ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

A PROPOS
Ce film pour enfants (dès six ans) et éternels enfants est le plus beau cadeau de fêtes. Le tableau marque un aboutissement dans l’œuvre encore trop méconnue de Jean-François Laguionie. Ce disciple de Paul Grimault avait repris l’atelier du maître de l’animation française dans les années 70 avant de fonder son propre studio, la Fabrique, et de réaliser des courts et longs métrages (Gwen, le livre de sable) que seul Michel Ocelot réussira à égaler en France. Pour la première fois, Laguionie travaille sur un scénario qui n’est pas de lui tout en étant proche de son univers : le récit d’Anick Le Rayn, merveille de mise en abyme narrative, surfe sur plusieurs niveaux, entre le film d’aventures (la traversée de la forêt), l’œuvre picturale (les ondulations des gondoles vénitiennes, les hommages aux grands peintres), la romance sentimentale (les amours interdites entre Claire et Ramo), et le conte fantastique (l’auto-création des personnages), quand ces différentes composantes ne sont pas croisées (la danse macabre des masqués, les menaces carnivores des Fleurs de la Mort). La référence à Grimault et Prévert est manifeste (les petits soldats, le royaume gouverné par un tyran, à l’instar de celui dépeint dans Le roi et l’oiseau) mais il est permis de penser que Laguionie n’a pas pu rester insensible au graphisme et à la thématique élaborés dans Le château ambulant et autres bijoux de Hayao Miyazaki. Et le cinéaste semble inspiré de la même veine humaniste que Michel Ocelot à travers cette ode à la tolérance, le dédain des Toupins faisant écho aux distinctions de classe et les déplacements entre les différents tableaux pouvant se percevoir comme une défense de la liberté de mouvement et de migration spatiale. Sur le plan esthétique, le film est un enchantement, ne serait-ce que par les multiples clins d’œil picturaux et architecturaux : Matisse pour les compositions (la toile de Garance), Bonnard pour la palette, Gaudi pour les décors. Et après Les contes de la nuit, il nous est proposé une autre utilisation pertinente de la 3D en animation : alternant images de synthèse et prises de vue réelles, Laguionie se surpasse pour les décors, comme celui du peintre, chaque objet (du piano au pinceau) étant modélisé, d’où une multiplicité des prises de vue. Quant au dénouement, que nous ne dévoilerons pas, il procure les mêmes sensations jubilatoires et vertigineuses que celles suscitées naguère aux génériques de fin de La rose pourpre du Caire ou Mulholland Drive. Rien que ça…
Gérard Crespo (Avoiralire)
Soirée Rencontre
jeudi 16 avril
à 20h00
en présence de jeunes volontaires d’Unis-Cité, dans le cadre du Festival de l’Estime de Soi
à partir de 6 ans
Séance organisée en collaboration avec le réseau des Promeneurs du Net et les Francas
LE TABLEAU
de Jean-François Laguionie
Film d'animation
France - 2011 - 1h16
Un château, des jardins fleuris, une forêt menaçante, voilà ce qu'un Peintre, pour des raisons mystérieuses, a laissé inachevé.
Dans ce tableau vivent trois sortes de personnages : les Toupins qui sont entièrement peints, les Pafinis auxquels il manque quelques couleurs et les reufs qui ne sont que des esquisses.
S'estimant supérieurs, les Toupins prennent le pouvoir, chassent les Pafinis du château et asservissent les reufs. Persuadés que seul le Peintre peut ramener l'harmonie en finissant le tableau, Ramo, Lola et Plume décident de partir à sa recherche. Au fil de l'aventure, les questions vont se succéder : qu'est devenu le Peintre ? Pourquoi les a t-il abandonnés ? Pourquoi a-t-il commencé à détruire certaines de ses toiles ! Connaitront-ils un jour le secret du Peintre ?
https://www.gebekafilms.com/fiches-films/le-tableau/
A PROPOS
Ce film pour enfants (dès six ans) et éternels enfants est le plus beau cadeau de fêtes. Le tableau marque un aboutissement dans l’œuvre encore trop méconnue de Jean-François Laguionie. Ce disciple de Paul Grimault avait repris l’atelier du maître de l’animation française dans les années 70 avant de fonder son propre studio, la Fabrique, et de réaliser des courts et longs métrages (Gwen, le livre de sable) que seul Michel Ocelot réussira à égaler en France. Pour la première fois, Laguionie travaille sur un scénario qui n’est pas de lui tout en étant proche de son univers : le récit d’Anick Le Rayn, merveille de mise en abyme narrative, surfe sur plusieurs niveaux, entre le film d’aventures (la traversée de la forêt), l’œuvre picturale (les ondulations des gondoles vénitiennes, les hommages aux grands peintres), la romance sentimentale (les amours interdites entre Claire et Ramo), et le conte fantastique (l’auto-création des personnages), quand ces différentes composantes ne sont pas croisées (la danse macabre des masqués, les menaces carnivores des Fleurs de la Mort). La référence à Grimault et Prévert est manifeste (les petits soldats, le royaume gouverné par un tyran, à l’instar de celui dépeint dans Le roi et l’oiseau) mais il est permis de penser que Laguionie n’a pas pu rester insensible au graphisme et à la thématique élaborés dans Le château ambulant et autres bijoux de Hayao Miyazaki. Et le cinéaste semble inspiré de la même veine humaniste que Michel Ocelot à travers cette ode à la tolérance, le dédain des Toupins faisant écho aux distinctions de classe et les déplacements entre les différents tableaux pouvant se percevoir comme une défense de la liberté de mouvement et de migration spatiale. Sur le plan esthétique, le film est un enchantement, ne serait-ce que par les multiples clins d’œil picturaux et architecturaux : Matisse pour les compositions (la toile de Garance), Bonnard pour la palette, Gaudi pour les décors. Et après Les contes de la nuit, il nous est proposé une autre utilisation pertinente de la 3D en animation : alternant images de synthèse et prises de vue réelles, Laguionie se surpasse pour les décors, comme celui du peintre, chaque objet (du piano au pinceau) étant modélisé, d’où une multiplicité des prises de vue. Quant au dénouement, que nous ne dévoilerons pas, il procure les mêmes sensations jubilatoires et vertigineuses que celles suscitées naguère aux génériques de fin de La rose pourpre du Caire ou Mulholland Drive. Rien que ça…
Gérard Crespo (Avoiralire)

