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TOUT CE QU'IL ME RESTE DE LA RÉVOLUTION - Judith Davis
A PROPOS
On a eu un véritable coup de cœur pour TOUT CE QU’IL ME RESTE DE LA RÉVOLUTION, premier film de la comédienne Judith Davis, adapté de la pièce de théâtre créée par son collectif “L’avantage du doute”. De nombreux sujets y sont abordés avec subtilité, tels des poupées russes. Il y a d’abord la vision du bien vivre ensemble, que la réalisatrice envisage par le prisme de l’urbanisme. On avait déjà croisé cette approche originale dans certains films de Michel Leclerc, ou plus récemment dans Je vais mieux de Jean-Pierre Améris.
Le film démontre avec beaucoup d’humour à quel point il est difficile pour les citoyens engagés de parvenir à concilier leurs idéaux et convictions politiques avec la société de consommation et de performance. Certains s’obstinent, d’aucuns lâchent prise, quand d’autres se noient dans le système actuel et le payent cher. Une scène au cours d’un repas est d’ailleurs très marquante et donne au film un véritable tournant dramatique, abordant frontalement les effets psychologiques de la souffrance au travail, même sur les personnes les plus équilibrées. Grâce à la fiction et à la capacité d’identification empathique envers tous les personnages, TOUT CE QU’IL ME RESTE DE LA RÉVOLUTION offre précisément une réflexion brillante sur le sens donné au travail, et aux satisfactions autres que pécuniaires qu’il peut aussi procurer.
Car le film aborde aussi l’intimité du personnage principal Angèle (Judith Davis), coincée entre ses idéaux personnels, ceux qu’elle a lourdement hérité de ses parents et sa propre compréhension de la dureté du monde. Il y a beaucoup d’énergie et de colère en elle, qu’elle ne parvient à canaliser qu’en contestant et en tentant de proposer d’autres solutions. Ainsi la création d’un groupe d’expression collective foutraque et joyeux, évitant les chefs et les fonctionnements d’un parti politique, qui accueille tous ceux qui essaient de changer le monde. Et puis il y a surtout ce manque de mère, qui a obligé la jeune femme à se forger une carapace face à ses propres sentiments. Sa rencontre avec le lumineux Said (Malik Zidi) lui permettra de retrouver le chemin de l’amour, de vivre et choisir ses propres engagements sans qu’ils soient imposés par sa famille. Beau film au ton décalé sur la transmission et l’hérédité, ainsi que sur la jolie complicité d’un père avec ses filles, TOUT CE QU’IL ME RESTE DE LA RÉVOLUTION est une réussite. Le film, grâce à des dialogues percutants, fait prendre au spectateur un ascenseur émotionnel où se mêlent brillamment humour, amour et combat politique !

Sylvie-Noëlle (leblogducinema.com)
Avant-première / Festival Télérama
dimanche 20 janvier 2019 à 11h00


TOUT CE QU'IL ME RESTE DE LA RÉVOLUTION
de Judith Davis
avec Judith Davis, Malik Zidi, Claire Dumas, Pat Belland
FRANCE - 2018 - 1h28
Angèle avait 8 ans quand s’ouvrait le premier McDonald’s de Berlin-Est… Depuis, elle se bat contre la malédiction de sa génération : être né « trop tard », à l’heure de la déprime politique mondiale. Elle vient d’une famille de militants, mais sa mère a abandonné du jour au lendemain son combat politique, pour déménager, seule, à la campagne et sa sœur a choisi le monde de l’entreprise.
Seul son père, ancien maoïste chez qui elle retourne vivre, est resté fidèle à ses idéaux. En colère, déterminée, Angèle s’applique autant à essayer de changer le monde qu’à fuir les rencontres amoureuses.
Que lui reste-t-il de la révolution, de ses transmissions, de ses rendez-vous ratés et de ses espoirs à construire? Tantôt Don Quichotte, tantôt Bridget Jones, Angèle tente de trouver un équilibre…