dans le rétro - jeudi 02 juillet à 16h00

VINCENT, FRANÇOIS, PAUL ET LES AUTRES de Claude Sautet

UN MAUVAIS FILS - Dans le rétro - 2026-07-09

Dans le rétro - jeudi 09 juillet à 16h00

UN MAUVAIS FILS de Claude Sautet

EAGLE VS SHARK - Taika Waititi

A PROPOS

Présenté en avant-première au Festival américain de Sundance en juin 2007, mais également élaboré dans les ateliers mis à disposition des cinéastes débutants par l’institut de Robert Redford, Eagle vs Shark peine tout d’abord à s’affranchir de l’influence des parangons du genre, à savoir Wes Anderson (Rushmore, La famille Tenenbaum) ou encore Jared Hess (Napoleon Dynamite, l’œuvre matrice semble-t-il). Fixité des cadres et compositions maniaques, bande originale pop et néo-baroque, atmosphère cotonneuse, sublimation du kitsch, placidité des personnages : on retrouve chez Taika Waititi la plupart des stigmates de la comédie dépressive moderne. Faussaire intelligent certes, mais pas toujours d’une subtilité folle, Waititi va également puiser quelques thèmes chez ses confrères : l’incapacité pathologique des personnages principaux à enterrer partiellement une enfance traumatisée, l’éclatement des structures familiales en guise d’étouffoir social et, par-dessus tout, une galerie de protagonistes inaptes à toute forme de communication. Jusque dans ses idées originales, le scénario peine à évacuer totalement la caricature.
On pense notamment à cette scène pivot qui voit Lily gagner le respect de Jarrod au cours d’une compétition de jeux vidéo. Au fait de la vague rétro gaming qui sévissait déjà en 2007, Waititi choisit évidemment un jeu de baston 2D (du reste fictionnel) pour ajouter une caution geek au cliché déjà bien appuyé du trentenaire marginal, avec T-shirt à message et cordon ombilical apparent.
C’est en fait dans ses dérapages que le film s’épanouit, lorsqu’un humour gratuit et rugueux se fait jour (le meurtre absurde d’une mouette, la bastonnade d’une ancienne brute de maternelle devenue paraplégique) ou lorsque une mise en scène enfin ingénieuse utilise le hors-champ pour amener un contre-pied bienvenu (on pense par exemple au gag du frère de Lily, présent tout au long d’une scène de dialogue intime entre les deux amants mais n’apparaissant qu’au tout dernier moment, alors que sa sœur l’interroge inopinément).
Il nous faut également saluer la performance de Jemaine Clement, bonne moitié du duo de Flight of the conchords, jouissif dans son interprétation de mythomane infantile et passé maître dans l’art d’embarrasser profondément le spectateur. La mise en orbite du film correspond de fait à la focalisation tardive du récit sur son personnage, infiniment plus consistant que Lily, bouc-émissaire de l’existence dont la transparence squattait jusqu’ici vainement l’écran (de façon totalement logique bien entendu). On vous recommande donc Eagle vs shark pour sa véritable richesse : le portrait que dresse Clement d’un grand gamin déviant, dont les lamentables bravades (entrainement de fake-fu dans les vagues, démonstration de rebonds sur la table basse, chronométrage de l’installation d’une tente) tutoient le génie dans leur indépassable alliance d’une estime de soi stratosphérique et d’un pathétique abyssal. Bon, d’accord, il y a aussi une poursuite de sacs de couchage en stop motion qui vaut le détour.
François Blet (avoiralire.com)

Séance spéciale / Fête du cinéma
mardi 30 juin à 20h00

Séance unique du 1er film de Taika Waititi, l'auteur de Jojo Rabbit et Vampires en toute intimité

Tarif Fête du cinéma 5€ la place


EAGLE VS SHARK

de Taika Waititi

avec Jemaine Clement, Loren Horsley, Taika Waititi
Nouvelle-Zélande - 2007 - 1h33 - VOST

À Wellington, Lily caissière timide dans un fast-food, tombe sous le charme de Jarrod, un client régulier un peu renfermé, vendeur dans un magasin vidéoclub. Leur rencontre, aussi maladroite que touchante, donne naissance à une romance improbable entre deux jeunes adultes en marge. Mais cette romance est menacée lorsque Jarrod, hanté par le harcèlement qu’il a subi enfant, se lance dans une vengeance qui va tout faire basculer.

A PROPOS

Présenté en avant-première au Festival américain de Sundance en juin 2007, mais également élaboré dans les ateliers mis à disposition des cinéastes débutants par l’institut de Robert Redford, Eagle vs Shark peine tout d’abord à s’affranchir de l’influence des parangons du genre, à savoir Wes Anderson (Rushmore, La famille Tenenbaum) ou encore Jared Hess (Napoleon Dynamite, l’œuvre matrice semble-t-il). Fixité des cadres et compositions maniaques, bande originale pop et néo-baroque, atmosphère cotonneuse, sublimation du kitsch, placidité des personnages : on retrouve chez Taika Waititi la plupart des stigmates de la comédie dépressive moderne. Faussaire intelligent certes, mais pas toujours d’une subtilité folle, Waititi va également puiser quelques thèmes chez ses confrères : l’incapacité pathologique des personnages principaux à enterrer partiellement une enfance traumatisée, l’éclatement des structures familiales en guise d’étouffoir social et, par-dessus tout, une galerie de protagonistes inaptes à toute forme de communication. Jusque dans ses idées originales, le scénario peine à évacuer totalement la caricature.
On pense notamment à cette scène pivot qui voit Lily gagner le respect de Jarrod au cours d’une compétition de jeux vidéo. Au fait de la vague rétro gaming qui sévissait déjà en 2007, Waititi choisit évidemment un jeu de baston 2D (du reste fictionnel) pour ajouter une caution geek au cliché déjà bien appuyé du trentenaire marginal, avec T-shirt à message et cordon ombilical apparent.
C’est en fait dans ses dérapages que le film s’épanouit, lorsqu’un humour gratuit et rugueux se fait jour (le meurtre absurde d’une mouette, la bastonnade d’une ancienne brute de maternelle devenue paraplégique) ou lorsque une mise en scène enfin ingénieuse utilise le hors-champ pour amener un contre-pied bienvenu (on pense par exemple au gag du frère de Lily, présent tout au long d’une scène de dialogue intime entre les deux amants mais n’apparaissant qu’au tout dernier moment, alors que sa sœur l’interroge inopinément).
Il nous faut également saluer la performance de Jemaine Clement, bonne moitié du duo de Flight of the conchords, jouissif dans son interprétation de mythomane infantile et passé maître dans l’art d’embarrasser profondément le spectateur. La mise en orbite du film correspond de fait à la focalisation tardive du récit sur son personnage, infiniment plus consistant que Lily, bouc-émissaire de l’existence dont la transparence squattait jusqu’ici vainement l’écran (de façon totalement logique bien entendu). On vous recommande donc Eagle vs shark pour sa véritable richesse : le portrait que dresse Clement d’un grand gamin déviant, dont les lamentables bravades (entrainement de fake-fu dans les vagues, démonstration de rebonds sur la table basse, chronométrage de l’installation d’une tente) tutoient le génie dans leur indépassable alliance d’une estime de soi stratosphérique et d’un pathétique abyssal. Bon, d’accord, il y a aussi une poursuite de sacs de couchage en stop motion qui vaut le détour.
François Blet (avoiralire.com)