ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

L’ÉCHELLE DE JACOB - Plans Cultes - 2026-09-15

Plans Cultes - mardi 15 septembre à 20h00

L’ÉCHELLE DE JACOB de Adrian Lyne

TEENAGE SEX AND DEATH AT CAMP MIASMA - Séance unique - 2026-09-17

Séance unique - jeudi 17 septembre à 21h00

TEENAGE SEX AND DEATH AT CAMP MIASMA de Jane Schoenbrun

LA VIE D'UNE FEMME - Cap ciné - 2026-09-18

Cap ciné - vendredi 18 septembre à 20h15

LA VIE D'UNE FEMME de Charline Bourgeois-Tacquet

LA VIE D'UNE FEMME - Cap ciné - 2026-09-18

Cap ciné - vendredi 18 septembre à 14h00

LA VIE D'UNE FEMME de Charline Bourgeois-Tacquet

LE CHATEAU DANS LE CIEL - Ciné Manga - 2026-09-22

Ciné Manga - mardi 22 septembre à 20h00

LE CHATEAU DANS LE CIEL de Hayao Miyazaki

LES RÊVEURS - Soirée rencontre - 2026-10-05

Soirée rencontre - lundi 05 octobre à 20h00

LES RÊVEURS de Isabelle Carré

SCOTT PILGRIM - Plans Cultes - 2026-10-06

Plans Cultes - mardi 06 octobre à 20h00

SCOTT PILGRIM de Edgar Wright

CLOUD ATLAS - Séance spéciale - 2026-10-12

Séance spéciale - lundi 12 octobre à 09h30

CLOUD ATLAS de Tom Tykwer, Lilly Wachowski, Lana Wachowski

28 JOURS PLUS TARD - Plans Cultes - 2026-10-31

Plans Cultes - samedi 31 octobre à 20h00

28 JOURS PLUS TARD de Danny Boyle

28 SEMAINES PLUS TARD de Juan Carlos Fresnadillo

KILL BILL : THE WHOLE BLOODY AFFAIR - Plans Cultes - 2026-11-17

Plans Cultes - mardi 17 novembre à 19h00

KILL BILL : THE WHOLE BLOODY AFFAIR de Quentin Tarantino

SHAOLIN SOCCER - Plans Cultes - 2026-12-15

Plans Cultes - mardi 15 décembre à 19h30

SHAOLIN SOCCER de Stephen Chow

CRAZY KUNG-FU de Stephen Chow

DUNE : TROISIÈME PARTIE - Avant-première - 2026-12-15

Avant-première - mardi 15 décembre à 20h00

DUNE : TROISIÈME PARTIE de Denis Villeneuve

VOL AU-DESSUS D'UN NID DE COUCOU - Plans Cultes - 2027-01-12

Plans Cultes - mardi 12 janvier à 20h00

VOL AU-DESSUS D'UN NID DE COUCOU de Milos Forman

COUP DE FOUDRE A NOTTING HILL - Plans Cultes - 2027-02-13

Plans Cultes - samedi 13 février à 20h00

COUP DE FOUDRE A NOTTING HILL de Roger Michell

TRAINSPOTTING - Plans Cultes - 2027-03-09

Plans Cultes - mardi 09 mars à 20h00

TRAINSPOTTING de Danny Boyle

T2 TRAINSPOTTING de Danny Boyle

MATRIX - Plans Cultes - 2027-04-06

Plans Cultes - mardi 06 avril à 20h00

MATRIX de Lana & Lilly Wachowski

MATRIX RELOADED - Plans Cultes - 2027-04-13

Plans Cultes - mardi 13 avril à 20h00

MATRIX RELOADED de Lana & Lilly Wachowski

MATRIX REVOLUTIONS - Plans Cultes - 2027-04-20

Plans Cultes - mardi 20 avril à 20h00

MATRIX REVOLUTIONS de Lana & Lilly Wachowski

LA CITÉ DE DIEU - Plans Cultes - 2027-05-04

Plans Cultes - mardi 04 mai à 20h00

LA CITÉ DE DIEU de Fernando Meirelles & Kátia Lund

THELMA ET LOUISE - Plans Cultes - 2027-06-01

Plans Cultes - mardi 01 juin à 20h00

THELMA ET LOUISE de Ridley Scott

POLINA, DANSER SA VIE - Valérie Müller, Angelin Preljocaj

A PROPOS

Au bout du compte, Angelin Preljocaj et Valérie Müller n’auront pas gardé grand-chose de Polina. Le roman graphique de Bastien Vivès, succès de librairie de l’année 2011, que le producteur Didier Creste leur a un jour proposé d’adapter, aura été une base, pas un modèle. Ils en ont conservé le titre, en l’étoffant de ce commentaire programmatique, « danser sa vie ». Ils en ont repris la trame : les années de formation d’une jeune ballerine qui décide, alors qu’elle est sur le point de devenir danseuse étoile, de prendre la tangente pour rejoindre le monde libre de la danse contemporaine. Et quelques éléments ici et là, en particulier le caractère de ce personnage, buté et rebelle, qui les avait séduits.
 
