COEURS PURS - Roberto De Paolis

A PROPOS

"Heureux sont ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu", explique don Luca (Stefano Fresi) en citant le Sermon sur la montagne de Jésus. Ce prêtre pugnace de la banlieue romaine se dirige vers un groupe de jeunes qui se préparent à "promettre" de rester vierges jusqu’au mariage. Alice (Selene Caramazza), une jeune fille sur le point de fêter ses 18 ans, fait partie de ce groupe et incarne le personnage principal de Cuori puri [+], sélectionné pour la Quinzaine des Réalisateurs du 70e Festival de Cannes. Sa mère, Marta (Barbora Bobulova), une femme célibataire dont le passé a certainement été marqué par les tromperies et les abandons, est aussi fidèle à la paroisse qu’intransigeante avec sa fille. Elle va jusqu’à lui confisquer son téléphone portable après y avoir trouvé un échange de messages "scandaleux" avec un camarade d’école. Alice s’en procure un nouveau en secret, et rencontre ainsi Stefano, joué par Simone Liberati (qui ressemble physiquement à un James Franco marginal).
Stefano est un coatto comme on les appelle à Rome : il vit dans une des banlieues où règne la violence et dont les habitants ont un dialecte bien à eux. Le jeune réalisateur Roberto De Paolis (fils de Valerio, qui distribue le film en Italie avec la société Cinema) nous dévoile un parallèle entre deux mondes limitrophes que tout oppose. Dans l’un, les cœurs purs vont à l’école, occupent des emplois honorables, font du bénévolat et conservent "certaines limites", comme le prêche don Luca. Dans l’autre se trouvent les cœurs sauvages, l’environnement de Stefano : chômeurs aux motos de grosses cylindrées, trafics et vols occasionnels. Stefano est né et a grandi dans ces eaux troublées. Néanmoins, il possède un cœur pur : il cherche un emploi honorable et finit par trouver un poste de gardien de parking dans un supermarché. Toutefois, ce poste lui vaut des menaces des gitans du camp adjacent, c’est-à-dire, des mêmes nomades que ceux à qui Marta et Alice apportent des cadeaux et de vieux habits. Lorsque Stefano vient en aide à ses parents sur le point d'être expulsés, il rencontre Alice, dont les hormones prennent le dessus sur le vœu de virginité. Ainsi, deux environnements sociaux se mêlent et se découvrent : l’un violent, l’autre, agréable et auto protecteur. Comme nous l’ont enseigné les philosophes Kaj Nielsen et Eugenio Lecaldano, il peut y avoir une morale sans religion et, sans Dieu, nous pouvons faire la différence entre le bien et le mal, la justice et l’injustice, la vertu et le vice.
Ce film rappelle le très primé L’Affranchie de Marco Danieli, œuvre phare du cinéma italien en 2016. Néanmoins, tandis que L’Affranchie dénonçait les témoins de Jehova, Cuori puri raconte une évolution personnelle réaliste à travers une histoire d’amour passionnelle. Mais comme Marco Danieli, Roberto De Paolis (âgé de 37 ans) se lance dans le long métrage après la réalisation de divers films d’art, et de deux courts métrages présentés à la Mostra de Venise. Son approche de la jeunesse et du cœur pur et dur des banlieues rappelle la poésie brute de Pasolini, d’Ali a les yeux bleus et Fiore de Claudio Giovannesi. Selene Caramazza et de Simone Liberati, tous deux débutants dans le long métrage, donnent vie à leurs personnages avec une grande dignité.

