ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

A PROPOS
« Vampire humaniste cherche suicidaire consentante » : l’anti-« Twilight » d’une réalisatrice prometteuse
Le génie du titre. Pour son premier film, la Québécoise Ariane Louis-Seize – royal patronyme et renommée pour ses courts-métrages – conte l’histoire de Sasha, jeune héritière d’une lignée un rien envahissante de suceurs de sang qui rechigne à se nourrir d’hémoglobine. Bien évidemment, les siens s’inquiètent de cet humanisme douteux et de son empathie pour les humains. Paul, garçon taciturne et tête de Turc de ses camarades, ne rêvant que de trépas, offre son cou à sa jolie camarade. Belle promesse romantique non dépourvue de conséquences pour une comédie à laquelle on décerne sans conteste le trophée du titre de l’année.
Un penchant pour Jim Jarmusch. Dans son premier film, un anti-« Twilight », la cinéaste – qui s’est inspirée des « Prédateurs », de Tony Scott, et d’« Only Lovers Left Alive », de Jim Jarmusch – revisite le mythe des goules avec un humour à froid nullement parodique et une mélancolie jamais appuyée. Entre-deux risqué mais pari remporté haut la main. Grâce à des dialogues joliment littéraires et décalés, la réalisatrice saisit avec poésie le malaise de ces ados poussés par les autres à l’effacement. Et signe une sorte de balade revancharde des humiliés, ponctuée de savoureuses digressions saugrenues comme un ventre gargouillant en plein échange amoureux. Normal, l’appétit vient en mordant.
Un style fou. Ce qui séduit chez Ariane Louis-Seize, c’est la beauté d’une mise en scène qui, entre une photographie nocturne et étrange tout en clair-obscur ou néons envoûtants et un travail élaboré sur le cadre, se fait le reflet des emprises subies par son dissonant duo amoureux. Sa manière de jouer des ruptures et de prendre son temps, tout en ménageant quelques malicieux coups d’accélérateur dans le récit, atteste une maîtrise déjà joliment affirmée. Que seconde une épatante direction d’acteurs et surtout la découverte de la jeune Sarah Montpetit, aussi émouvante qu’inquiétante dans le rôle principal.
Xavier Leherpeur (nouvelobs.com)
Carte blanche aux Ambassadeurs
vendredi 19 juin
à 22h00
Soirée ouverte à tous présentée par les ambassadeurs du cinéma d'Angers
Séance organisée en collaboration avec Cinéma Parlant
VAMPIRE HUMANISTE CHERCHE SUICIDAIRE CONSENTANT
de Ariane Louis-Seize
avec Sara Montpetit, Félix-Antoine Bénard, Steve Laplante
Canada - 2023 - 1h30
Sasha est une jeune vampire avec un grave problème : elle est trop humaniste pour mordre ! Lorsque ses parents, exaspérés, décident de lui couper les vivres, sa survie est menacée. Heureusement pour elle, Sasha fait la rencontre de Paul, un adolescent solitaire aux comportements suicidaires qui consent à lui offrir sa vie. Ce qui devait être un échange de bons procédés se transforme alors en épopée nocturne durant laquelle les deux nouveaux amis chercheront à réaliser les dernières volontés de Paul avant le lever du soleil.
A PROPOS
« Vampire humaniste cherche suicidaire consentante » : l’anti-« Twilight » d’une réalisatrice prometteuse
Le génie du titre. Pour son premier film, la Québécoise Ariane Louis-Seize – royal patronyme et renommée pour ses courts-métrages – conte l’histoire de Sasha, jeune héritière d’une lignée un rien envahissante de suceurs de sang qui rechigne à se nourrir d’hémoglobine. Bien évidemment, les siens s’inquiètent de cet humanisme douteux et de son empathie pour les humains. Paul, garçon taciturne et tête de Turc de ses camarades, ne rêvant que de trépas, offre son cou à sa jolie camarade. Belle promesse romantique non dépourvue de conséquences pour une comédie à laquelle on décerne sans conteste le trophée du titre de l’année.
Un penchant pour Jim Jarmusch. Dans son premier film, un anti-« Twilight », la cinéaste – qui s’est inspirée des « Prédateurs », de Tony Scott, et d’« Only Lovers Left Alive », de Jim Jarmusch – revisite le mythe des goules avec un humour à froid nullement parodique et une mélancolie jamais appuyée. Entre-deux risqué mais pari remporté haut la main. Grâce à des dialogues joliment littéraires et décalés, la réalisatrice saisit avec poésie le malaise de ces ados poussés par les autres à l’effacement. Et signe une sorte de balade revancharde des humiliés, ponctuée de savoureuses digressions saugrenues comme un ventre gargouillant en plein échange amoureux. Normal, l’appétit vient en mordant.
Un style fou. Ce qui séduit chez Ariane Louis-Seize, c’est la beauté d’une mise en scène qui, entre une photographie nocturne et étrange tout en clair-obscur ou néons envoûtants et un travail élaboré sur le cadre, se fait le reflet des emprises subies par son dissonant duo amoureux. Sa manière de jouer des ruptures et de prendre son temps, tout en ménageant quelques malicieux coups d’accélérateur dans le récit, atteste une maîtrise déjà joliment affirmée. Que seconde une épatante direction d’acteurs et surtout la découverte de la jeune Sarah Montpetit, aussi émouvante qu’inquiétante dans le rôle principal.
Xavier Leherpeur (nouvelobs.com)