Le reste leur appartient. Construit comme une succession de tableaux qui voient filer la jeune Polina vers son destin, le film invente un langage propre qui passe par les corps, par la danse, par les regards. Renouant avec la grande tradition de la comédie musicale hollywoodienne classique, avec des scènes dansées qui prennent littéralement en charge le récit, il brouille volontairement les frontières entre la danse et la vie. La trame narrative, simple, linéaire, est celle d’un conte de fées moderne – et féministe en un sens, puisque, en s’émancipant du milieu corseté de la danse classique, la jeune femme décide de devenir chorégraphe.
 
En même temps, elle s’inscrit dans un contexte très réaliste. Depuis sa Russie natale, où sa famille se saigne pour financer ses cours de danse, jusqu’aux rues mouillées d’Anvers où Polina trouve sa voie après une escale au doux soleil d’Aix-en-Provence, son parcours évoque celui de nombreux danseurs d’aujourd’hui. « Ils sont nombreux à venir de milieux très pauvres, note Valérie Müller. Et cela se comprend. Comme Angelin le dit souvent, quand on n’a rien, on a toujours un corps avec lequel on peut travailler, exprimer sa vocation artistique. Quant à cette traversée de l’Europe, elle reflète le parcours professionnel de la plupart de ces jeunes gens. »
 
Unis à la ville, le chorégraphe et la réalisatrice (on lui doit un long-métrage de fiction, Le Monde de Fred, sorti en 2014, et des documentaires pour la télévision, notamment un sur Angelin Preljocaj) ont embrassé ce projet avec le désir de réaliser ensemble un « film qui danse ». Hybrider la danse et le cinéma, confronter leurs sensibilités, fusionner leurs expériences, chercher une alchimie. Au risque de l’impureté, mais avec cette conviction qui est à la fois propre à la danse et au cinéma, que le mouvement exprime la vie dans son essence, dans sa vérité.
 
Dans Polina, on danse partout, tout le temps. On danse pendant les cours, on danse sur scène, en boîte de nuit. On danse à la maison, dans la chaleur du foyer, au son de vieux chants russes traditionnels. On danse dans la forêt enneigée, la nuit, après une journée d’entraînement où on s’est senti pousser des ailes, entre les barres d’immeubles anthracite dont les fenêtres s’habillent d’un coup de touches de couleur vive. « Il y a cette idée que tout nourrit le parcours du personnage, y compris l’architecture dans laquelle elle grandit, y compris la nature, soutient Valérie Müller. C’est pour cela, pour pouvoir inscrire les mouvements de la danse dans les décors, que nous avons choisi de travailler en scope. Pour les scènes de répétition, on filmait différemment : plus serré, à l’épaule. Pour le duo final encore autrement, avec une grue. »
 
Les dialogues viennent affiner, étoffer les situations, comme le font les accessoires, ou l’ambiance musicale. Mais la construction du personnage, sa personnalité, son désir, ses conflits, son évolution, passent par la danse – les mouvements des acteurs, chorégraphiés par Preljocaj, exaltés par un magnifique travail de cadre, de couleur, de lumière, et par un montage expressif.
 
« Je pense profondément que le corps porte l’être », soutient Angelin Preljocaj, justifiant ainsi le fait d’avoir choisi des acteurs sachant danser. Juliette Binoche notamment, qui danse quotidiennement dans le cadre de sa discipline d’actrice – elle a notamment participé à un ballet pour Akram Khan –, pour le rôle de la chorégraphe qui, à Aix-en-Provence, initie Polina à la danse contemporaine. Ou Niels Schneider, qui n’avait jamais dansé, mais que le chorégraphe a formé en l’intégrant, en 2015, à un spectacle qui réunissait des amateurs et des professionnels.
 
