ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

LA DERNIÈRE PATIENTE - Soirée rencontre - 2026-09-07

Soirée rencontre - lundi 07 septembre à 20h00

LA DERNIÈRE PATIENTE de Rémi Bassaler

L’ÉCHELLE DE JACOB - Plans Cultes - 2026-09-15

Plans Cultes - mardi 15 septembre à 20h00

L’ÉCHELLE DE JACOB de Adrian Lyne

LA VIE D'UNE FEMME - Cap ciné - 2026-09-18

Cap ciné - vendredi 18 septembre à 20h15

LA VIE D'UNE FEMME de Charline Bourgeois-Tacquet

LA VIE D'UNE FEMME - Cap ciné - 2026-09-18

Cap ciné - vendredi 18 septembre à 14h00

LA VIE D'UNE FEMME de Charline Bourgeois-Tacquet

LE CHATEAU DANS LE CIEL - Ciné Manga - 2026-09-22

Ciné Manga - mardi 22 septembre à 20h00

LE CHATEAU DANS LE CIEL de Hayao Miyazaki

SCOTT PILGRIM - Plans Cultes - 2026-10-06

Plans Cultes - mardi 06 octobre à 20h00

SCOTT PILGRIM de Edgar Wright

28 JOURS PLUS TARD - Plans Cultes - 2026-10-31

Plans Cultes - samedi 31 octobre à 20h00

28 JOURS PLUS TARD de Danny Boyle

28 SEMAINES PLUS TARD de Juan Carlos Fresnadillo

KILL BILL : THE WHOLE BLOODY AFFAIR - Plans Cultes - 2026-11-17

Plans Cultes - mardi 17 novembre à 19h00

KILL BILL : THE WHOLE BLOODY AFFAIR de Quentin Tarantino

SHAOLIN SOCCER - Plans Cultes - 2026-12-15

Plans Cultes - mardi 15 décembre à 19h30

SHAOLIN SOCCER de Stephen Chow

CRAZY KUNG-FU de Stephen Chow

VOL AU-DESSUS D'UN NID DE COUCOU - Plans Cultes - 2027-01-12

Plans Cultes - mardi 12 janvier à 20h00

VOL AU-DESSUS D'UN NID DE COUCOU de Milos Forman

COUP DE FOUDRE A NOTTING HILL - Plans Cultes - 2027-02-13

Plans Cultes - samedi 13 février à 20h00

COUP DE FOUDRE A NOTTING HILL de Roger Michell

TRAINSPOTTING - Plans Cultes - 2027-03-09

Plans Cultes - mardi 09 mars à 20h00

TRAINSPOTTING de Danny Boyle

T2 TRAINSPOTTING de Danny Boyle

MATRIX - Plans Cultes - 2027-04-06

Plans Cultes - mardi 06 avril à 20h00

MATRIX de Lana & Lilly Wachowski

MATRIX RELOADED - Plans Cultes - 2027-04-13

Plans Cultes - mardi 13 avril à 20h00

MATRIX RELOADED de Lana & Lilly Wachowski

MATRIX REVOLUTIONS - Plans Cultes - 2027-04-20

Plans Cultes - mardi 20 avril à 20h00

MATRIX REVOLUTIONS de Lana & Lilly Wachowski

LA CITÉ DE DIEU - Plans Cultes - 2027-05-04

Plans Cultes - mardi 04 mai à 20h00

LA CITÉ DE DIEU de Fernando Meirelles & Kátia Lund

THELMA ET LOUISE - Plans Cultes - 2027-06-01

Plans Cultes - mardi 01 juin à 20h00

THELMA ET LOUISE de Ridley Scott

NOÉMIE DIT OUI - Geneviève Albert

A PROPOS

Avant de dire « oui », Noémie exprime une colère salvatrice contre le système, manifestant physiquement des accès de violence incontrôlés. Cette adolescente de 15 ans, au look de punkette arborant le tee-shirt du groupe (fictif?) The dolorean devils, déborde d’une énergie qu’elle n’arrive pas à canaliser. Instable et impétueuse, elle vit temporairement dans un centre jeunesse depuis trois ans. Son seul souhait est de revenir auprès de sa mère qui, lors d’une audience, exprime son incapacité à recueillir sa fille. En cinq minutes, la jeune réalisatrice Geneviève Albert expose une situation terrible, celle d’un échec familial, d’un abandon systémique d’une jeune mère incapable d’assumer l’éducation de sa fille. Ce déterminisme social va entrainer de lourdes conséquences. Dans l’impossibilité d’admettre ce refus, la seule issue pour Noémie est de fuguer. Elle rejoint son amie Léa, une ancienne du centre, entourée d’une bande de petits délinquants. Noémie rencontre un jeune gars sympathique de prime abord, Zach, qui s’avère être en réalité un proxénète. Manipulateur, jouant sur des sentiments amoureux factices, il l’incite – de manière très habile – à se prostituer. Récalcitrante au début, elle va finir par accepter. Résultat : Noémie dit oui.
Tout le début, traité dans un style naturaliste percutant, caméra à l’épaule, dynamisée par un montage à vif, d’une saine agressivité, ravive les souvenirs des premiers et meilleurs films des frères Dardenne. Noémie est une Rosetta à fleur de peau qui a davantage besoin des autres pour vivre. Geneviève Albert ne la lâche pas d’un plan, collée à ce corps frêle et électrique. Un sentiment d’urgence, caractérisé par sa tonicité, se dégage d’un film qui embarque le spectateur dans une sorte de teen-movie très cru, traversé par une possible lumière. Pourtant, il ne s’agit que d’une impression, d’un trompe-l’œil savamment mis en place par la jeune cinéaste, également scénariste, pour mieux nous enfermer dans un univers sordide. Noémie, aspirée par un environnement toxique créant une dépendance affective, se retrouve escorte, attirée au départ par l’argent facile et surtout la promesse de jours meilleurs. La chronique sociale, saupoudrée d’étude psychologique, se transforme sous nos yeux horrifiés en une descente aux enfers éprouvante, réponse bien sentie au pénible film de François Ozon, Jeune et jolie, qui par provocation ou inconscience, enjolivait un sujet similaire.