Avant première
samedi 11 novembre 2017 à 17h45


COEURS PURS

de Roberto De Paolis

avec Barbora Bobulova, Edoardo Pesce, Stefano Fresi
ITALIE - 2017 - 1h54 - VOST - CANNES 2017

Agnese, 17 ans, vit seule avec une mère pieuse, qui lui demande de faire voeu de chasteté jusqu’au mariage. Stefano, 25 ans, issu d’un milieu marginalisé par la crise, est vigile dans un parking situé face à un campement de Roms. Quand ces deux-là se rencontrent, c’est une parenthèse qui s’ouvre, dans laquelle ils oublient les tensions de leur vie quotidienne. Mais les idéaux d’Agnese et la violence du monde de Stefano permettront-ils à cette passion naissante d’exister ?

A PROPOS

"Heureux sont ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu", explique don Luca (Stefano Fresi) en citant le Sermon sur la montagne de Jésus. Ce prêtre pugnace de la banlieue romaine se dirige vers un groupe de jeunes qui se préparent à "promettre" de rester vierges jusqu’au mariage. Alice (Selene Caramazza), une jeune fille sur le point de fêter ses 18 ans, fait partie de ce groupe et incarne le personnage principal de Cuori puri [+], sélectionné pour la Quinzaine des Réalisateurs du 70e Festival de Cannes. Sa mère, Marta (Barbora Bobulova), une femme célibataire dont le passé a certainement été marqué par les tromperies et les abandons, est aussi fidèle à la paroisse qu’intransigeante avec sa fille. Elle va jusqu’à lui confisquer son téléphone portable après y avoir trouvé un échange de messages "scandaleux" avec un camarade d’école. Alice s’en procure un nouveau en secret, et rencontre ainsi Stefano, joué par Simone Liberati (qui ressemble physiquement à un James Franco marginal).
Stefano est un coatto comme on les appelle à Rome : il vit dans une des banlieues où règne la violence et dont les habitants ont un dialecte bien à eux. Le jeune réalisateur Roberto De Paolis (fils de Valerio, qui distribue le film en Italie avec la société Cinema) nous dévoile un parallèle entre deux mondes limitrophes que tout oppose. Dans l’un, les cœurs purs vont à l’école, occupent des emplois honorables, font du bénévolat et conservent "certaines limites", comme le prêche don Luca. Dans l’autre se trouvent les cœurs sauvages, l’environnement de Stefano : chômeurs aux motos de grosses cylindrées, trafics et vols occasionnels. Stefano est né et a grandi dans ces eaux troublées. Néanmoins, il possède un cœur pur : il cherche un emploi honorable et finit par trouver un poste de gardien de parking dans un supermarché. Toutefois, ce poste lui vaut des menaces des gitans du camp adjacent, c’est-à-dire, des mêmes nomades que ceux à qui Marta et Alice apportent des cadeaux et de vieux habits. Lorsque Stefano vient en aide à ses parents sur le point d'être expulsés, il rencontre Alice, dont les hormones prennent le dessus sur le vœu de virginité. Ainsi, deux environnements sociaux se mêlent et se découvrent : l’un violent, l’autre, agréable et auto protecteur. Comme nous l’ont enseigné les philosophes Kaj Nielsen et Eugenio Lecaldano, il peut y avoir une morale sans religion et, sans Dieu, nous pouvons faire la différence entre le bien et le mal, la justice et l’injustice, la vertu et le vice.
Ce film rappelle le très primé L’Affranchie de Marco Danieli, œuvre phare du cinéma italien en 2016. Néanmoins, tandis que L’Affranchie dénonçait les témoins de Jehova, Cuori puri raconte une évolution personnelle réaliste à travers une histoire d’amour passionnelle. Mais comme Marco Danieli, Roberto De Paolis (âgé de 37 ans) se lance dans le long métrage après la réalisation de divers films d’art, et de deux courts métrages présentés à la Mostra de Venise. Son approche de la jeunesse et du cœur pur et dur des banlieues rappelle la poésie brute de Pasolini, d’Ali a les yeux bleus et Fiore de Claudio Giovannesi. Selene Caramazza et de Simone Liberati, tous deux débutants dans le long métrage, donnent vie à leurs personnages avec une grande dignité.