Traquer la vérité des acteurs dans leurs mouvements, pour en nourrir les personnages. C’est avec cette croyance, la conviction qu’ils pourraient ainsi toucher à la grâce, qu’ont travaillé Preljocaj et Müller. Aux antipodes de Black Swan, de Darren Aronofsky, par exemple, où Natalie Portman fut souvent doublée, ils rêvaient aux pas aériens de Fred Astaire et Ginger Rogers. Pour jouer Polina, il leur fallait donc une danseuse capable de dompter la caméra et de jouer la comédie. Ce qui ne court pas les rues ni les castings.
 
Ils l’ont cherchée longtemps, d’abord en France, sans succès, puis en Russie, où ils ont auditionné pas moins de six cents danseuses. Mais leur persévérance a porté ses fruits au-delà de leurs espérances. Elève de la prestigieuse académie de ballet Vaganova de Saint-Pétersbourg – elle a depuis intégré la troupe du Mariinski –, Anastasia Shevtsova les a sidérés. Entre la préparation et le tournage, cette jeune femme dont l’aura magnétise littéralement le film a comme fusionné avec son personnage. Apprenant le français aussi vite que Polina, elle pense aujourd’hui, comme elle, faire de la danse contemporaine et devenir chorégraphe. Et pourquoi pas, aussi, à continuer le cinéma.
 
Isabelle Regnier (Le Monde).

Ciné Danse
mardi 25 février 2020 à 20h15

présenté par Claire Rousier, directrice adjointe du CNDC

Séance organisée en collaboration avec le CNDC


POLINA, DANSER SA VIE

de Valérie Müller, Angelin Preljocaj

avec Anastasia Shevtsova, Juliette Binoche, Aleksei Guskov
FRANCE - 2015 - 1h52

Russie, dans les années 90. Portée depuis l'enfance par la rigueur et l'exigence du professeur Bojinski, Polina est une danseuse classique prometteuse. Alors qu'elle s'apprête à intégrer le prestigieux ballet du Bolchoï, elle assiste à un spectacle de danse contemporaine qui la bouleverse profondément. C'est un choc artistique qui fait vaciller tout ce en quoi elle croyait. Elle décide de tout quitter et rejoint Aix-en-Provence pour travailler avec la talentueuse chorégraphe Liria Elsaj et tenter de trouver sa propre voie.
http://www.ugcdistribution.fr/film/polina-danser-sa-vie/

A PROPOS

Au bout du compte, Angelin Preljocaj et Valérie Müller n’auront pas gardé grand-chose de Polina. Le roman graphique de Bastien Vivès, succès de librairie de l’année 2011, que le producteur Didier Creste leur a un jour proposé d’adapter, aura été une base, pas un modèle. Ils en ont conservé le titre, en l’étoffant de ce commentaire programmatique, « danser sa vie ». Ils en ont repris la trame : les années de formation d’une jeune ballerine qui décide, alors qu’elle est sur le point de devenir danseuse étoile, de prendre la tangente pour rejoindre le monde libre de la danse contemporaine. Et quelques éléments ici et là, en particulier le caractère de ce personnage, buté et rebelle, qui les avait séduits.
 
Le reste leur appartient. Construit comme une succession de tableaux qui voient filer la jeune Polina vers son destin, le film invente un langage propre qui passe par les corps, par la danse, par les regards. Renouant avec la grande tradition de la comédie musicale hollywoodienne classique, avec des scènes dansées qui prennent littéralement en charge le récit, il brouille volontairement les frontières entre la danse et la vie. La trame narrative, simple, linéaire, est celle d’un conte de fées moderne – et féministe en un sens, puisque, en s’émancipant du milieu corseté de la danse classique, la jeune femme décide de devenir chorégraphe.
 
