LA PASSION DE DODIN BOUFFANT - Tran Anh Hung

A PROPOS

Né au Vietnam, Tran Anh Hùng et sa famille ont émigré en France en 1975. Après des études à l’École Louis-Lumière, il a signé un court métrage (La femme mariée de Nam Xuong) remarqué à la Semaine de la Critique 1989. Mais c’est son premier long, L’odeur de la papaye verte (Caméra d’or Cannes 1993), qui lui apporta la notoriété. Le cinéaste a ensuite connu des hauts et des bas, malgré de relatives réussites comme Cyclo (1995). Produit par Olivier Delbosc pour Curiosa Films et France 2 Cinéma, La passion de Dodin Bouffant est librement inspiré d’un ouvrage de Marcel Rouff. Le film évoque le quotidien d’un grand chef (Benoît Magimel), accomplissant son art auprès de sa cuisinière, amie et amante Eugénie (Juliette Binoche). Leur jeunesse est derrière eux, mais les années ont fait d’eux de réels complices. Si le mariage ne les a unis que tardivement, c’est au nom d’un principe d’indépendance longtemps revendiqué par Eugénie, qui pourtant éprouve un attachement sincère envers Dodin. Le récit mêle séquences de préparation de plats élaborés, moments de conversations oscillant entre le marivaudage et expression franche de sentiments, et instants de convivialité partagés avec quatre amis dont un médecin de campagne (Emmanuel Salinger) et un notable apte à détendre l’atmosphère (Patrick d’Assumçao).
Loin de l’esthétique publicitaire d’À la verticale de l’été (Un Certain Regard 2000), le réalisateur réussit un subtil film d’atmosphère impressionniste, que l’on peut relier à tout un courant de cinéma ayant mis en avant les vertus d’un certain artisanat, à l’image d’Un dimanche à la campagne (Tavernier, 1984). Mais le cinéaste ne verse jamais dans l’académisme de certaines commandes du genre biopic, que même Doillon n’avait pas complètement évité avec Rodin. Tr?n Anh Hùng signe un film captivant et en osmose totale avec ses personnages, et l’un des meilleurs sur le thème de la gastronomie, avec une originalité dans la manière de filmer la conception des plats. Concernant les conditions de tournage, il a ainsi déclaré dans le dossier de presse : « C’est très complexe, déjà dans la préparation. Vous devez synchroniser les multiples déplacements des uns et des autres, du piano à l’îlot de lavage, de ce plan de travail à tel autre, imaginer ce que font Violette, Dodin et Pauline pendant qu’Eugénie installe, par exemple, les laitues braisées autour du carré de veau. On sait que durant ce déplacement, elle aura tel ou tel ustensile en mains, que Dodin aura besoin de tel autre... C’est un véritable ballet, une chorégraphie. Et un vrai casse-tête ».
À ce propos, le film égale Le festin de Babette (Axel, 1987), et dépasse des longs métrages ayant abordé ce thème, tels Les délices de Tokyo (Kawase, 2015) ou La saveur des ramen (Khoo, 2018). Les collaborateurs artistiques et techniques contribuent par ailleurs à l’harmonie de l’ensemble, avec le travail du directeur photo Jonathan Ricquebourg ou du monteur Mario Battistel. Il n’est pas superflu d’ajouter que le chef triplement étoilé Pierre Gagnaire, consultant sur le film, n’est pas pour rien dans la réussite d’une œuvre qui devrait ravir le spectateur à la fois cinéphile et gastronome. Quant aux interprètes, ils sont grandioses. Binoche trouve un autre bon rôle de maturité, quand Magimel confirme qu’il se bonifie avec les années, après ses prestations dans De son vivant et Pacifiction.
Gérard Crespo (avoiralire.com)

Soirée rencontre
samedi 28 octobre 2023 à 20h00

En présence de Tran Anh Hung, réalisateur

Séance organisée en collaboration avec l'association Cinéma Parlant


LA PASSION DE DODIN BOUFFANT

de Tran Anh Hung

avec Juliette Binoche, Benoît Magimel, Emmanuel Salinger
FRANCE - 2023 - 2h14 - Prix de la Mise en Scène Cannes 2023

