L'INCOMPRIS - Luigi Comencini

A PROPOS

Considéré comme un mélodrame larmoyant à sa sortie (il fut présenté et hué au festival de Cannes 1967), ce film est un modèle de délicatesse, doublé du portrait réussi d’un enfant d’une dizaine d’années.
Le film, avec des recours permanents aux plongées et contre-plongées dans la grande maison familiale, suit au plus près Andrea, le jeune garçon à qui son père, d’une maladresse qui le rend distant, a confié un rôle normalement dévolu à un adulte. Lui seul est informé du décès de sa mère. De plus, on lui demande de veiller sur son petit frère à qui on continue de dire que cette mère est retenue à Londres.
Cette trop lourde mission s’avérera un vrai calvaire pour le garçon, pris entre ce petit frère facétieux et fatigant, une nurse professionnelle, mais insensible, et ce père muré dans son chagrin, qui l’accable de reproches en toute occasion.
Luigi Comencini avait conscience que son film risquait de paraître trop mélodramatique et que sa mise en scène semblerait soit trop innovante, soit dépassée et vieillotte. En fait, ce n’est ni l’un ni l’autre : le cinéaste a tout simplement réussi un portrait de l’enfance universel et intemporel.
La force du récit réside dans les conséquences de la promesse qu’Andrea fait à son père : cachant la vérité à son petit frère, il s’interdit aussi à lui-même d’exprimer son chagrin. Dès lors, tous ses actes, ses bêtises enfantines ou sa volonté de bien faire, seront toujours mal interprétées par ce père autant vénéré que craint, qui reste distant, traitant durement l’aîné et surprotégeant le cadet, capricieux, jouant au bébé, agissant en douce, mais pourtant souvent à l’origine des contrariétés paternelles.
La scène finale, qui ne sera pas dévoilée ici, ne peut que tirer les larmes du spectateur. Elle est aussi délicate que bouleversante.
Les acteurs, principalement les enfants, sont exceptionnels. Avec son doux visage aux yeux clairs dans ce rôle marquant, le jeune Stefano Colagrande est inoubliable. Ce sera pourtant son seul et unique film.
Fabrice Prieur (avoiralire.com)

Soirée Rencontre
jeudi 4 avril 2024 à 20h00

En présence de Philippe Duverger, pédopsychiatre au CHU d'Angers et Louis Mathieu, président de l'association Premiers Plans d'Angers

Soirée organisée en collaboration avec l'association Paroles croisées autour de la mort


L'INCOMPRIS

de Luigi Comencini

avec Stefano Colagrande, Simone Giannozzi, Anthony Quayle
ITALIE - 1967 - 1h45 - VOST

Une grande demeure entourée de verdure, à Florence. C'est là que vivent Andréa et son petit frère, Milo. Leur mère vient de mourir. Leur père, consul de Grande- Bretagne, est souvent absent ; lorsqu'il est là, il manifeste toute sa tendresse au plus petit, mais délaisse l'aîné qu'il juge insensible, irresponsable et arrogant. Andréa souffre en silence de l'indifférence de son père. Seule une vraie tragédie pourra les faire se comprendre et se rapprocher.
https://carlottafilms.com/films/incompris-l/

A PROPOS

Considéré comme un mélodrame larmoyant à sa sortie (il fut présenté et hué au festival de Cannes 1967), ce film est un modèle de délicatesse, doublé du portrait réussi d’un enfant d’une dizaine d’années.
Le film, avec des recours permanents aux plongées et contre-plongées dans la grande maison familiale, suit au plus près Andrea, le jeune garçon à qui son père, d’une maladresse qui le rend distant, a confié un rôle normalement dévolu à un adulte. Lui seul est informé du décès de sa mère. De plus, on lui demande de veiller sur son petit frère à qui on continue de dire que cette mère est retenue à Londres.
Cette trop lourde mission s’avérera un vrai calvaire pour le garçon, pris entre ce petit frère facétieux et fatigant, une nurse professionnelle, mais insensible, et ce père muré dans son chagrin, qui l’accable de reproches en toute occasion.
Luigi Comencini avait conscience que son film risquait de paraître trop mélodramatique et que sa mise en scène semblerait soit trop innovante, soit dépassée et vieillotte. En fait, ce n’est ni l’un ni l’autre : le cinéaste a tout simplement réussi un portrait de l’enfance universel et intemporel.
La force du récit réside dans les conséquences de la promesse qu’Andrea fait à son père : cachant la vérité à son petit frère, il s’interdit aussi à lui-même d’exprimer son chagrin. Dès lors, tous ses actes, ses bêtises enfantines ou sa volonté de bien faire, seront toujours mal interprétées par ce père autant vénéré que craint, qui reste distant, traitant durement l’aîné et surprotégeant le cadet, capricieux, jouant au bébé, agissant en douce, mais pourtant souvent à l’origine des contrariétés paternelles.
La scène finale, qui ne sera pas dévoilée ici, ne peut que tirer les larmes du spectateur. Elle est aussi délicate que bouleversante.
Les acteurs, principalement les enfants, sont exceptionnels. Avec son doux visage aux yeux clairs dans ce rôle marquant, le jeune Stefano Colagrande est inoubliable. Ce sera pourtant son seul et unique film.
Fabrice Prieur (avoiralire.com)