Le récit, oppressant jusqu’à l’écœurement,  ne laisse aucune échappatoire, si ce n’est dans son épilogue ouvert, porteur d’espoir. Dans un décor blafard d’un hôtel déshumanisé, pendant un grand prix de Formule 1, les clients défilent les uns après les autres dans la chambre de Noémie, sans se poser de question, ni sur son âge ni sur ses motivations. Par un carton, ils sont numérotés avant chacune de leur arrivée. Ce sont des hommes ordinaires qui ont troqué leur conscience pour quelques minutes de plaisir à sens unique. Les choix de mise en scène, structurés autour de la répétition, confrontent le spectateur aux insoutenables scènes de prostitution qui n’ont pas besoin d’être explicites. Il est évident que la réalisatrice s’est posée une vraie question de cinéma sur la représentation : comment filmer le plus objectivement possible des scènes de sexe non consenties sans verser dans une imagerie racoleuse ? La nudité quasi hors champs alterne avec des plans très composés, légèrement décadrés, ne dévoilant à l’écran qu’une partie des corps, véritables motifs visuels qui créent un sentiment d’immersion malaisant délestée de tout voyeurisme. Geneviève Albert adopte dès lors un style résolument clinique, austère et effrayant, rappelant su un strict plan formel, le cinéma rare de Lodge Kerrigan, et notamment le magnifique Claire Dolan.  Le réquisitoire est implacable. Noémie dit oui révèle l’enjeu véritable, celui d’une dénonciation sans appel, dénuée d’ambiguïté, de la marchandisation des corps, du consentement imposé par un système patriarcal qui n’a toujours pas remis en cause ce que certains nomment encore le plus vieux métier du monde.
Par son dispositif itératif enchainant à un rythme nauséeux les séquences très glauques, Noémie dit oui s’avère parfois inutilement démonstratif dans son traitement discursif univoque, là où certaines images se suffisent à elles-mêmes. Il s’agit d’un film à charge contre la prostitution, motivé par la hargne d’une réalisatrice engagée, posant un regard très pertinent sur un fléau qui ravage beaucoup de jeunes femmes (mineures) à qui l’on vole leur jeunesse, et parfois leur vie. Une œuvre forte et indispensable, remarquablement interprétée par Kelly Depeault, qui parvient à faire passer toute l’ambivalence d’un personnage à la fois déterminée et fragile, butée et influençable, mais qui reste d’une grande vulnérabilité physique et psychique. Autour d’elle, tous les autres comédiens apportent une authenticité qui n’est pas étrangère à l’éclatante réussite de ce premier long métrage québécois radical et révolté.
Emmanuel Le Gagne (culturopoing.com)

Soirée Rencontre
jeudi 27 mars 2025 à 20h00

En présence de Zohra Gacemi, déléguée départementale du Mouvement du Nid et du Professeur Philippe Duverger, pédo-psychiatre responsable de l’unité de pédo-psychiatrie CHU Angers.

Soirée organisée en collaboration avec le CHU d’ANGERS et le Mouvement du Nid et le soutien de la préfecture de Maine-et-Loire et de la délégation régionale aux droits des femmes et à l'égalité


NOÉMIE DIT OUI

de Geneviève Albert

Avec Kelly Depeault, Denis Larocque, Jeff Lemay
CANADA - 2022 - 1h53 - Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Noémie, une adolescente impétueuse de 15 ans, vit dans un centre jeunesse depuis trois ans. Lorsqu’elle perd tout espoir d’être reprise par sa mère, Noémie fugue du centre en quête de repères et de liberté. Elle va rejoindre son amie Léa, une ancienne du centre, qui l’introduit dans une bande de délinquants. Bientôt, elle tombe amoureuse du flamboyant Zach qui s’avère être un proxénète. Fin stratège aux sentiments amoureux ambigus, Zach incite Noémie à se prostituer. Récalcitrante au départ, Noémie dit oui.
https://www.waynapitch.com/noemie-dit-oui