Eugénie, cuisinière hors pair, est depuis 20 ans au service du célèbre gastronome Dodin. Au fil du temps, de la pratique de la gastronomie et de l'admiration réciproque est née une relation amoureuse. De cette union naissent des plats tous plus savoureux et délicats les uns que les autres qui vont jusqu’à émerveiller les plus grands de ce monde. Pourtant, Eugénie, avide de liberté, n’a jamais voulu se marier avec Dodin. Ce dernier décide alors de faire quelque chose qu’il n’a encore jamais fait : cuisiner pour elle.
https://www.gaumont.com/fr/fr/film/la-passion-de-dodin-bouffant

A PROPOS

Né au Vietnam, Tran Anh Hùng et sa famille ont émigré en France en 1975. Après des études à l’École Louis-Lumière, il a signé un court métrage (La femme mariée de Nam Xuong) remarqué à la Semaine de la Critique 1989. Mais c’est son premier long, L’odeur de la papaye verte (Caméra d’or Cannes 1993), qui lui apporta la notoriété. Le cinéaste a ensuite connu des hauts et des bas, malgré de relatives réussites comme Cyclo (1995). Produit par Olivier Delbosc pour Curiosa Films et France 2 Cinéma, La passion de Dodin Bouffant est librement inspiré d’un ouvrage de Marcel Rouff. Le film évoque le quotidien d’un grand chef (Benoît Magimel), accomplissant son art auprès de sa cuisinière, amie et amante Eugénie (Juliette Binoche). Leur jeunesse est derrière eux, mais les années ont fait d’eux de réels complices. Si le mariage ne les a unis que tardivement, c’est au nom d’un principe d’indépendance longtemps revendiqué par Eugénie, qui pourtant éprouve un attachement sincère envers Dodin. Le récit mêle séquences de préparation de plats élaborés, moments de conversations oscillant entre le marivaudage et expression franche de sentiments, et instants de convivialité partagés avec quatre amis dont un médecin de campagne (Emmanuel Salinger) et un notable apte à détendre l’atmosphère (Patrick d’Assumçao).
Loin de l’esthétique publicitaire d’À la verticale de l’été (Un Certain Regard 2000), le réalisateur réussit un subtil film d’atmosphère impressionniste, que l’on peut relier à tout un courant de cinéma ayant mis en avant les vertus d’un certain artisanat, à l’image d’Un dimanche à la campagne (Tavernier, 1984). Mais le cinéaste ne verse jamais dans l’académisme de certaines commandes du genre biopic, que même Doillon n’avait pas complètement évité avec Rodin. Tr?n Anh Hùng signe un film captivant et en osmose totale avec ses personnages, et l’un des meilleurs sur le thème de la gastronomie, avec une originalité dans la manière de filmer la conception des plats. Concernant les conditions de tournage, il a ainsi déclaré dans le dossier de presse : « C’est très complexe, déjà dans la préparation. Vous devez synchroniser les multiples déplacements des uns et des autres, du piano à l’îlot de lavage, de ce plan de travail à tel autre, imaginer ce que font Violette, Dodin et Pauline pendant qu’Eugénie installe, par exemple, les laitues braisées autour du carré de veau. On sait que durant ce déplacement, elle aura tel ou tel ustensile en mains, que Dodin aura besoin de tel autre... C’est un véritable ballet, une chorégraphie. Et un vrai casse-tête ».
À ce propos, le film égale Le festin de Babette (Axel, 1987), et dépasse des longs métrages ayant abordé ce thème, tels Les délices de Tokyo (Kawase, 2015) ou La saveur des ramen (Khoo, 2018). Les collaborateurs artistiques et techniques contribuent par ailleurs à l’harmonie de l’ensemble, avec le travail du directeur photo Jonathan Ricquebourg ou du monteur Mario Battistel. Il n’est pas superflu d’ajouter que le chef triplement étoilé Pierre Gagnaire, consultant sur le film, n’est pas pour rien dans la réussite d’une œuvre qui devrait ravir le spectateur à la fois cinéphile et gastronome. Quant aux interprètes, ils sont grandioses. Binoche trouve un autre bon rôle de maturité, quand Magimel confirme qu’il se bonifie avec les années, après ses prestations dans De son vivant et Pacifiction.
Gérard Crespo (avoiralire.com)