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UN BEAU SOLEIL INTÉRIEUR - Claire Denis
A PROPOS
Sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs 2017
Un beau soleil intérieur de Claire Denis a été présenté en Ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs 2017. La cinéaste est venue de nombreuses fois à Cannes, dès son premier long métrage, Chocolat, en 1988. Son dernier film en date, Les Salauds, avec Vincent Lindon et Chiara Mastroianni, dans la section Un Certain Regard en 2013.

Changement de ton pour Claire Denis

Un beau soleil intérieur est la première comédie réalisée par Claire Denis. Présenté en Ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs, le sélectionneur Edouard Waintrop a indiqué "Ça fera du bien en ce moment de sourire et de rire devant un écran de cinéma et on le fera donc dès l’ouverture [de la Quinzaine]".

Idée de départ

Claire Denis a puisé son inspiration de départ dans Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes. En effet, c'est le mot "Agony", présent dans Fragments, qui a donné envie à la réalisatrice de mettre en scène Un beau soleil intérieur. Elle a ensuite développé le scénario avec la romancière Christine Angot : "Agony évoque pour moi une façon très chic et un peu snob de dire que l’on a dépassé les misères de l’amour : l’attente insoluble, l’idéal déçu. On peut commencer à s’approprier ce mot à partir du moment où l’on est devenu plus pragmatique dans ses rapports amoureux et où on peut se permettre une ironie sur son passé, son parcours. Et ce mot d’Agony nous a tout de suite mises, Christine et moi, dans une sorte d’enchantement, de fantaisie. C’est en quelque sorte le thème de nos propres « agonies amoureuses » qui a déclenché l’écriture."

Juliette Binoche premier choix

La comédien Juliette Binoche s'est très vite imposée dans l'esprit de Claire Denis et Christine Angot au cours du processus d'écriture d'Un beau soleil intérieur : "Il fallait un corps féminin crémeux, voluptueux, désirable. Une femme belle de visage et de chair, chez laquelle il n’y a pas de défaite annoncée, pour laquelle, dans les combats amoureux, la victoire est possible, sans laisser penser pour autant que c’est gagné d’avance. J’avais une vision précise du personnage d’Isabelle. Je voyais une femme brune, très femme, avec des cuissardes, parce que c’est son désir. On voit les cuisses entre la mini-jupe et le haut de ses bottes. Pour ses cheveux : au carré, coupés comme ceux des femmes un peu guerrières de Mystic, ces pochoirs monochromes que l’on voyait dans les rues dans les années 80. J’avais aussi en mémoire les figures de Crepax : des femmes brunes avec des cheveux courts et une forte aura sexuelle. Une femme sans tabou, ni pute ni nympho.", explique la cinéaste.

Des acteurs cinéastes ?

Claire Denis a fait appel à deux cinéastes-acteurs, Bruno Podalydès et Xavier Beauvois, pour camper des personnages masculins que l'héroïne, Isabelle (Juliette Binoche), va croiser sur sa route. La réalisatrice explique ce choix : "Cela croise ma propre histoire et une certaine façon d’envisager les hommes : dès mon adolescence, les modèles masculins les plus forts, les plus séduisants pour moi, étaient souvent des cinéastes", confie Claire Denis.

Depardieu en guest

Claire Denis a pu s'offrir les services de Gérard Depardieu pour incarner un personnage de voyant qui apparaît à la fin du film. La cinéaste évoque son travail avec le mythique comédien : "Nous avons tourné la scène du face à face avec Juliette Binoche en un jour et cela a donné lieu à la journée de tournage la plus intense que j’aie jamais connu : 16 minutes de film en un seul jour, cela ne m’était jamais arrivé. Nous avons fait deux prises avec Juliette et trois avec Gérard, c’est tout. Il y avait là quelque chose d’un exploit que je n’avais vraiment pas réalisé sur le coup mais que Gérard m’a fait remarquer ensuite. Cette scène est devenu ce bloc que je ne peux absolument pas couper. Ce n’était pas mon but de relever un défi, mais j’ai bien fait d’aller dans cette direction parce que je suis convaincue que si on avait passé huit jours sur cette scène, on aurait perdu quelque chose et on aurait même beaucoup perdu : la splendeur de Gérard aurait été hachée menu. L’effet que produit Gérard sur un plateau n’est pratiquement pas explicable et je pense qu’il a cela en lui depuis toujours", analyse la réalisatrice.

Depardieu souffle le titre du film

C'est Gérard Depardieu qui a involontairement donné au film son titre lors de sa journée de tournage sur le plateau d'Un beau soleil intérieur : "Pendant longtemps, avec Christine Angot, nous n’en avions pas. Juste un titre de travail entre elle et moi : Des lunettes noires. Il me plaisait mais je trouvais qu’il ne convenait pas idéalement au film. C’est en tournant cette fameuse scène avec Depardieu que ça s’est imposé, lorsqu’il plante ses doux yeux brillants dans ceux de Juliette et lui dit : « Open... Restez open... Repérez le grand chemin de votre vie et vous retrouverez un beau soleil intérieur ». Je trouve qu’il prononce cette phrase du dialogue d’une façon surnaturelle. Il est le seul acteur à pouvoir dire un truc aussi énorme de cette manière-là et il fallait que Gérard Depardieu dise ainsi cette réplique pour que je l’entende vraiment comme le titre. Nous sommes donc passés des lunettes noires et de leur ombre protectrice, au beau soleil intérieur, la lumière ardente de l’âme", révèle la cinéaste.

Ciné Cosy
jeudi 5 octobre à 13h15
Séance adaptée aux parents avec leur bébé, avec son adouci, mise à disposition d'une table à langer, d'un chauffe biberon...
À partir de 5 ans

UN BEAU SOLEIL INTÉRIEUR
de Claire Denis
Avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Philippe Katerine
FRANCE - 2017 - 1h34
Isabelle, divorcée, un enfant, cherche un amour. Enfin un vrai amour.