En même temps, elle s’inscrit dans un contexte très réaliste. Depuis sa Russie natale, où sa famille se saigne pour financer ses cours de danse, jusqu’aux rues mouillées d’Anvers où Polina trouve sa voie après une escale au doux soleil d’Aix-en-Provence, son parcours évoque celui de nombreux danseurs d’aujourd’hui. « Ils sont nombreux à venir de milieux très pauvres, note Valérie Müller. Et cela se comprend. Comme Angelin le dit souvent, quand on n’a rien, on a toujours un corps avec lequel on peut travailler, exprimer sa vocation artistique. Quant à cette traversée de l’Europe, elle reflète le parcours professionnel de la plupart de ces jeunes gens. »
 
Unis à la ville, le chorégraphe et la réalisatrice (on lui doit un long-métrage de fiction, Le Monde de Fred, sorti en 2014, et des documentaires pour la télévision, notamment un sur Angelin Preljocaj) ont embrassé ce projet avec le désir de réaliser ensemble un « film qui danse ». Hybrider la danse et le cinéma, confronter leurs sensibilités, fusionner leurs expériences, chercher une alchimie. Au risque de l’impureté, mais avec cette conviction qui est à la fois propre à la danse et au cinéma, que le mouvement exprime la vie dans son essence, dans sa vérité.
 
Dans Polina, on danse partout, tout le temps. On danse pendant les cours, on danse sur scène, en boîte de nuit. On danse à la maison, dans la chaleur du foyer, au son de vieux chants russes traditionnels. On danse dans la forêt enneigée, la nuit, après une journée d’entraînement où on s’est senti pousser des ailes, entre les barres d’immeubles anthracite dont les fenêtres s’habillent d’un coup de touches de couleur vive. « Il y a cette idée que tout nourrit le parcours du personnage, y compris l’architecture dans laquelle elle grandit, y compris la nature, soutient Valérie Müller. C’est pour cela, pour pouvoir inscrire les mouvements de la danse dans les décors, que nous avons choisi de travailler en scope. Pour les scènes de répétition, on filmait différemment : plus serré, à l’épaule. Pour le duo final encore autrement, avec une grue. »
 
Les dialogues viennent affiner, étoffer les situations, comme le font les accessoires, ou l’ambiance musicale. Mais la construction du personnage, sa personnalité, son désir, ses conflits, son évolution, passent par la danse – les mouvements des acteurs, chorégraphiés par Preljocaj, exaltés par un magnifique travail de cadre, de couleur, de lumière, et par un montage expressif.
 
« Je pense profondément que le corps porte l’être », soutient Angelin Preljocaj, justifiant ainsi le fait d’avoir choisi des acteurs sachant danser. Juliette Binoche notamment, qui danse quotidiennement dans le cadre de sa discipline d’actrice – elle a notamment participé à un ballet pour Akram Khan –, pour le rôle de la chorégraphe qui, à Aix-en-Provence, initie Polina à la danse contemporaine. Ou Niels Schneider, qui n’avait jamais dansé, mais que le chorégraphe a formé en l’intégrant, en 2015, à un spectacle qui réunissait des amateurs et des professionnels.
 
Traquer la vérité des acteurs dans leurs mouvements, pour en nourrir les personnages. C’est avec cette croyance, la conviction qu’ils pourraient ainsi toucher à la grâce, qu’ont travaillé Preljocaj et Müller. Aux antipodes de Black Swan, de Darren Aronofsky, par exemple, où Natalie Portman fut souvent doublée, ils rêvaient aux pas aériens de Fred Astaire et Ginger Rogers. Pour jouer Polina, il leur fallait donc une danseuse capable de dompter la caméra et de jouer la comédie. Ce qui ne court pas les rues ni les castings.
 
Ils l’ont cherchée longtemps, d’abord en France, sans succès, puis en Russie, où ils ont auditionné pas moins de six cents danseuses. Mais leur persévérance a porté ses fruits au-delà de leurs espérances. Elève de la prestigieuse académie de ballet Vaganova de Saint-Pétersbourg – elle a depuis intégré la troupe du Mariinski –, Anastasia Shevtsova les a sidérés. Entre la préparation et le tournage, cette jeune femme dont l’aura magnétise littéralement le film a comme fusionné avec son personnage. Apprenant le français aussi vite que Polina, elle pense aujourd’hui, comme elle, faire de la danse contemporaine et devenir chorégraphe. Et pourquoi pas, aussi, à continuer le cinéma.
 
Isabelle Regnier (Le Monde).