A PROPOS

Avant de dire « oui », Noémie exprime une colère salvatrice contre le système, manifestant physiquement des accès de violence incontrôlés. Cette adolescente de 15 ans, au look de punkette arborant le tee-shirt du groupe (fictif?) The dolorean devils, déborde d’une énergie qu’elle n’arrive pas à canaliser. Instable et impétueuse, elle vit temporairement dans un centre jeunesse depuis trois ans. Son seul souhait est de revenir auprès de sa mère qui, lors d’une audience, exprime son incapacité à recueillir sa fille. En cinq minutes, la jeune réalisatrice Geneviève Albert expose une situation terrible, celle d’un échec familial, d’un abandon systémique d’une jeune mère incapable d’assumer l’éducation de sa fille. Ce déterminisme social va entrainer de lourdes conséquences. Dans l’impossibilité d’admettre ce refus, la seule issue pour Noémie est de fuguer. Elle rejoint son amie Léa, une ancienne du centre, entourée d’une bande de petits délinquants. Noémie rencontre un jeune gars sympathique de prime abord, Zach, qui s’avère être en réalité un proxénète. Manipulateur, jouant sur des sentiments amoureux factices, il l’incite – de manière très habile – à se prostituer. Récalcitrante au début, elle va finir par accepter. Résultat : Noémie dit oui.
Tout le début, traité dans un style naturaliste percutant, caméra à l’épaule, dynamisée par un montage à vif, d’une saine agressivité, ravive les souvenirs des premiers et meilleurs films des frères Dardenne. Noémie est une Rosetta à fleur de peau qui a davantage besoin des autres pour vivre. Geneviève Albert ne la lâche pas d’un plan, collée à ce corps frêle et électrique. Un sentiment d’urgence, caractérisé par sa tonicité, se dégage d’un film qui embarque le spectateur dans une sorte de teen-movie très cru, traversé par une possible lumière. Pourtant, il ne s’agit que d’une impression, d’un trompe-l’œil savamment mis en place par la jeune cinéaste, également scénariste, pour mieux nous enfermer dans un univers sordide. Noémie, aspirée par un environnement toxique créant une dépendance affective, se retrouve escorte, attirée au départ par l’argent facile et surtout la promesse de jours meilleurs. La chronique sociale, saupoudrée d’étude psychologique, se transforme sous nos yeux horrifiés en une descente aux enfers éprouvante, réponse bien sentie au pénible film de François Ozon, Jeune et jolie, qui par provocation ou inconscience, enjolivait un sujet similaire.
Le récit, oppressant jusqu’à l’écœurement,  ne laisse aucune échappatoire, si ce n’est dans son épilogue ouvert, porteur d’espoir. Dans un décor blafard d’un hôtel déshumanisé, pendant un grand prix de Formule 1, les clients défilent les uns après les autres dans la chambre de Noémie, sans se poser de question, ni sur son âge ni sur ses motivations. Par un carton, ils sont numérotés avant chacune de leur arrivée. Ce sont des hommes ordinaires qui ont troqué leur conscience pour quelques minutes de plaisir à sens unique. Les choix de mise en scène, structurés autour de la répétition, confrontent le spectateur aux insoutenables scènes de prostitution qui n’ont pas besoin d’être explicites. Il est évident que la réalisatrice s’est posée une vraie question de cinéma sur la représentation : comment filmer le plus objectivement possible des scènes de sexe non consenties sans verser dans une imagerie racoleuse ? La nudité quasi hors champs alterne avec des plans très composés, légèrement décadrés, ne dévoilant à l’écran qu’une partie des corps, véritables motifs visuels qui créent un sentiment d’immersion malaisant délestée de tout voyeurisme. Geneviève Albert adopte dès lors un style résolument clinique, austère et effrayant, rappelant su un strict plan formel, le cinéma rare de Lodge Kerrigan, et notamment le magnifique Claire Dolan.  Le réquisitoire est implacable. Noémie dit oui révèle l’enjeu véritable, celui d’une dénonciation sans appel, dénuée d’ambiguïté, de la marchandisation des corps, du consentement imposé par un système patriarcal qui n’a toujours pas remis en cause ce que certains nomment encore le plus vieux métier du monde.
Par son dispositif itératif enchainant à un rythme nauséeux les séquences très glauques, Noémie dit oui s’avère parfois inutilement démonstratif dans son traitement discursif univoque, là où certaines images se suffisent à elles-mêmes. Il s’agit d’un film à charge contre la prostitution, motivé par la hargne d’une réalisatrice engagée, posant un regard très pertinent sur un fléau qui ravage beaucoup de jeunes femmes (mineures) à qui l’on vole leur jeunesse, et parfois leur vie. Une œuvre forte et indispensable, remarquablement interprétée par Kelly Depeault, qui parvient à faire passer toute l’ambivalence d’un personnage à la fois déterminée et fragile, butée et influençable, mais qui reste d’une grande vulnérabilité physique et psychique. Autour d’elle, tous les autres comédiens apportent une authenticité qui n’est pas étrangère à l’éclatante réussite de ce premier long métrage québécois radical et révolté.
Emmanuel Le Gagne (culturopoing.com)