EVENEMENTS ET SEANCES SPECIALES

DEMONS IN PARADISE - Jude Ratnam
A PROPOS
Sri Lanka, juillet 1983. Trois mille civils de la minorité tamoule sont tués en quelques jours par des extrémistes à la solde du gouvernement pro-cinghalais. C’est le début d’une guerre civile qui ne s’achèvera que vingt-six ans et près de cent mille morts plus tard. Le réalisateur de cet impressionnant documentaire avait 5 ans quand il échappa de justesse aux pogroms du « juillet noir ». L’évocation douloureuse de sa fuite à bord d’un train, sa terreur, sa honte à devoir se cacher comptent parmi les scènes les plus intenses de Demons in paradise. Mais son premier film ­dépasse le témoignage individuel pour embrasser les autres mémoires du conflit : les militants tamouls qui se sont engagés dans la lutte armée contre le pouvoir central, avant de s’autodétruire dans une rivalité fratricide, mais, aussi, les membres modérés de « l’autre camp ».

Un journaliste qui avait photographié une victime battue et humiliée par des Cinghalais revient sur les lieux de son cliché : l’arrêt de bus et le commissariat devant lesquels le drame s’est passé ont disparu, mais la puissance du souvenir demeure. A plusieurs reprises, le cinéaste reproduira ce décalage entre les images et les mots dans des scènes splendides, où l’évocation des atrocités accompagne de longs mouvements de caméra sur des bâtiments en partie détruits par des bombardements ou sur des voies ferrées recouvertes par la végétation. Comme dans Shoah, de Claude Lanzmann, ou dans les grands documentaires de Rithy Panh sur le génocide cambodgien (S21, la machine de mort khmer rouge), dont Jude Ratman se révèle le digne héritier.

Samuel Douhaire (Télérama)

Ciné doc
jeudi 13 septembre 2018 à 20h00
en présence de Vincent Février, principal de collège


DEMONS IN PARADISE
de Jude Ratnam
Documentaire
SRI LANKA - FRANCE - 2017 - 1h34 - VOST
Sri Lanka, 1983, Jude Ratnam a cinq ans. Il fuit à bord d’un train rouge les massacres perpétrés contre les Tamouls par une partie de la population cinghalaise, avec la complicité des autorités. 
Aujourd’hui, réalisateur, Jude parcourt à nouveau son pays du sud au nord. Face à lui défilent les traces de la violence de 26 ans d’une guerre qui a fait basculer le combat pour la liberté de la minorité tamoule dans un terrorisme autodestructeur. En convoquant les souvenirs enfouis de ses compatriotes ayant appartenu pour la plupart à des groupes militants, dont les Tigres Tamouls, il propose de surmonter la colère et ouvre la voie à une possible réconciliation.